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mercredi 6 janvier 2010

Interview vidéo de

Jean-Marie Le Guen

Député socialiste de Paris

Jean-Marie Le Guen : "Il faut restaurer la confiance des Français"

Le député PS de Paris déplore la mauvaise gestion de la grippe A par le gouvernement.

La décision de Roselyne Bachelot d'annuler l'achat de 50 millions de vaccins sur les 94 millions commandés en juillet dernier n'a pas éteint la polémique. Le 6 janvier, quatre députés du Nouveau Centre ont déposé une proposition de résolution demandant une commission d'enquête parlementaire. Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris, a lui aussi réitéré sa demande d'une mission d'information sur ce dossier. Cette mission ne doit pas seulement viser, selon lui, à "contrôler l'action de l'exécutif mais surtout à réfléchir aux pistes qui doivent être explorées pour restaurer la confiance des Français". Si une crise sanitaire plus grave intervient un jour, il craint que la gestion de la grippe H1N1, axée sur "une dramatisation infantilisante et l'hyperprotection", ait semé le doute vis-à-vis des pouvoirs publics et empêche une bonne organisation. Dans cette affaire, Le Guen, médecin lui-même et président du conseil d'administration de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, se refuse à mettre directement en cause Roselyne Bachelot. Il souligne en effet que c'est le ministère de l'Intérieur qui a assuré la gestion des vaccinations. Et il rappelle que la France n'est pas seulement le pays européen qui a acheté le plus de vaccins mais "celui où il y a eu le plus faible taux de personnes vaccinées" (5 millions). "Nous n'aurions jamais eu le temps de vacciner 60 millions de Français. C'était irréalisable", note le député de Paris qui déplore que le gouvernement n'ait pas su s'adapter et changer de stratégie. Il ne limite toutefois pas ses critiques à cette question de commandes. Il juge que le gouvernement s'y est très mal pris. "Il n'a pas fait trop, mais il a fait mal, en voulant faire son affaire tout seul et maintenant il est nu." Le Guen rappelle qu'en 2005 il faisait partie de la mission parlementaire sur la grippe aviaire H5N1. Le gouvernement était de droite et le travail avait été très consensuel, note-t-il tout en demandant avec insistance à Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, de se prononcer en faveur de la création d'une commission d'enquête. Roselyne Bachelot s'est d'ailleurs déclarée prête à venir s'expliquer au Parlement. Le Guen a regretté l'absence de débat et de dialogue. À la question de savoir ce qu'il aurait fait s'il avait été ministre de la Santé, il répond qu'il aurait choisi de vacciner les populations fragiles et les personnes à risque. Y.M.

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