mercredi 23 décembre 2009
Interview vidéo dePhilosophe et essayiste
Glucksmann : refuser de débattre est une "triste attitude intellectuelle"
Le philosophe est favorable à l'interdiction de la burqa dans les lieux publics.
On peut "ne pas être un inconditionnel de Nicolas Sarkozy", comme André Glucksmann, et juger nécessaire de parler de l'identité nationale. Invité du "Talk-Orange-Le Figaro", le philosophe a estimé que "de toute façon, le débat existe, qu'il soit officiel ou intime". Citant la "sourde angoisse des déracinés" dont parlait le général de Gaulle en 1965, il a affirmé que "la quête des racines est devenue générale" : "La France se demande ce qu'elle fait dans la mondialisation, ce qu'elle fait en Europe." "Quand les socialistes disent qu'il ne faut pas débattre, a-t-il ajouté, c'est une assez triste attitude intellectuelle. Je ne pense pas que le mutisme imposé permette la cautérisation des plaies et de la xénophobie". Pour autant, André Glucksmann regrette que le débat soit "bien tristement engagé des deux côtés". Selon lui, "personne n'ose la défense et l'illustration de l'intégration à la française". Il y voit une "démission assez générale" et surtout non fondée, puisque l'histoire prouve à ses yeux que si "l'intégration est un problème en France", si "elle va toujours mal au début pour les ?polacks?, les ?macaronis?, etc., elle se termine en général bien." Une enquête internationale menée auprès des populations musulmanes en France, mais aussi aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans d'autres pays, conforte l'analyse du philosophe. "En France, a-t-il résumé, ces populations se déclaraient à 92% satisfaites de leur relation avec l'État, à 90% satisfaites de leurs rapports avec les chrétiens, et même à 75% satisfaites de leurs rapports avec les juifs ! Aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne, à cette dernière question, les réponses positives n'atteignaient pas 50%." L'optimisme d'André Glucksmann ne l'empêche pas de discerner "un danger islamiste et un danger xénophobe en France", ni de craindre "la rencontre des deux". "C'est pour cela qu'il faut un débat", selon lui, et aussi "une interdiction de porter la burqa dans les lieux publics". "L'accepter serait un scandale, a-t-il affirmé. La burqa n'est pas une tradition. C'est, tout d'un coup, une volonté politique de mettre au défi les valeurs dans l'espace public français. Il faut répondre aux provocations." Au passage, il a rappelé que "depuis que la loi interdisant le voile dans les établissements scolaires est passée, il n'y a plus de problèmes". Judith Waintraub
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