mardi 22 décembre 2009
Interview vidéo deMinistre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales
Hortefeux encourage le débat sur l'identité nationale
Le ministre de l'Intérieur, invité du "Talk Orange-Le Figaro", a longuement défendu l'interdiction du voile intégral.
L'important est qu'il y ait un consensus sur le fond. La forme s'imposera ensuite. C'est l'enseignement que tire Brice Hortefeux du débat sur l'interdiction du voile intégral en France, alors qu'il prend un tour compliqué au sein de la majorité. Le patron des députés UMP Jean-François Copé a en effet annoncé que son groupe présenterait en janvier une proposition de loi destinée à interdire le port du niqab ou de la burqa dans l'espace public. Avant même que la mission parlementaire pluripartisane ne rende ses conclusions. Le ministre de l'Intérieur, invité du "Talk Orange-Le Figaro", a souhaité minimiser ce hiatus. "Chacun est dans son rôle", martèle-t-il. "Jean-François Copé fait son travail, du bon travail et il est normal qu'il avance ses propositions", a-t-il poursuivi. Mais, Hortefeux précise aussitôt : "je souhaite avant toute chose que l'on connaisse la position de la mission parlementaire. Procédons par ordre." "Il n'y a pas longtemps à attendre", ajoute-t-il, soulignant que la mission doit rendre ses conclusions fin janvier et qu'une conjonction des calendriers est possible. Quelle forme pourrait prendre l'interdiction ? Celle d'une "résolution", comme le permet la Constitution depuis 2008, ou d'une "loi" : "le gouvernement n'exprime pas de préférence", dit-il. Et si la proposition de loi UMP était votée ? "Si le Parlement le décide, il s'exprime en toute liberté", conclut Hortefeux. "Encourager les excès nourrit les extrêmes" met en garde Brice Hortefeux énonçant une règle qui doit prévaloir dans le débat sur l'identité nationale. Il ne voit pour autant pas de risques à organiser une telle réflexion en ce moment, "au contraire". "Il est bon qu'il y ait débat", assure Hortefeux. Un débat qui n'est "ni l'exclusion, ni le repli sur soi, ni le retour sur le passé", mais "un moyen de rappeler que l'identité n'est pas un concept figé ou fermé mais évolutif". Et un débat qu'il n'a pas pu lancer, quand il était lui même ministre de l'Identité nationale. "J'avais pas mal de chose à faire" et notamment créer "de toute pièce ce ministère", explique-t-il. Aujourd'hui à l'Intérieur, il pilote la réforme des collectivités locales. Le débat n'est pas moins passionné dans les rangs de la majorité, notamment concernant le mode de scrutin des futurs conseillers territoriaux. "Si les parlementaires ont des idées pour le perfectionner nous y serons, avec Alain Marleix, naturellement attentifs", a expliqué Hortefeux, la main tendue. Il le faudra : le président du Sénat Gérard Larcher a expliqué qu'il n'y avait pas actuellement de majorité pour le texte en l'état. Jean-Baptiste Garat
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