le talk orange - le figaro

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jeudi 10 décembre 2009

Interview vidéo de

Luc Ferry

Philosophe, ancien ministre de la Jeunesse, de l'Education nationale et de la Recherche

Ferry dénonce "le corporatisme des intellectuels" contre la réforme Chatel

Pour l'ex-ministre de l'Education, l'enjeu est de "sauver la filière littéraire, qui est radicalement morte aujourd'hui".

La transformation de l'histoire et de la géographie en matières optionnelles en terminale scientifique a trouvé un défenseur: Luc Ferry. Invité du "Talk-Orange-Le Figaro", l'ancien ministre de l'Éducation a défendu la réforme de Luc Chatel contre ses - nombreux - détracteurs. Il a d'abord tenu à rétablir les "faits" : "Il ne s'agit pas d'une suppression. L'histoire va rester une option. Un élève de filière scientifique qui voudra faire de l'histoire en fera plus qu'avant et un élève scientifique qui ne le voudra pas en fera seulement un tout petit peu moins qu'avant, puisqu'on aura augmenté l'horaire en première." Preuve, selon Ferry, que la réforme n'est pas dirigée contre les "humanités": "L'association des professeurs d'histoire et de géographie, qui est peut-être l'association la plus corporatiste de France, voire du monde, l'avait acceptée, avant de changer d'avis." Pour Luc Ferry, "le véritable enjeu de la réforme, c'est d'abord et avant tout de sauver la filière littéraire" . "Aujourd'hui, affirme-t-il, la terminale L est fichue, terminée, radicalement morte. Si le ministre était un gestionnaire au petit pied, il mettrait la clé sous la porte." Au lieu de quoi, Luc Chatel a pris la décision qui s'imposait, selon l'ancien ministre: créer "à partir de la terminale trois filières équivalentes: la filière littéraire, celle des humanités, la filière sociale, ES, et puis les sciences". "Si les autres filières ne sont que de pâles copies de la terminale scientifique, si la filière littéraire n'est que la filière scientifique sans les sciences, c'est-à-dire avec tous les inconvénients et sans aucun avantage, alors on n'arrivera pas à la sauver." Interrogé sur la levée de boucliers des défenseurs de l'histoire-géographie, Luc Ferry a remarqué: "Quelle que soit la réforme que vous entreprenez dans ce système, il y a toujours un corporatisme qui vient à bout du ministre. Là, en l'occurrence, c'est le corporatisme des intellectuels et c'est un élitisme". Le ministre redevenu philosophe a accusé les signataires de la pétition contre la réforme Chatel, dont "beaucoup" sont ses "amis", de "défendre leur discipline sans réfléchir une seconde à l'architecture d'ensemble, c'est-à-dire à l'intérêt général". Circonstance aggravante à ses yeux: "Tout le monde" parle de la réforme parce qu'elle touche "la filière des enfants des bobos". "J'aurais adoré que les intellectuels se mobilisent quand on a supprimé trois heures à l'école, a-t-il ajouté. Ça, c'était scandaleux". "On" , c'est le prédécesseur de Luc Chatel, Xavier Darcos, avec lequel Luc Ferry entretenait les pires relations lorsqu'ils cohabitaient rue de Grenelle.

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