jeudi 12 novembre 2009
Interview vidéo deSecrétaire d'Etat à la Prospective et au numérique
Kosciusko-Morizet : "un écrivain doit dire ce qu'il veut"
La secrétaire d'État chargée du Développement de l'économie numérique juge "abusive" la polémique sur sa collègue Rama Yade
Le ministre de la Culture ne veut pas arbitrer mais sa collègue Nathalie Kosciusko-Morizet n'en dit pas moins ce qu'elle pense. Frédéric Mitterrand a refusé de prendre parti dans la polémique qui oppose le prix Goncourt 2009 Marie Ndiaye et le député UMP de Seine-Saint-Denis Éric Raoult, en estimant qu'il n'a pas "à arbitrer entre une personne privée qui dit ce qu'elle veut dire et un parlementaire qui dit ce qu'il a sur le coeur". Invitée du "Talk Orange-Le Figaro", la secrétaire d'État chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique a considéré pour sa part que "Marie Ndiaye n'est pas soumise à un droit de réserve". "Un écrivain doit dire ce qu'il veut", a-t-elle expliqué "à titre personnel". Autre débat qui mobilise aujourd'hui le monde de l'édition, celui du livre numérique et de son régime fiscal. "Nous sommes favorables à l'abaissement de la TVA (sur le livre numérique) mais il faut avoir un accord au niveau européen", précise-t-elle. Nathalie Kosciusko-Morizet se montre en revanche plus réservée sur le demande de certains éditeurs à voir mis en place un "prix unique" pour le livre numérique comme il existe déjà pour son équivalent papier. "Je n'ai pas d'opposition sur le principe mais c'est techniquement compliqué", explique-t-elle. Concernant l'attribution d'une nouvelle licence de téléphonie mobile, NKM précise que "la candidature de Free sera examinée selon des critères qualitatifs et pas simplement financiers". La secrétaire d'État se réjouit d'ailleurs que l'attribution d'une nouvelle licence doive "permettre de faire baisser la note pour les consommateurs". Secrétaire générale adjointe de l'UMP et en charge de l'organisation des primaires internes pour les régionales, NKM tire un bilan positif de l'expérience: "les primaires ont montré leur succès, nous avons eu beaucoup de participation. On recommencera", assure-t-elle. Un succès, même quand le candidat élu est remplacer par un autre désigné par l'Élysée. "Les militants savent très précisément dans les régions où il y a eu une modification, quelle en est la raison", assure Kosciusko-Morizet. Dans les Pays-de-la-Loire, Roselyne Bachelot avait été choisie. Elle doit faire face à la grippe A. Elle laisse la place à Christophe Béchu qui est lui aussi porté par les militants, il n'y a aucune contestation là-dessus." Elle-même tête de liste départementale en Essonne alors qu'elle avait annoncé ne pas vouloir briguer un nouveau mandat, NKM assume : "au départ je n'étais pas forcément candidate", explique-t-elle. "Mais à partir du moment où ma famille politique me demande d'aller au combat ? Ce n'est pas dans mon tempérament de refuser d'aller au combat". A la différence de Rama Yade : "Je n'ai pas de conseil à lui donner", se défend-elle en dénonçant "la polémique abusive" qui, selon elle, entoure la candidature de la secrétaire d'État en Ile-de-France. "Il y a juste une réalité en politique, la légitimité passe par l'élection, conclut Kosciusko-Morizet. Je suis sûre que Rama en est bien convaincue". Jean-Baptiste Garat
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