lundi 9 novembre 2009
Interview vidéo deAncien Premier secrétaire du PS, député de la Corrèze et président du conseil général de la Corrèze
Hollande relativise les bons sondages de Strauss-Kahn
L'ex-premier secrétaire du PS demande à son parti d'être fort au premier tour des régionales pour organiser le rassemblement de la gauche.
François Hollande n'est pas inquiet. Alors que plusieurs sondages donnent Dominique Strauss-Kahn vainqueur face à Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle de 2012, l'ancien premier secrétaire du PS appelle au calme. "J'ai appris depuis longtemps à bien faire la distinction entre l'opinion et l'électorat. Ce qui compte, ce n'est pas simplement d'être dans l'humeur du temps, c'est d'être à un moment choisi par ses concitoyens dans une élection", a-t-il indiqué lors du Talk Orange-Le Figaro. "Ce qui doit être appréhendé, ce n'est pas la faveur d'un instant, c'est de savoir qui aura la capacité de convaincre et la crédibilité suffisante pour devenir le prochain président de la République", a-t-il ajouté. François Hollande l'avait assuré en réunissant ses partisans il y a quelques semaines à Périgueux, la prochaine élection présidentielle se jouera sur la fiscalité. Au regard de l'état des finances publiques et des déficits de la France en 2012, les marges de manoeuvres seront réduites pour élaborer un programme présidentiel. "Il faut être conscient de ce que Nicolas Sarkozy et la majorité vont laisser comme héritage: une dette publique qui va être de l'ordre d'une année de création de richesse et des déficits qui ne vont pas être résorbés", a estimé François Hollande. D'où la nécessité pour lui d'en passer si ce n'est par une vague d'augmentation d'impôts, au moins par une "révolution fiscale". "Je pense que cette élection de 2012 doit être une élection où l'on ne ment pas. Et la vérité c'est qu'il va falloir faire des choix difficiles, à la fois en termes de dépenses, d'économie, de réorganisation de l'État et aussi de changement de notre système fiscal" a assuré François Hollande avant de défier la droite: "Il y a un effort à faire et que celui qui niera l'effort vienne contre le candidat de gauche le moment venu". Aujourd'hui, ils sont encore sept ou huit à pouvoir prétendre briguer l'investiture socialiste pour 2012. François Hollande en fait partie mais il n'a pas encore annoncé son intention de se présenter. Tout juste répète-t-il qu'il se prépare et qu'en se préparant, il prépare la gauche. Pour l'instant, la date de la confrontation des présidentiables du PS n'est pas encore connue. Elle devrait être fixée après les élections régionales de mars 2010, vers le mois de juin à l'occasion d'une convention nationale du parti. "Je souhaite que la primaire arrive assez tôt pour que l'on puisse organiser convenablement cette sélection qui n'est pas de l'ordre de la course aux honneurs, d'une émission de télévision, d'un concours de beauté ou de communication", a indiqué François Hollande. Le choix du calendrier est important puisque selon la date des primaires, certains candidats pourront être désavantagés. C'est le cas notamment de Dominique Strauss-Kahn si le processus de désignation se déroule trop tôt. "On ne doit pas se déterminer par rapport à tel ou tel calendrier mais par rapport à ce qui paraît être le bon agenda. En 2006, je considère que nous avons désigné trop tard notre candidate. Il faut que cette fois-ci, celui ou celle qui sera choisi ait les capacités de mener sa campagne à partir d'un programme qu'il aura discuté avec le parti et qui pourra établir la crédibilité indispensable", a dit François Hollande. Mais avant de se lancer dans les primaires, les socialistes devront affronter les élections régionales. De leur résultat pourra dépendre le sort de Martine Aubry à la tête du PS et comme présidentiable potentielle. Mais pour François Hollande, il s'agit avant tout de déterminer les rapports de force entre les formations de gauche. "Le premier enjeu, c'est le résultat de premier tour. Puisque nos partenaires veulent partir séparément de nous, relevons le défi, a dit François Hollande en référence à la volonté des Verts et des communistes de partir seuls aux régionales. "Au premier tour, soyons forts puisque c'estla condition pour rassembler la gauche et pour gagner contre la droite", a-t-il conclu. François-Xavier Bourmaud
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