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lundi 12 octobre 2009

Interview vidéo de

Edouard Balladur

Ancien Premier ministre

Balladur hostile à Blair à la tête de l'Europe

L'ancien premier ministre enjoint les élus d'accepter les réformes territoriales

Édouard Balladur attend avec impatience l'examen de la réforme des collectivités territoriales, dont il est le père, et qui devrait être adoptée le 21 octobre en conseil des ministres. La réforme va «affirmer nettement la prééminence de la région sur le département» a expliqué l'ancien président du comité pour la réforme des collectivités territoriales, qui était hier l'invité du Talk Orange Le Figaro. Avant de souligner qu'il faudrait «faire les choses de façon progressive, ne pas supprimer purement et simplement le département, mais le mettre progressivement sous l'aile de la région». «Au couple départements communes, qui a été la structure française depuis deux siècles, on substitue le couple régions communautés de communes» a ajouté l'ancien premier ministre, qui reconnaît que cette réforme rencontre des résistances au Parlement. Mais, affirme-t-il, «l'opinion publique est prête au changement».Interrogé sur la gouvernance du Grand Paris, Balladur a mis en garde les élus concernés: «Si les collectivités locales ne sont pas plus fortes et plus autonomes, le pouvoir de l'État s'exercera plus fortement sur elles».A l'instar de ses collègues UMP, Balladur ne veut pas en rajouter sur l'affaire Frédéric Mitterrand. L'ancien premier ministre pense que «si M. Mitterrand avait à écrire le livre qu'il a écrit il y a cinq ans (« La mauvaise vie»), il ne l'écrirait pas rigoureusement dans les mêmes termes pour ne pas donner à des interprétations dont il dit qu'elles n'étaient pas fondées».Auteur d'un livre «Le pouvoir ne se partage pas» (Fayard), dans lequel il rapport ses conversations avec François Mitterrand, quand il était lui-même premier ministre, Édouard Balladur botte en touche quand on l'interroge sur l'actuel hôte de Matignon François Fillon. «Dans la Constitution, c'est clair, l'essentiel des pouvoirs est entre les mains du premier ministre. Mais il se trouve que c'est le président de la République qui est le chef de la majorité parlementaire. En fait, c'est lui qui est le chef du pouvoir quand il n'y a pas de cohabitation» décrypte l'ancien mentor de Nicolas Sarkozy.Édouard Balladur a par ailleurs clairement affirmé qu'il n'était «pas souhaitable» que l'ancien premier ministre britannique Tony Blair accède à la présidence de l'Union européenne, où il fait pourtant figure de favori. «Je ne crois pas que ce soit la meilleure chose» a déclaré l'ancien premier ministre. Et ce pour deux raisons: «M. Blair est anglais, c'est-à-dire qu'il appartient à un pays qui ne fait pas partie des grandes réalisations européennes que sont la zone euro d'une part, et l'espace Schengen d'autre part». Edouard Balladur a aussi déploré la position prise par Blair sur la guerre en Irak où il s'est fait «l'auxiliaire empressé de la politique américaine» ce qui «n'en fait pas le meilleur représentant d'une Europe qui se voudrait indépendante» a encore fustigé l'ancien premier ministre.Sophie Huet

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