jeudi 24 septembre 2009
Interview vidéo dePrésident de l'Autorité des marchés financiers
Jean-Pierre Jouyet plaide pour une Organisation mondiale de la Finance
Le président de l'Autorité des marchés financiers était l'invité du «Talk Orange-Le Figaro».
Le G20 "n'est pas la fin de l'histoire". Jean-Pierre Jouyet, le président de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) qui était l'invité du "Talk Orange-Le Figaro", a mis les choses au point sur ce qu'il faut attendre, ou non, du sommet de Pittsburg. Habitué de ces rencontres internationales, l'ex-secrétaire d'État aux affaires européennes s'inscrit en faux face à la prédiction d'un "G vain" formulée par Jacques Attali. Comme l'a dit Barack Obama, ce G 20 donnera un "code de la route" et fixera de nouvelles règles en matière de rémunération, mais aussi en matière de recapitalisation des banques, "un sujet important pour le financement de l'économie". "L'ère de la dérégulation est terminée", affirme-t-il. Mais Jean-Pierre Jouyet précise qu'il faudra encore bien d'autres réunions, parce que "le dur est devant nous en termes de reconstruction du système", explique-t-il. Depuis l'AMF, sa préoccupation va notamment à une "meilleure organisation des marchés financiers", qui ont besoin de "plus d'ordre", là où, aujourd'hui, "50% des transactions financières dans le monde échappent à la régulation".Les négociations du G20 et celles qui le prolongeront devront aussi se pencher sur l'organisation de la régulation, dont les acteurs sont aux yeux du président de l'AMF "trop nombreux pour être efficace". Jean-Pierre Jouyet soutient l'idée d'une Organisation mondiale de la finance, à l'image de l?OMC pour le commerce, et, "à titre personnel", plaide au niveau européen pour la création d'un gendarme unique "doté de pouvoirs contraignants".Interrogé sur les bonus qui figurent en bonne place dans l'agenda des chefs d'État et de gouvernement, Jean-Pierre Jouyet a souligné qu'il s'agissait "d'un symptôme, pas de la maladie". Mais il affirme aussi qu'en "période de crise, il faut un partage des sacrifices équitable". "Les banquiers doivent comprendre que l'ère des rémunérations excessives est terminée", tout comme celle des profits essentiellement réalisés à court terme, via les activités pour compte propre.Jean-Pierre Jouyet insiste enfin sur l'enjeu immédiat le plus déterminant du G20 : la recapitalisation des banques. Un débat où tout n'a pas été tranché entre Européens et Américains, mais dont dépend le financement de l'économie et donc "la croissance de demain". Bertille Bayart
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