jeudi 17 septembre 2009
Interview vidéo deMinistre du Budget et de la Fonction publique
Woerth: «En 2010, il y aura une stabilisation du déficit public»
Invité du «Talk Orange-Le Figaro», Éric Woerth, le ministre du Budget, a fait le point sur la situation des finances publiques.
Quel peut être l'impact de la révision des chiffres du PIB sur les finances publiques? Le ministre du Budget en personne, Éric Woerth, a donné quelques éclairages. Pour 2009, paradoxalement, le risque est plutôt celui d'une nouvelle dégradation. «Nous serons autour de 7,5% de déficit public, sauf si les recettes baissent plus fortement que prévu», a déclaré le ministre.Le chiffre de 7,5% n'est pas neutre puisqu'il s'agit du haut de la fourchette annoncée en juin dernier (7% à 7,5%) pour le trou combiné de l'État, la Sécu et les collectivités locales. Des chiffres qui tenaient déjà compte de la baisse des rentrées fiscales. En juin, le ministère a ainsi annoncé qu'il tablait sur 20 à 25 milliards de recettes d'impôt sur les sociétés en 2009, contre 49 milliards en 2008. Était-il allé assez loin? «Si l'impôt sur les sociétés rentre moins bien que nos prévisions, si la TVA est un peu inférieure, c'est plus de déficit», a admis Éric Woerth. Le déficit de l'État pourrait donc dépasser les 130 milliards, le dernier chiffre officiel.Il faudra attendre 2010 pour voir une amélioration pour le budget de l'État. «Une croissance qui passe de 0,5% à 0,75%, c'est un peu plus de recettes», a estimé le ministre. Rien de tel en revanche pour les comptes sociaux. «La Sécu souffrira de la baisse des cotisations sociales», a-t-il expliqué. En cause: la hausse du chômage, toujours à l'?uvre l'an prochain. Au total «En 2010, il y aura une stabilisation du déficit public», a conclu Éric Woerth.Pas de hausse de la CSGRien n'est arbitré sur l'éventuelle extension du RSA chapeau (celui complétant le revenu de ceux qui travaillent) aux moins de 25 ans, a affirmé le ministre. «Si nous le faisons, cela doit être gagé par des recettes supplémentaires ou moins de dépenses», a-t-il insisté. En réponse à la Cour des comptes qui préconise une hausse des prélèvements sociaux pour résorber le trou de la Sécu, Éric Woerth a été clair: «Il faut se garder d'augmenter les prélèvements, qui sont déjà à un niveau très haut en France.» Pour lui, la solution passe par la réorganisation de l'hôpital, par une réflexion sur le prix des médicaments et sur la frontière entre le remboursement par la Sécu et celui par les mutuelles et les assurances.C. C.
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