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L'actualité en interview et vidéo

jeudi 3 septembre 2009

Interview vidéo de

Pierre Bellon

Président de Sodexo

Salaire des patrons: les excès sont rares, estime Pierre Bellon

Pierre Bellon, président du conseil d'administration de Sodexo, était hier l'invité du «Talk Orange-Le Figaro», depuis l'université d'été du Medef.

LES RÉMUNÉRATIONS abusives des patrons existent, mais ces cas restent isolés. C'est la conviction exprimée hier au «Talk Orange-Le Figaro» par Pierre Bellon, président-fondateur de Sodexo, leader mondial de la restauration et des services de la qualité de la vie. Membre du comité des sages du Medef sur les rémunérations mis en place en mai dernier et présidé par Claude Bébéar, Pierre Bellon, a assuré: «Nous faisons notre travail. Nos délibérations sont secrètes». Le comité ne souhaite en effet mettre un dossier sur la place publique qu'en dernier recours (il a été saisi trois fois jusqu'ici, avait révélé la veille la présidente du Medef, Laurence Parisot).«Dans le cas de Sodexo, le directeur général touche une rémunération raisonnable. Je ne touche personnellement plus de salaire. Le salaire d'un dirigeant qui peut être révoqué ad nutum, doit être fixé de façon à respecter le consensus social de l'entreprise. Il ne faut pas qu'il y ait de décalage trop important», a affirmé Pierre Bellon.Le fondateur de Sodexo ne croit pas au v?u du chef de l'État de partager les bénéfices à raison d'un tiers pour les entreprises afin qu'elles investissent, un tiers pour les salariés et un tiers pour les actionnaires. «Cette mesure n'est pas applicable. Prenons Sodexo. Le groupe réalise 17% de son chiffre d'affaires en France avec seulement 15% de ses salariés. Il emploie également des Chinois, des Brésiliens, des Sud-Américains. D'autre part, Sodexo ne réalise que très peu de profit par personne et emploie beaucoup de salariés. Par conséquent, cette approche n'a pas d'intérêt pour les salariés. La situation peut être très différente pour d'autres entreprises», a-t-il observé.Encadrer les rémunérations des tradersAu sujet des leçons à tirer de la crise et des réformes possibles en cours, Pierre Bellon a apporté son soutien à Nicolas Sarkozy, qui veut encadrer les rémunérations des traders. «Cette initiative va dans le bons sens. Mais toute la difficulté va être de convaincre les américains», a-t-il estimé. L'industriel a porté un jugement sévère sur les traders. «Ils spéculent avec des actions qu'ils ne possèdent pas. Ils ne tiennent compte ni de l'entreprise, ni de ses clients ni de ses salariés, ni de ses actionnaires. Il va falloir encadrer ce système».Mais il doute de l'efficacité de réformes générales. «Tous les exemples passés depuis le président Ronald Regan ont montré que le marché ne peut pas s'autoréguler. C'est un échec complet».Y. Le G.

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