vendredi 13 mars 2009
Interview vidéo dePhilosophe et ancien ministre de l'Education nationale
Luc Ferry, sur la grogne des enseignants contre la réforme Pécresse : "Je ne serais pas fier d'être président d'université"
L'ancien ministre de l'Education nationale reproche aux présidents d'universités d'avoir "lâché en rase campagne" Valérie Pécresse dès le début du mouvement des enseignants. Le philosophe répond aussi sur le service minimum dans les écoles, son éventuelle candidature aux européennes, et les "erreurs" de Benoît XVI.
"C'était la loi que je voulais faire". L'ancien ministre de l'Education nationale défend le projet de loi sur l'autonomie de l'université, porté par Valérie Pécresse contre l'ensemble du monde universitaire. Y compris les présidents d'université, que la loi aurait considérablement renforcés. "A la place de Valérie Pécresse je me poserais la question, est-ce une bonne idée d'accorder tant de pouvoir à des gens qui en font un si mauvais usage ?", a interpellé Luc Ferry. Il a aussi insisté pour que les grandes villes appliquent le service minimum d'accueil en cas de grève dans les écoles, "une des rares bonnes idées qui se soient faites ces dernières années." Le philosophe serait-il de retour en politique, par exemple aux européennes ? Lui même assure ne pas savoir : "Il y a un an, Nicolas Sarkozy m'a reçu à l'Elysée. Il m'a dit : 'je voudrais que tu sois député européen'. J'ai accepté à condition que ce soit à Paris, car je ne veux pas être parachuté, et je n'ai pas de nouvelles". Auteur de plusieurs livres sur la religion, Luc Ferry a aussi critiqué les récentes décisions du Vatican, en particulier l'excommunication d'une Brésilienne qui a fait avorter sa fillette victime d'un viol. "Que l'Eglise soit hostile à l'avortement, ça ne me choque pas. On est dans un cas différent, car la vie de cette petite fille de 9 ans était en jeu. L'Eglise aurait dû prendre parti pour la famille. Que le Vatican cautionne cette erreur d'un évêque, ça me choque, parce qu'il n'y a pas d'amour dans cette attitude. Jean-Paul II n'aurait jamais connu une erreur pareille." Le Vatican a annulé l'excommunication au moment où Luc Ferry s'exprimait.
réagissez à l'interview