Le Talk
Anne Fulda - Bonsoir, bienvenue au Talk Orange-Le Figaro, nous recevons ce soir Mchèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Michèle Alliot-Marie, bonsoir.
Michèle Alliot-Marie
Michèle Alliot-Marie - Bonsoir.
Le Talk
Tout de suite, on vient de recevoir une dépêche : pouvez-vous nous dire on a du nouveau en ce qui concerne l'affaire Prescillia, on a retrouvé l'assassin de Prescillia ?
Michèle Alliot-Marie
Effectivement, vous savez que la jeune Prescillia avait disparu d'abord le 23, son corps avait été retrouvé le 26 et le 30 grâce à des empreintes génétiques, nous avons pu retrouver quelqu'un qui a été suspecté. Il s'agissait de quelqu'un qui était fiché dans le fichier des empreintes génétiques pour des cambriolages. Et donc le rapprochement a fait qu'il a été interpellé et effectivement il a avoué pendant sa garde à vue.
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On a retrouvé le meurtrier du corps de cette jeune fille de 14 ans qui avait été retrouvé dimanche.
Michèle Alliot-Marie
Ce qui permet d'ailleurs de souligner le rôle que les fichiers d'empreinte génétique et d'empreinte manuelle palmaire peut jouer dans l'élucidation des crimes et des délits. C'est grâce à cela que nous avons aujourd'hui des taux d'élucidation qui sont très importants et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je veux étendre ces méthodes de la politique technique et scientifique à l'ensemble des délits notamment aux vols et cela nous permettra effectivement de retrouver beaucoup plus facilement les auteurs et je ne doute pas d'ailleurs que quand des délinquants potentiels sauront qu'ils auront plus d'une chance sur d'eux d'être récupérés, que cela jouera également un rôle de dissuasion, c'est comme cela que l'on fait progresser.
Le Talk
Avant d'en venir aux dossiers qui vous concernent en tant que ministre de l'Intérieur, je voudrais que l'on voit ensemble quelque chose qui est arrivé dans l'actualité hier, c'est nouveau, cela vient de sortir, on a entendu alors que la crise financière et la récession occupent l'esprit des Français, on entend Patrick Devedjian qui dit que finalement, ce serait une bonne idée que le président de l'UMP soit le président de la République. Alors, on va l'écouter, c'est ce qu'il a dit hier sur LCI :
Michèle Alliot-Marie
La vidéo web du jour : LCI 30/10/08
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« Un parti politique a besoin d'un leader et notre leader, pour se faire entendre et pour avoir de la crédibilité, et notre leader naturel, c'est évidemment le président de la République d'abord parce qu'il est le rénovateur de notre parti, il en est l'inspirateur et puis il faut bien le dire : dans toutes les démocraties du monde, le chef de l'exécutif, c'est celui du parti vainqueur. Il n'y a que chez nous où on vit un peu depuis une cinquantaine d'années sur cette hypocrisie. »
Le Talk
Alors que pense l'ancienne présidente du RPR de cette suggestion ? Le président de la République pourrait être président de l'UMP, c'est une bonne idée ?
Michèle Alliot-Marie
Je crois que Nicolas Sarkozy a été souhaité comme président de l'UMP puis comme président de la République parles militants de l'UMP qui sont très attachés à lui, il est leur chef naturel, normal, il est leur chef de coeur, ceci dit, tout le monde comprend qu'il ne peut pas être en même temps le chef d'orchestre surtout dans des crises comme celles-ci. Et je crois que, aujourd'hui, ce que les Français attendent de lui, c'est d'abord qu'il continue selon la méthode qu'il a utilisée jusqu'à présent, à être le leader, le chef d'une Europe qui joue un rôle essentiel grâce à lui, dans la recherche des solutions à la crise économique actuelle.
Le Talk
Leader de l'Europe mais pas leader de l'UMP, c'est d'ailleurs a priori totalement contraire aux institutions de la Ve République, vous qui êtes un peu la caution gaulliste de ce gouvernement, qu'en pensez-vous ?
Michèle Alliot-Marie
Ce que je pense surtout, c'est que ce n'est pas le moment aujourd'hui d'aborder ce type de question, je crois qu'il y a des sujets trop importants qui mobilisent l'attention des Français et nous leur devons de leur apporter des réponses, de leur dire vers quoi on va, c'est ce qui de toute évidence mobilise toute l'énergie du président de la République, et je crois que les membres du gouvernement doivent suivre l'exemple qu'ils montrent.
Le Talk
Venons-en à quelque chose qui concerne la vie quotidienne des Français qui a beaucoup agité dans les couloirs de l'Assemblée, c'est finalement cette décision que vous avez prise de maintenir le numéro des départements sur les plaques d'immatriculation. Certains internautes puisque nous avons des questions d'internaute se demandent pourquoi finalement vous avez cédé à certains députés nostalgiques ?
Michèle Alliot-Marie
Il ne s'agit pas de députés nostalgiques, il s'agit de gens, des députés et des maires aussi qui ont montré leur attachement à une identité qui est celle du département. Je crois que, à l'ère de la mondialisation, des nouvelles technologiques, il faut savoir prendre le plus des nouvelles technologies et ce sont les nouveaux numéros d'immatriculation et ne pas négliger aussi l'attachement sentimental qu'il peut y avoir à son département. Nous avons un nouveau système d'immatriculation des véhicules qui a décidé en 2005 et qui présente beaucoup d'avantages d'ailleurs pour les usagers, pour les automobilistes puisque l'on simplifie les procédures et ils vont pouvoir s'immatriculer chez leurs concessionnaires, obtenir leur carte grise en faisant l'essentiel des démarches chez leur concessionnaire sans aller à la préfecture, ils auront également et c'est une autre économie, l'avantage de pouvoir garder l'immatriculation pendant toute la durée de vie du véhicule même quand ils déménagent, par exemple, tout ça, ce sont des avantages importants. Simplement, ce qui était prévu au départ, c'est que l'on faisait disparaître ou on rendait facultatives des indications supplémentaires donc le département. Donc, à la demande d'un certain nombre de personnes, de parlementaires en particulier, et puis parce que moi aussi je suis une provinciale et je suis attachée aux départements, j'ai dit au lieu que ce soit facultatif, et bien ce serait obligatoire mais néanmoins que cela ne soit pas une contrainte trop grande et parce que je ne sais pas si vous êtes parisienne ou pas, c'est vrai que souvent on se dit zut, on est obligé d'avoir le numéro 75 par exemple, j'ai dit que l'on pourrait choisir le numéro du département.
Le Talk
Si tout le monde comme cela a une réaction, on ne touche pas à mon département, on ne touche pas à ma région, comment va-t-on arriver à cette simplification territoriale sur laquelle d'ailleurs travaille la commission Balladur ?
Michèle Alliot-Marie
D'abord, je crois que cela n'a rien à voir puisque l'essentiel de la réforme est préservé, il y a un numéro qui sera fixe et ensuite le reste, c'est du facultatif.
Le Talk
C'est néanmoins symbolique !
Michèle Alliot-Marie
Deuxièmement, je pense que aujourd'hui, de toute façon, il y a une demande dont plus personne ne comprend qui fait quoi, entre les communes, les communautés de communes, les départements et les régions. Il y a un vrai besoin de clarification pour que l'on sache à qui s'adresser lorsqu'on a besoin de quelque chose, qui est responsable et donc la commission Balladur va avoir pour rôle de simplifier les choses. Comment est-ce qu'elle va faire ? D'abord, je vais lui apporter un certain nombre d'études qui ont été faites pour voir par grands blocs de mission qui est le mieux à même de faire. Par exemple, a été décentralisée la formation professionnelle, ont été décentralisées les constructions des lycées et également des collèges. Qui est le mieux à même de décider qu'il doit construire un collège ou un lycée ? Qui va être le mieux à même d'organiser la formation professionnelle ? Pour les transports, qui va être responsable des transports ? C'est la première des choses. Ensuite, on dira si c'est la commune, si c'est le département, la communauté de communes ou la région. Et puis ensuite, on mettra les moyens nécessaires et c'est pourquoi on va réviser aussi la fiscalité en même temps. Je crois que c'est quelque chose de très important. Il y a des collectivités qui sont celles de la région, on a besoin de la région lorsqu'on veut faire du gros investissement ou la communauté de communes mais il y a également des attachements à sa ville, on est d'une ville, on est attaché à sa ville, on peut être attacher à son département, et bien, c'est cela cette harmonisation que va avoir à faire la commission Balladur.
Le Talk
On traverse une crise financière importante et les Français découvrent, pour certains, avec beaucoup d'étonnement que les collectivités françaises, nos collectivités locales françaises sont touchées par des emprunts à risque qu'elles auraient contractés. En fait, elles ont un peu les répercussions de la crise des subprimes américaines. Comment cela se fait et comment vous, vous pouvez agir pour rassurer beaucoup de présidents de conseils généraux qui sont inquiets ?
Michèle Alliot-Marie
Il faut d'abord savoir que normalement une collectivité est obligée de présenter un budget en équilibre c'est-à-dire qu'elle ne peut pas avoir de déficit mais les collectivités sont amenées aussi et parfois à s'endetter par exemple, lorsqu'elles font un gros équipement pour lequel elles vont prendre un emprunt et c'est là où le problème arrive puisque, comme vous l'avez constaté, il y a une restriction des crédits parce que les banques n'avaient plus assez d'argent pour prêter et donc le président de la République a déjà pris les mesures nécessaires pour que, de nouveau, il puisse y avoir de l'argent à emprunter. Mais au-delà de cela, certaines collectivités avaient effectivement pris ce que l'on appelle des emprunts structurels, c'est-à-dire des emprunts à risque au lieu de se prendre un emprunt où on rembourse toute l adurée la même somme, et bien, elles ont fait, comme des particuliers, des emprunts à taux variable, cela ressemble un peu à cela et c'est là où il y a des difficultés. Donc, lundi matin, avec Christine Lagarde, nous allons tenir une réunion en présence des représentants de ces collectivités et des banquiers également, pour essayer de trouver une solution pour les quelque - parce qu'il n'y en a pas beaucoup en réalité - collectivités, villes voire départements qui se sont endettés de cette façon.
Le Talk
Une question à propos du fichier Edvige autour duquel il y avait eu beaucoup de débat et de protestation. Alors qu'il y a un nouveau projet de décret qui modifie, le fichier est à l'étude à la CNIL, pourquoi finalement aucun décret n'est paru pour abroger le fichier ?
Michèle Alliot-Marie
C'est simplement la procédure.
Le Talk
Certaines associations s'inquiètent !
Michèle Alliot-Marie
J'ai déjà déposé, effectivement, le décret qui prévoit l'abrogation d'Edvige mais simplement, cela prend un certain temps y compris devant le Conseil d'État mais cela sera fait tout naturellement.
Le Talk
Est-ce que pendant ce laps de temps, ce que craignent certaines associations, il y ait possible qu'il y ait un archivage des données contestées ?
Michèle Alliot-Marie
Non, pour l'instant, ce qui se passe, on ne peut pas rester dans un vide juridique bien entendu, parce que la protection des Français, et je suis en charge de la protection des Français, exige que l'on en est les moyens. Pour l'instant, ce qui se passe, c'est simplement que on est revenu au vieux fichier des RG, sans l'augmenter d'ailleurs, sans dire on l'utilise dans la forme qui était la sienne auparavant.
Le Talk
Dernière question : pourquoi sur ce dossier, de façon générale, êtes vous si discrète, vous qui avez envisagé il y a un moment, de vous présenter à la présidentielle ?
Michèle Alliot-Marie
Sur quel dossier ?
Le Talk
De façon particulière sur le dossier Edvige.
Michèle Alliot-Marie
Je n'ai pas l'impression d'avoir été particulièrement discrète.
Le Talk
On ne vous entend pas tellement.
Michèle Alliot-Marie
Je crois d'abord qu'il faut distinguer un certain nombre de choses. Au point de départ, c'est un dossier purement technique, ensuite il a pris une certaine dimension politique dans la mesure où des inquiétudes se sont manifestées et à ce moment-là, je suis intervenue et notamment je suis intervenue pour mener l'ensemble des discussions qu'il y a pu y avoir avec les associations, avec les syndicats, avec l'ensemble de ceux qui avaient émis un certain nombre de doutes ou un certain nombre d'inquiétudes et ensuite j'ai effectivement mené les discussions pour qu'il y ait une nouvelle rédaction permettant de rassurer tout le monde parce que mon but, je tiens à protéger les Français, à protéger leur vie, à protéger leurs biens mais je suis également en charge de la protection des libertés publiques et cela j'y tiens beaucoup.
Le Talk
Dernière question, vous êtes bien à Bauveau. Vous y restez, vous voulez y rester ?
Michèle Alliot-Marie
C'est un ministère qui est tout à fait passionnant parce que c'est justement le ministère du quotidien des Français et il est extrêmement intéressant
Le Talk
Merci Michèle Alliot-Marie.
Michèle Alliot-Marie
Merci.
Le Talk
Et à lundi pour une nouvelle édition du Talk Orange-Le Figaro, au revoir.-