Le Talk
Laurent Guimier - Bonsoir, Bernard Accoyer. À quel pourcentage estimez-vous les chances de voir la réforme des institutions votée, lundi ?
Bernard Accoyer
Bernard Accoyer - 50/50.
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Pourquoi ?
Bernard Accoyer
Parce que rien n'est sûr à cette heure et il y a autant de chances que cela aboutisse qu'un risque que cela échoue. On l'a vu cette nuit, au Sénat, en deuxième lecture, les votes sont partagés et rien n'est acquis à cette heure.
Le Talk
En même temps, si la gauche vote contre en bloc, c'est perdu ?
Bernard Accoyer
Oui, mais il y aura des attitudes, des votes, des abstentions qui ne peuvent pas être programmées et prévues à l'avance. Il y a des changements qui sont inévitables.
Le Talk
On vient d'un débat qui a duré longtemps avec une commission très ouverte qui a fait un gros travail. Pourquoi arrive-t-on aujourd'hui à une situation aussi tendue, si près d'un échec historique ?
Bernard Accoyer
D'abord chacun est devant ses responsabilités. Devant cette incertitude, le président de la République a décidé, et c'est une attitude très courageuse, qu'il allait jusqu'au bout, qu'il maintenait le Congrès. Les parlementaires eux-mêmes devant cet engagement de campagne qui est concrétisé par cette réforme constitutionnelle, sont devant leurs responsabilités. Pour la majorité, avec le pacte majoritaire, pour l'opposition, dont le contenu de la réforme est fait des demandes même de l'opposition : vingt et une demandes sont dans la réforme et le président en a rajouté encore hier. Chacun est devant ses responsabilités. Comment les parlementaires qui voteront contre pourront-ils expliquer à leurs électeurs qu'ils ont refusé ce qu'ils demandaient depuis longtemps, qu'ils ont refusé de contrôler certains pouvoirs du président de la République, qu'ils ont refusé d'augmenter de façon substantielle les pouvoirs du Parlement, c'est-à-dire des représentants directs du peuple. Et qu'ils ont refusé d'octroyer des pouvoirs également substantiels, ou plutôt des droits substantiels supplémentaires aux Français. Je pense au référendum «initiative populaire», à l'exception de la constitutionnalité. Tout le monde est devant ses responsabilités.
Le Talk
Au dernier comptage, on nous annoncerait deux voix d'avance en faveur de la réforme. Vous allez vous prononcer vous-même, vous allez voter. On peut se dire que les présidents des assemblées seront peut-être les deux qui auront fait basculer les choses. Cela vous donne-t-il à vous une responsabilité historique encore plus importante ?
Bernard Accoyer
Pas plus que les autres. Je suis député comme les autres, parlementaire comme les autres. Et je m'exprimerai comme le feront un grand nombre de parlementaires. Mais, avant moi, d'autres présidents d'Assemblée ont voté lors de Congrès. Je pense à Laurent Fabius en 1999.
Le Talk
Prenons l'exemple du temps de parole auquel vous étiez très attaché puisque vous avez écrit et êtes intervenu sur cette question, l'exécutif n'a-t-il pas trop tergiversé sur cette question ? Finalement, Nicolas Sarkozy n'a cédé qu'hier.
Bernard Accoyer
J'aurais préféré que l'UMP, ma formation politique, se montre plus ouverte sur cette demande qui me paraissait légitime. C'est le débat politique national, je trouve que les choses pourraient bouger. Elles ont bougé. J'ai également un peu l'impression que le Parti socialiste est dans une logique, à quelques semaines de son Congrès, qui est plus une logique politique, de refus de donner un succès au président, alors qu'en réalité ce serait une avancée démocratique et donc un avantage pour tous les Français.
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Si la réforme n'est pas votée, qu'est-ce ? Une catastrophe ?
Bernard Accoyer
Non, ce n'est pas une catastrophe mais c'est effectivement un échec pour l'exécutif, pour la majorité, mais aussi pour l'opposition puisque, encore une fois, elle aura refusé, elle se sera elle-même refusé ce qu'elle demande depuis longtemps. Il faut la comprendre à ce moment-là. Il faut l'expliquer.
Le Talk
Excluez-vous, ce soir, toute évolution, avancée sur le mode d'élection des sénateurs ?
Bernard Accoyer
De toute façon, le texte est maintenant figé puisqu'il est passé devant les deux assemblées en termes conformes. Il ne bougera plus jusqu'au vote de lundi. Il ne peut plus y avoir de changements sur ce point. Changer le mode de scrutin pour désigner telle ou telle catégorie parlementaire, que ce soit les députés ou bien les sénateurs, n'exige pas que la Constitution le spécifie. Par conséquent, il est faux de dire que parce qu'il n'y a rien sur tel ou tel mode de scrutin, celui-ci serait à jamais gravé dans le marbre. Ce n'est pas vrai. Pour changer un mode de scrutin il suffit d'une loi simple, on n'a pas besoin de changer la Constitution.
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La phrase du jour, vous l'avez peut-être entendue ce matin : c'est François Bayrou qui a mis en cause, de façon extrêmement virulente, le chef de l'État au sujet des conditions dans lesquelles Bernard Tapie a vu son litige avec le Crédit lyonnais réduit. Écoutez c'était sur RTL, ce matin (passage vidéo). Comment analysez-vous cette accusation ?
Bernard Accoyer
Je suis très choqué qu'une personnalité politique telle que François Bayrou en soit réduit à de telles attitudes qui sont tout à fait indignes de la part d'une personnalité qui, jusque-là, à mes yeux, était respectable. La procédure qui a été employée à l'égard de Bernard Tapie est parfaitement légale. Elle respecte les dispositions légales et tout à fait classiques. Les personnalités qui ont composé le tribunal arbitral sont des personnalités reconnues sur tout l'échiquier, dans tous les milieux. Je suis extrêmement choqué de cette façon de faire. C'est inqualifiable.
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Cela mériterait-il des poursuites ?
Bernard Accoyer
Les grands mots, il les a utilisés ce matin mais ce n'est pas bien de faire cela.
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Bernard Accoyer, ça fait un an que vous êtes président de l'Assemblée nationale, juste une question peut-être un peu personnelle. Quelle est l'image forte que vous gardez de votre arrivée au perchoir ?
Bernard Accoyer
L'arrivée, c'est le moment même où on arrive, où on a été élu par ses pairs, j'y ai ressenti une immense fierté. Maintenant, il y a un événement récent qui s'est tenu la semaine dernière, c'est le moment où Ingrid Betancourt est venue nous remercier de nous être mobilisés pendant qu'elle était retenue en otage en Colombie. C'était un moment de grande émotion.
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On termine avec les questions des internautes, c'est une tradition dans l'émission. Elles sont déposées sur le figaro.fr et Orange Actu. Première question de Katoucha : «Auriez-vous peur de vivre à côté d'une centrale nucléaire ?» ? Avec tout ce qui se passe aujourd'hui autour de Tricastin.
Bernard Accoyer
Non, je suis un scientifique et je suis rentré tardivement dans la vie politique. Je continue de lire quotidiennement des articles de médecine ou de science parce que ça me passionne et j'ai confiance dans la technologie.
Le Talk
Deuxième question de Djamel : «Un journaliste d'Auto Plus mis en examen : la liberté de la presse est-elle menacée ?»
Bernard Accoyer
Non, mais je trouve qu'effectivement les secrets, l'intelligence industrielle, ça doit être respecté. Je trouve que c'est un mauvais coup fait à des constructeurs que de trahir des secrets, les projets, ça peut avoir de très lourdes conséquences pour l'avenir des constructeurs automobiles, pour l'avenir de l'emploi, de l'économie. Ce n'est pas bien, c'est de l'espionnage industriel.
Le Talk
Dernière question de Michèle : «Ricco positif : le Tour de France est-il mort ce soir ?»
Bernard Accoyer
Non, le Tour de France n'est pas mort. Bien sûr que non. Je suis un cycliste acharné, enthousiaste et passionné. On ne tue pas les passions. J'espère bien être sur mon vélo après-demain. Le Tour restera toujours le Tour. C'est quelque chose de merveilleux. Il ne faut surtout pas imaginer que le Tour pourrait mourir. Quelle plus belle image peut-on diffuser dans le monde ? Ce n'est pas par patriotisme ou par esprit cocardiste, c'est vrai que c'est beau ces images, ces paysages, ces montagnes, ces plaines. C'est superbe ! Et puis les coureurs, c'est formidable. Qu'il y en ait quelques-uns qui fautent, ils sont sanctionnés. On arrivera à un moment où ce sera fini pour le dopage. Tout le monde est d'accord là-dessus, mais en aucun cas le Tour ne peut et ne doit mourir.
Le Talk
Vive le vélo !
Bernard Accoyer
Vive le Vélo !
Le Talk
Merci Bernard Accoyer. C'est la fin du Talk Orange-Le Figaro, l'actualité en direct tous les soirs à 18 heures. A très bientôt.