Le Talk
Laurent Guimier - Bonsoir Luc Chatel. Le directeur de l'assurance-maladie réclame trois milliards d'économies pour limiter le déficit de la Sécurité sociale en 2009, si ce plan est adopté, on va notamment moins rembourser certains médicaments dans le cas de maladie de longue durée. Que dit le porte-parole du gouvernement ?
Luc Chatel
C'est une proposition du directeur de la Caisse nationale d'assurance-maladie dont c'est le métier de faire des propositions. Cela reste une proposition et non pas une décision qui a été prise par le gouvernement. A partir de cette proposition, elle sera débattue par les partenaires sociaux. C'est le résultat des concertations entre les partenaires sociaux qui fera l'objet de mesures qui seront prises par le gouvernement. Les problèmes de fond sont devant nous. Nous avons un déficit de l'assurance-maladie même si nous avons réussi à le combler en partie. Il est important qu'il y ait des mesures structurelles qui soient prises en la matière. Mais encore une fois, rien n'est décidé. Aucun déremboursement, comme la confirmé Roselyne Bachelot cet après-midi à l'Assemblée nationale.
Le Talk
Ce soir, il y a des gens qui ont un cancer, qui sont malades du sida et qui ont peur tout simplement. Qui se disent «on va moins rembourser mes médicaments» ?
Luc Chatel
Je sais aussi que certains voudraient utiliser ce sujet pour faire peur aux Français. Il faut leur dire la vérité : qu'il n'y aura pas d'injustice et que la santé reste une priorité du gouvernement ; que le financement de la santé en France reste un vrai problème et qu'aucun gouvernement ne s'est attaqué sur le fond à cela.
Le Talk
Ce soir, il n'y aura pas de déremboursement ?
Luc Chatel
Non, il n'y aura pas de déremboursement. Roselyne Bachelot l'a indiqué, puisque même la proposition qui a été faite, c'était un transfert de l'assurance-maladie vers des assurances complémentaires. Pour le client final, le consommateur, il n'y a pas de déremboursement.
Le Talk
C'est quand même un transfert vers les assurances complémentaires d'une mission de solidarité nationale ?
Luc Chatel
Ce qui est important, c'est ce que paie le patient final. Aucune mesure, décision, n'a été prise sur ce sujet. Cela reste à l'état de proposition. Même cette proposition, ce n'était qu'un transfert de la Caisse d'assurance-maladie vers les caisses complémentaires.
Le Talk
Le bouclier fiscal, dont le but était notamment de freiner la fuite des capitaux a tout juste un an, c'était au conseil des ministres du 20 juin, à quelques jours près. Alain Ducasse vous a fabriqué un gâteau d'anniversaire un petit peu spécial puisqu'il part s'installer à Monaco. Votre sentiment ?
Luc Chatel
Évidemment de la déception parce que je connais bien Alain Ducasse. J'ai travaillé avec lui quand j'étais ministre du Tourisme et que c'est quelqu'un qui a beaucoup apporté à notre pays. Je l'ai entendu affirmer aujourd'hui que ce n'était pas pour des raisons fiscales qu'il quittait notre pays, mais parce qu'il avait beaucoup investi à Monaco. Qu'il y a formé tous ces grands chefs. Que c'est un peu le berceau de ce qu'il a développé partout à travers le monde.
Le Talk
Cela la fiche mal ?
Luc Chatel
A votre question, si j'aurais préféré qu'il reste en France, la réponse est oui.
Le Talk
Vous allez boycotter Ducasse ?
Luc Chatel
Non, parce que j'aime trop la bonne cuisine pour boycotter mais je n'y vais pas assez souvent.
Le Talk
Vous pourriez peut-être lui dire quand vous allez y retourner ?
Luc Chatel
J'en discuterai avec lui parce qu'il ne faut pas charger la barque. Il faut écouter, expliquer. Cela va peut-être nous interpeller aussi de savoir pourquoi des personnalités comme Alain Ducasse choisissent de quitter notre territoire. Il faut peut-être qu'on y réfléchisse.
Le Talk
On parle des soldes, parce que j'imagine qu'il n'y en a pas forcément chez M. Ducasse, ça démarre ce soir à minuit. On en attend peut-être un peu plus cette année parce que la saison a mal démarré. Comment sentez-vous les choses ?
Luc Chatel
La saison a mal démarré dans l'habillement. Les deux derniers mois avaient été même en recul dans le domaine de la consommation. Le mois de mai est bon puisqu'il y a un vrai rebond de la consommation.
Le Talk
Plus 2 % ?
Luc Chatel
Plus 2 % au total de la consommation. Mais l'habillement est à plus 5 %. Il y a un vrai rebond, ce qui est important parce qu'on nous a tellement expliqué que le pessimisme est ambiant, que tout allait mal et que tous les clignotants étaient au rouge. Les chiffres de la consommation ce matin montrent que les Français tiennent, qu'ils ont confiance en leur économie.
Le Talk
Après un mois d'avril très mauvais ?
Luc Chatel
Oui, après un mois d'avril effectivement en léger recul mais au total, on n'a pas de réduction de la consommation sur le trimestre. Sur les soldes, c'est effectivement la fête du commerce, la fête des bonnes affaires. C'est important pour les Français. Souvent, ils ont épargné le reste de l'année pour consommer pendant les soldes. Ce que nous voulons faire, c'est à la fois conforter cette période de cinq semaines et en même temps créer des périodes mobiles, tout au long de l'année, qui puissent être de nouvelles fêtes du commerce. Faire bénéficier aux consommateurs d'autres périodes dans l'année où ils feront de bonnes affaires.
Le Talk
Cela va-t-il être très lisible au moment où on parle de lisibilité de l'action gouvernementale ?
Luc Chatel
Oui, parce que vous aurez le maintien des deux grandes périodes annuelles qui sont identifiées par les Français. On sait tous que les soldes c'est deuxième semaine de janvier et dernière semaine de juin. Cela va rester. En même temps, il y aura à la place des deux dernières semaines de chaque période deux semaines mobiles à la discrétion des commerçants ou des unions commerçantes. A Chaumont, on pourra par exemple...
Le Talk
Au hasard, chez vous? ?
Luc Chatel
Au hasard (sourire), on pourra faire la semaine du commerce, la fête des soldes, à Noël si on veut ou à la Toussaint si les commerçants le préfèrent.
Le Talk
Je parlais de communication, de lisibilité, il y a cette polémique sur cette campagne de publicité du gouvernement qui a coûté 4 millions. On ne parle pas de ça parce que le débat est en cours. Mais si j'étais porte-parole du gouvernement, je la prendrais mal cette histoire quand même, parce qu'on se dit «il vaut mieux une bonne pub qu'un bon Luc Chatel» ?
Luc Chatel
Non. Je viens du monde de l'entreprise où j'ai fait un métier dans la grande consommation : le marketing. Les gens du marketing sont chargés de développer les produits et de faire la campagne, d'expliquer ce que font les produits. Et il y a les gens de la publicité qui font de la communication.
Le Talk
Vous faites le marketing ?
Luc Chatel
C'est un peu ça. On est complémentaires. Le marketing c'est énorme. On développe les produits. On fait la politique. On met en oeuvre les mesures. On explique ce qu'apportent les mesures. Et puis il y a les publicitaires qui sont chargés de faire la campagne de communication. Donc c'est complémentaire. C'est utile, alors qu'il y a 60 % des Français qui considèrent qu'ils ne sont pas au courant de ce que l'on fait dans le domaine du pouvoir d'achat.
Le Talk
C'est quand même un aveu d'échec ?
Luc Chatel
Oui. Si votre question est de dire «est-ce qu'on aurait pu être meilleurs»?
Le Talk
Oui, c'est un peu ma question.
Luc Chatel
Sur la loi travail-emploi-pouvoir d'achat, la réponse est oui. On aurait pu être meilleurs. D'ailleurs, on en a tiré des conclusions puisqu'aujourd'hui je pense qu'on a mieux expliqué la loi de modernisation de l'économie, notamment sur la concurrence. On voit bien que dans l'opinion, le message est mieux passé. Oui, on avait des progrès à faire et je pense qu'on est en train de les faire.
Le Talk
Une question sur l'UMP. J'ai l'impression que ça tangue un peu depuis l'arrivée de M. Estrosi dans les instances nationales. Vous avez entendu Jean-Pierre Raffarin qui canarde le maire de Nice dans toutes les interviews parce qu'il trouve injuste qu'on ait promu quelqu'un qui avait critiqué l'UMP ?
Luc Chatel
A l'UMP, on a besoin d'esprits libres et de toutes les sensibilités.
Le Talk
Raffarin est un esprit libre ?
Luc Chatel
Oui, bien sûr. Estrosi aussi. Il l'a démontré à plusieurs reprises. Christian Estrosi, on a besoin de lui parce qu'il a fait partie de ceux qui ont mené des combats difficiles dans de grandes villes. Il a gagné. Il a été un bon ministre au sein du gouvernement. Ce n'est pas anormal qu'on utilise sa compétence au sein de notre formation politique.
Le Talk
Armée mexicaine, disent certains. Enfin, lui-même l'avait dit d'ailleurs. Ca fait beaucoup de chefs quand même ?
Luc Chatel
D'abord ce ne sont pas forcément des chefs. Chacun a des compétences dans des domaines différents. Ensuite, il y a la coordination qui se fait par Patrick Devedjian et par Jean-Pierre Raffarin.
Le Talk
Vous allez peut-être devoir faire une campagne de pub aussi, non finalement pour rendre tout cela un peu plus lisible ?
Luc Chatel
On en a déjà fait à l'UMP d'ailleurs. On en a fait, régulièrement.
Le Talk
Chloé, internaute : une pétition circule en ce moment pour soutenir Domenech, le chanteur Marc Lavoine l'a signée notamment. Allez-vous la signer ?
Luc Chatel
Non, j'ai plutôt envie de changer d'époque. J'ai envie de tourner la page.
Le Talk
Qui, Deschamp ?
Luc Chatel
Deschamp, pourquoi pas. Il n'a pas fait de miracles quand il était entraîneur de Monaco. Ca a été un peu mieux à la Juve.
Le Talk
A Monaco, en ce moment, il ne faut pas en parler au gouvernement ?
Luc Chatel
Oui, je crois, oui.
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Philippe, internaute : pouvez-vous me jurer que la redevance n'augmentera pas ?
Luc Chatel
La réponse est oui. Le gouvernement l'a annoncé. Le président de la République s'était engagé pendant la campagne et donc il a maintenu cette position dans le cadre des propositions qui ont été faites sur la réforme de l'audiovisuel. Il considère qu'il ne faut pas augmenter la redevance.
Le Talk
Stéphanie, internaute : mercredi matin, c'est soldes ou conseil des ministres ?
Luc Chatel
Conseil des ministres parce que j'ai déjà été faire un tour aux soldes ce matin. Mais je n'ai pas acheté parce que je n'avais pas le droit.
Le Talk
C'est interdit ?
Luc Chatel
Je n'ai pas acheté. J'ai mesuré, j'ai regardé la façon dont les magasins étiquettent. C'est un énorme travail parce que pendant toute la journée qui précède, il faut double étiqueter tous les produits. Je suis allé voir comment cela se passait dans les grands magasins parisiens.