Le Talk
Laurent Guimier - Bonsoir. Le premier ministre a lancé ce matin le plan Espoir Banlieues. Parmi les mesures : 4 000 policiers qui vont être redéployés dans les quartiers difficiles. Il va bien falloir les enlever de quelque part. Est-ce que, vous, en tant qu'élu local de Neuilly, accepteriez qu'on enlève des policiers à Neuilly pour les mettre à Bagneux ou à Clichy?
Jean Sarkozy
Jean Sarkozy - Je ne sais pas si c'est exactement comme cela que les choses doivent être présentées. En tant qu'élu des Hauts-de-Seine, en tout cas, je suis bien conscient d'une chose : c'est que, dans ce département, vous avez des performances économiques et sociales mais en même temps, vous avez une grande disparité. Entre une commune telle que Neuilly et une commune telle que Nanterre ou Gennevilliers, vous avez des grosses différences sociologiques et personnellement, je me suis prononcé pour le rééquilibrage des territoires, donc ne j'y vois pas d'inconvénient particulier.
Le Talk
Je vous pose la question sur les effectifs policiers. Est-ce que vous vous opposeriez, par exemple, à ce que l'on déplume Neuilly pour garnir Clichy?
Jean Sarkozy
Il faut déployer les gens là où il y a besoin de les déployer. Il faut étudier en fonction des endroits sensibles et puis il faut voir de quelle police on parle, avec quels objectifs mais l'idée d'opposer les villes en symbole, je trouve cela un peu ridicule et caricatural.
Le Talk
Ce n'est pas ce que j'ai fait ! Vous avez rencontré Jean-Paul Huchon aujourd'hui - je sais tout ! - le président PS du conseil régional d'Ile-de-France.
Jean Sarkozy
Ce n'est pas moi qui vous l'ai dit.
Le Talk
Non, c'est lui. Pour évoquer votre grand projet qui est la couverture de la nationale 13 qui coupe en deux la ville de Neuilly. On ne va pas refaire tout le dossier mais, concrètement, est-ce que vous avez avancé sur cette question, cet après-midi ?
Jean Sarkozy
J'ai compris que je ne devais pas être trop long sur la question. Ce n'est pas mon grand projet, c'est un grand projet qui intéresse quand même la capitale et son premier centre d'affaires européen, La Défense. J'ai rencontré M. Huchon et en tout cas, nous sommes convenus d'une chose, c'est que, dans l'hypothèse que je souhaite et que j'appelle de mes voeux, de lancer un comité de pilotage pour discuter du financement du projet, des pistes de négociation et de concertation, la région serait présente autour de la table pour évoquer ce problème.
Le Talk
Avec son coffre-fort, c'est-à-dire avec de l'argent ?
Jean Sarkozy
Je vous ai dit, pour évoquer toutes les pistes et notamment le financement.
Le Talk
C'est quoi le calendrier ?
Jean Sarkozy
Ensuite il faut voir quelles sont les différentes pistes, comment on s'y prend, quelle est la part des partenariats publics, privés, quelle est la part des pouvoirs publics mais, en tout cas, pour afficher la volonté d'avancer sur cette question, sans sectarisme et sans idéologie, c'est quelque chose sur lequel il m'a paru assez ouvert.
Le Talk
Cela s'est bien passé entre vous ?
Jean Sarkozy
Il est plutôt sympathique M. Huchon.
Le Talk
Vous êtes un élu local. Il y a une polémique qui enflamme l'actualité depuis 48 heures, c'est-à-dire cette histoire de gymnase et de piscine interdits aux hommes pour des raisons confessionnelles. Si un responsable d'association venait vous voir en vous demandant ce genre de chose, que répondriez-vous ?
Jean Sarkozy
Je répondrais que c'est aux religions de s'adapter et pas à la République de le faire. Il faut être ferme sur ce sujet parce que ce sont nos valeurs qui sont en jeu.
Le Talk
Croisez-vous toujours Olivier Besancenot dans les rues de Neuilly parce que cela vous est arrivé pendant la campagne ?
Jean Sarkozy
Non, cela ne m'est pas arrivé pendant la campagne mais lorsque j'étais étudiant au lycée Pasteur mais depuis, je ne l'ai plus croisé, mais peut-être qu'il a déménagé.
Le Talk
Parce qu'il est facteur à Neuilly quand même et surtout depuis ce matin - c'est le sondage du jour - c'est le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy devant Bertrand Delanoë, François Hollande et Ségolène Royal. Cela vous surprend-il que Besancenot soit considéré comme le meilleur opposant au président ?
Jean Sarkozy
J'avais remarqué qu'ils n'étaient pas tout à fait d'accord sur tout mais c'est vrai que pour ce qui est meilleur opposant, je ne sais pas, mais il est bon.
Le Talk
Vous aviez dit : il est bon Besancenot. Venant de vous, qu'est-ce que cela veut dire ? C'est en com, en relation avec les personnes ?
Jean Sarkozy
Cela veut dire que, sans partager ses convictions, je trouve que, d'une certaine manière, il est assez habile dans la présentation qu'il en fait, et tout le monde en est conscient, il n'y a qu'à regarder les dirigeants socialistes, ils sont toujours embarrassés par rapport à Besancenot, ils essaient de le caresser dans tous les sens en disant : mais oui, comme à dit M. Besancenot, nous sommes d'accord d'une certaine façon et c'est la preuve qu'il se débrouille pas trop mal.
Le Talk
Finalement à l'UMP ou à l'Élysée, c'est mieux d'avoir Besancenot comme opposant principal qu'un candidat socialiste crédible électoralement ?
Jean Sarkozy
Je ne sais pas si c'est mieux pour la démocratie et c'est cela qui m'importe.
Le Talk
Vous êtes un homme de terrain. Vous le dites beaucoup, vous travaillez énormément sur le terrain alors comment depuis le terrain, comprenez-vous l'impopularité persistante du président de la République?
Jean Sarkozy
J'ai l'impression que les choses sont en train de se décanter notamment sur certains sujets.
Le Talk
Doucement.
Jean Sarkozy
En tout cas, il y a les sondages et des questions orientées et puis vous avez la réalité des forces politiques et du projet. Aujourd'hui, quelle est la force politique et quelle est la réalité ? C'est que ceux qui incarnent le changement, le progrès et la réforme, ce sont l'UMP et le gouvernement.
Le Talk
Le président est impopulaire aujourd'hui.
Jean Sarkozy
Moi, lorsque je suis sur le terrain mais je ne peux vous parler que de l'endroit sur lequel je vais.
Le Talk
Ce n'est pas forcément représentatif.
Jean Sarkozy
Je ne vous parle pas seulement de Neuilly mais de communes très diverses c'est-à-dire des communes de droite comme de gauche avec des élus communistes. J'entends des personnes qui disent : il faut continuer. Le constat est clair, il y a des réformes à faire, il faut avancer, il ne faut pas s'arrêter en bon chemin et les personnes ont bien conscience que l'idéologie et la démagogie ne sont pas actuellement au pouvoir.
Le Talk
J'aimerais qu'on parle juste un instant des institutions. Il y a une réforme en ce moment et beaucoup de questions autour du cumul des mandats, cela n'a pas énormément bougé mais à 21 ans, tout jeune qui se lance en politique est contre le cumul des mandats parce qu'il dit qu'on prend la place à laquelle je peux aspirer. Quelle est votre position sur ce point ?
Jean Sarkozy
Je pense que c'est un peu paradoxal parce que lorsque vous regardez, par exemple, le mandat de député, c'est un mandat national mais en même temps, vous avez à être dans votre circonscription parce que vous devez travailler le terrain et vous devez faire votre campagne dans une circonscription. Donc un mandat national avec un mandat local, ne me paraît pas choquant, au contraire, j'ai l'impression que les deux positions s'enrichissent les unes, les autres.
Le Talk
Donc on ne touche à rien. Dans les mouvements de jeunes politiques, on dit il faut arrêter le cumul des mandats.
Jean Sarkozy
Si vous voulez avoir des jeunes en face de vous qui prennent des positions juste pour dire il faut tout casser, c'est une possibilité aussi mais à partir du moment où il y a certaines choses qui fonctionnent...
Le Talk
Ce n'est pas ce que j'attendais de vous ! Cela m'aurait étonné.
Jean Sarkozy
Pourquoi mais vous savez, je peux bien plus vous surprendre que vous ne l'imaginez !
Le Talk
On va voir.
Le Talk
Une question vous concernant, mercredi vous comparaissez devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour délit de fuite et dégradation de véhicule après ce fameux accident de scooter dont on avait énormément parlé. On ne parle pas du fond, ce n'est pas l'endroit. Est-ce que vous vous préparez à ce que l'on peut appeler une épreuve judiciaire ?
Jean Sarkozy
Non, parce que vous savez, lorsque vous avez confiance dans les choses, lorsque vous savez que vous n'avez rien à vous reprocher, vous êtes très serein et puis vous attendez. Puis surtout, il y a une chose : je ne cherche pas du tout à instrumentaliser la justice, donc je pense que ce n'est pas le lieu médiatique pour parler de ces affaires-là.
Le Talk
Parce qu'il y aura beaucoup de médias, vous imaginez !
Jean Sarkozy
Vous serez là ?
Le Talk
Pas moi mais il y aura beaucoup de mes confrères.
Jean Sarkozy
On verra bien.
Le Talk
Pour terminer cette émission, les trois dernières questions, ce sont des internautes qui les posent sur le Figaro.fr et Orange-actu. Réponse courte après une question courte.
Jean Sarkozy
Pat : Envisagez-vous de poursuivre vos études ?
Le Talk
Où en êtes-vous ?
Jean Sarkozy
Je suis en deuxième année de droit.
Le Talk
Je rajoute une question.
Jean Sarkozy
Vous aviez dit des questions courtes !
Le Talk
J'en rajoute une quand même. Est-ce que vous imaginez faire autre chose que de la politique ?
Jean Sarkozy
Bien sûr.
Le Talk
Ce n'est pas rédhibitoire ? Vous pouvez vous dire : un jour, j'arrêterai la politique.
Jean Sarkozy
Je n'ai même pas choisi quelle sera l'orientation que je donnerai à ma vie, je sais que j'ai un mandat pour six ans et je compte aller au bout et être efficace dans ce mandat mais après, pour le reste, qui sait ?
Le Talk
Olivier : Quel est le dernier livre que vous avez lu ?
Jean Sarkozy
J'ai relu Aurélien de Aragon.
Le Talk
Milou : Avez-vous eu le privilège d'écouter le dernier disque de Carla Bruni ?
Jean Sarkozy
Non.
Le Talk
Pas encore ?
Jean Sarkozy
Non.
Le Talk
C'est vrai ?
Jean Sarkozy
Pas encore.
Le Talk
Pourquoi ?
Jean Sarkozy
Parce que je dois vous dire et vous confesser que je suis très occupé par ailleurs.
Le Talk
Vous n'êtes pas curieux alors ?
Jean Sarkozy
En revanche, j'ai eu le privilège de lire tous les dossiers qui concernent la voirie et l'assainissement dans le département des Hauts-de-Seine.
Le Talk
C'est moins drôle.
Jean Sarkozy
Je vous les conseille, c'est très poétique.
Le Talk
J'ai une dernière question qui me vient comme ça parce que, un jour le fils de Valéry Giscard d'Estaing m'avait dit au début c'est très bien de s'appeler Giscard et puis un jour, avec les défaites, avec les difficultés, cela devient dur et en 1981, par exemple, cela a été très dur de s'appeler Giscard. Est-ce que vous, dans un coin de votre tête, vous vous dites un jour, cela sera dur de s'appeler Sarkozy.
Jean Sarkozy
Vous savez, je me dis déjà qu'aujourd'hui il y a des procès d'intention qui me sont faits et qu'ils sont faits pour cette raison-là, donc j'essaie de rester très serein par rapport à tout cela et puis envisager les choses pas sur le plan du nom ou du prénom ou de l'âge mais en me disant : qu'est-ce que j'ai à faire ? Pourquoi ai-je été élu ? Pour un mandat local et je vous assure que, en gardant les pieds sur terre comme ça, vous ne vous posez pas de question métaphysique, vous avancez.
Le Talk
Ce n'est pas métaphysique. Cette question, vous ne vous la posez pas ?
Jean Sarkozy
Non, parce qu'elle n'est pas intéressante, parce que, lorsque je suis dans une permanence et que je rencontre une mère de famille qui me dit : j'ai besoin d'un logement pour mes enfants, mon mari vient de partir, ce n'est pas la question qu'elle me pose. En tout cas, ce n'est pas la réponse que je lui fais.
Le Talk
Merci beaucoup Jean Sarkozy.