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vendredi 10 février 2012

Interview vidéo de

Benoît Hamon

Porte-parole du PS

Candidature de Sarkozy: le PS banalise

Hamon affirme qu'Hollande est "imperturbable", malgré la déclaration imminente du président.

Ils s'y attendaient. Pour les socialistes, la candidature imminente de Nicolas Sarkozy est un non-événement annoncé. François Hollande ne changera rien à son programme la semaine prochaine. Mercredi prochain, le jour où, selon certaines sources, le chef de l'État pourrait se dévoiler, le candidat sera à Rouen pour son deuxième grand meeting de campagne. Et, dimanche 19 février, lorsque l'UMP tiendra son rassemblement à Marseille, les socialistes ne chercheront pas à allumer de contre-feu."On va continuer la campagne sur le même registre", assure le porte-parole du PS, Benoît Hamon. François Hollande est "imperturbable", ajoute-t-il. La consigne est de minimiser. "On ne réagit pas très fort", souligne le porte-parole. Ce qui n'empêche pas le candidat de surveiller de près les déclarations de Nicolas Sarkozy. On n'est jamais trop prudent.Invité hier du "Talk 2012 Orange-Le Figaro", Benoît Hamon a commenté les propositions de Nicolas Sarkozy lancées dans Le Figaro Magazine, notamment l'idée de recourir à un référendum pour réformer l'assurance-chômage. "Je suis très surpris qu'on puisse exclure tout référendum sur une question aussi importante que la ratification d'un traité européen", mais y avoir recours "sur la question de savoir comment expulser des chômeurs des statistiques pour améliorer les chiffres du chômage". "Nous avons besoin de retrouver notre citoyenneté, pour cela il faut recoudre le pays plutôt que le découdre", a-t-il ajouté.François Hollande, lui, s'en tient à sa stratégie: incarner l'apaisement et renvoyer Nicolas Sarkozy à son propre camp. "C'est la première fois qu'un président sortant fait une campagne de clivage", note Bruno Le Roux, l'un des porte-parole du candidat socialiste. "Auparavant, les chefs d'État sortants voulaient incarner le rassemblement." Même argumentation de la part de Stéphane Le Foll, l'un des plus proches de François Hollande: il faut faire descendre Nicolas Sarkozy de son statut de président. "Quand on en vient à vouloir convoquer le peuple français pour régler un problème d'indemnisation du chômage, on est à côté de ce qu'il faut faire. Nicolas Sarkozy est dans la tactique électorale. Il n'a pas de rapport au peuple français", explique-t-il.Derrière l'assurance, appuyée sur les sondages favorables, les socialistes demeurent vigilants. "Ce sera dur et violent", estime-t-on. "On s'attend à une campagne un peu épaisse..." Pour le meilleur et pour le pire. L'entrée dans la campagne réelle de Nicolas Sarkozy est perçue comme "la prochaine étape" à franchir. Preuve que cela ne va pas de soi. "Le président va reprendre des points dans les sondages", pronostique un membre de la direction. "En 2007, il y a eu de la triangulation, cette fois c'est camp contre camp." Attentif au rapport de forces droite-gauche qui l'inquiète, François Hollande veut consolider son propre électorat.Pour autant, la confiance règne chez les socialistes. "L'antisarkozysme est interclassiste?", résume le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis: l'impopularité du chef de l'État est installée dans tous les électorats. C'est le principal argument de campagne de la gauche.

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