Yvelines : sanctionné pour une plaisanterie sur Daesh, il entame une grève de la faim

Yvelines : sanctionné pour une plaisanterie sur Daesh, il entame une grève de la faim©Panoramic
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6Medias, publié le lundi 13 février 2017 à 12h54

Un salarié du Pôle Emploi de Saint-Germain-en-Laye refuse sa "mutation sanction" après son mail douteux envoyé à ses collègues sur l'organisation terroriste.

Depuis sa plaisanterie de mauvais goût, Yann Djail vit un véritable calvaire. "Daesh revendique le tremblement de terre en Italie", écrivait ce salarié du Pôle Emploi de Saint-Germain-en-Laye dans un courriel adressé à ses collègues, le 29 août 2016.

Une blague 2.0 dont les conséquences néfastes sur sa vie privée et professionnelle ont conduit cet homme à entamer une grève de la faim, ce lundi 13 février.

Depuis six mois, sa vie a en effet pris une tournure cauchemardesque. Dix jours après le mail douteux, Yann Djail est convoqué par le responsable de la sécurité de la direction régionale. Il est alors dépeint comme le parfait terroriste. "On lui a prêté plein de choses comme une allégeance à Mahomet, d'avoir dit cinq fois Allahu Akbar le jour de Charlie Hebdo, d'avoir transporté une bombe ou d'avoir envoyé un mail déclarant qu'il souhaitait partir en Syrie", explique au Parisien Aissa Djehich, déléguée FO.

Suspendu par sa hiérarchie dans la foulée, le bout-en-train est mis en examen pour "apologie du terrorisme". Quelques jours plus tard, le commissariat de Saint-Germain le convoque et le place en garde à vue. Son domicile sera même perquisitionné. Au terme d'une enquête rapide, l'affaire sera classée sans suite. Mais l'homme n'est pas au bout de ses peines.

"On lui a proposé une agence capable de l'intégrer"

Si les accusations ont été "immédiatement démontées", la direction de Pôle Emploi veut marquer le coup en imposant à Yann Djail "une mutation sanction". "Si j'acceptais de rejoindre l'agence de Versailles, les sanctions étaient levées", confie-t-il. Certain d'être dans son bon droit, il refuse. Malgré le soutien de ses collègues, qui lancent des pétitions et témoignent de leur stupéfaction, l'agence ne veut rien entendre.

La direction régionale de Pôle Emploi dénonce "un comportement inapproprié" justifiant le dépôt d'une main courante. La mutation de l'employé s'imposait pour "apaiser la situation". "On lui a proposé une agence capable de l'intégrer", se justifie l'établissement public dans les colonnes du Parisien, persuadé qu'"un autre employeur n'aurait sans doute pas montré autant de latitude". Yann Djail s'est quant à lui attaché les services d'un avocat et poursuivre son combat devant les tribunaux.

 
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