Voiture de police brûlée : une enquête pour homicide ouverte

Voiture de police brûlée : une enquête pour homicide ouverte

Une voiture de police a été incendiée le 18 mai quai de Valmy à Paris.

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Orange avec AFP, publié le mercredi 18 mai 2016 à 12h58

- Une voiture de police a été incendiée mercredi vers midi et demi par des manifestants et deux policiers en sont sortis à la hâte près de la place de la République à Paris. -

Craignant des "risques importants de troubles graves à l'ordre public", la préfecture de police de Paris avait interdit ce mercredi matin 18 mai une contre-manifestation du collectif "Urgence, notre police assassine" qui entendait se rassembler place de la République dans la journée, alors que les syndicats de policiers avaient déjà prévu de manifester contre la "haine anti-flics".

Malgré l'interdiction, environ 300 contre-manifestants se sont tout de même rendus sur la place parisienne, scandant "On n'oublie pas, on pardonne pas", "police partout, justice nulle part", "tout le monde déteste la police", "Flics, porcs, assassins".

Dans un premier temps, ils ont été repoussés sans incidents vers l'extérieur de la place par les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène. Puis une voiture de police a été incendiée vers midi et demi par des manifestants quai de Valmy, dans le 10e arrondissement, et deux policiers en sont sortis à la hâte. L'incendie a été maîtrisé un peu avant 13h. Cent à 150 contre-manifestants se trouvaient sur le quai de Valmy quand ils ont croisé cette voiture de police, a précisé à l'AFP la préfecture de police. Une quinzaine d'entre eux se sont alors mis à taper avec des barres de fer sur le véhicule, ont fait sortir de force les deux fonctionnaires qui étaient à l'intérieur, avant de jeter un cocktail molotov par la lunette arrière brisée, selon la même source. Les deux policiers sont légèrement blessés, souffrant de contusions.

La voiture a été complètement carbonisée, et une pancarte en carton "Poulets rôtis, prix libre" déposée sur le sol à quelques mètres du véhicule. Selon Amina, témoin de la scène, "les jeunes étaient en colère, ils ont vu cette voiture, c'était comme agiter un chiffon rouge devant un taureau". Certains via l'application Periscope ont immortalisé le moment.







Dans une déclarations à l'AFP, le préfet de police a condamné "très fermement l'action violente dirigée à l'encontre" de ces deux policiers, ajoutant qu'ils "n'ont pu s'échapper que dans des conditions extrêmes face à une agression d'une grande brutalité". Michel Cadot a ensuite adressé "tout son soutien à ces deux fonctionnaires et a d'ores et déjà saisi le Parquet de Paris pour que toutes les suites judiciaires adaptées soient données à cet acte inacceptable". Le Parquet de Paris a annoncé en début d'après-midi une enquête pour tentative d'homicide volontaire.

LE "RAS-LE-BOL" DES POLICIERS

Plusieurs centaines de policiers, hors service et en civil, manifestaient eux sur la place, sous très haute protection, pour dénoncer la "haine anti-flics", une première survenant après deux mois d'affrontements parfois violents en marge de la mobilisation contre la loi Travail. Avec plus de 350 membres des forces de l'ordre blessés depuis le début des manifestations - dont 11 mardi selon le ministère de l'Intérieur - les syndicats veulent défendre leurs collègues. "C'est un ras-le-bol général, on en a assez d'être mis en cause systématiquement et de se faire taper dessus", dit un manifestant à l'AFP. "Il faut interpeller les meneurs, on les connait", "on laisse faire les casseurs".

La province était également concernée par ces rassemblements. À Lille, quelque 300 policiers se sont rassemblés dans le calme devant le commissariat central de Lille à midi, brandissant des pancartes "Stop à la haine anti-flic". "On manifeste pour faire prendre conscience aux gens que la situation devient grave, les policiers sont de plus en plus pris à partie, on n'a jamais atteint ce stade. On fait de plus en plus face à des gens qui veulent casser du flic et qui savent même pas pourquoi ils manifestent. C'est une escalade qu'il faut arrêter rapidement, nous sommes là pour servir, pas pour subir", déclare Jean-Marc Tranchant, le secrétaire zonal Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

"On fait face à des violences exceptionnelles, intolérables et inhabituelles qu'il faut dénoncer. Il y a toujours eu des casseurs, mais le problème depuis le début des manifestations contre la loi travail c'est que les casseurs, qui sont organisés, équipés et armés, se placent dans le cortège, compliquant les interpellations", affirme Bruno Noël, secrétaire régional du syndicat Alliance.

40 policiers se sont rassemblés devant le commissariat d'Amiens et 50 à Lens. 70 agents se sont également rassemblés à Besançon pour dire que les policiers ne sont pas "des brutes sauvages et sanguinaires", près de 150 à Metz, 200 à Marseille et Bordeaux, où un manifestant brandissait une pancarte "je suis gardien de la paix, pas gardien de la guerre", ou encore 300 à Nantes.

SOUTIEN DU GOUVERNEMENT

Ces derniers bénéficient du soutien du gouvernement. "Policiers et gendarmes protègent chaque jour citoyens et institutions. S'en prendre à eux, c'est s'attaquer à nous tous #AvecNosPoliciers", a tweeté en fin de matinée le Premier ministre, Manuel Valls, tandis que François Hollande a réitéré son soutien par la voix de son porte-parole Stéphane Le Foll à l'issue du Conseil des ministres ce mercredi, tout comme le ministre de l'Intérieur. S'en prenant à l'opposition de droite et aux "théoriciens de la chienlit", Bernard Cazeneuve a également réfuté, à la sortie du Conseil des ministres, toute mollesse dans les instructions données aux forces de l'ordre face aux "casseurs".



"On peut comprendre que ces forces de l'ordre soient un peu exaspérées", avait auparavant commenté le directeur général de la Police nationale Jean-Marc Falcone sur Europe 1, évoquant des fonctionnaires "soumis à une grosse pression" depuis les attentats de l'année dernière, qui "se font agresser verbalement et physiquement". Des slogans tels que "Tout le monde déteste la police" sont de plus en plus entendus dans les manifestations. Les forces de l'ordre ont notamment été mises en cause après qu'un jeune homme a perdu l'usage d'un oeil, fin avril à Rennes, et une trentaine d'enquêtes de la "police des polices" (IGPN) ont été ouvertes.

Applaudie au lendemain des attentats de janvier 2015, la police jouit pourtant toujours d'une "image exceptionnelle" avec 82% des Français qui en ont une bonne opinion, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien.

 
236 commentaires - Voiture de police brûlée : une enquête pour homicide ouverte
  • Pour ceux qui qualifient les policiers de "porcs , entre autres douceurs , préconisons en 1
    Une bonne branlée
    en 2 , une branlée
    en 3 saisie de leurs avoirs , pour payer les dégâts et en 4
    Un stage encadré par "des policiers ", pour casser des cailloux , n'importe où ,i
    ls aiment tellement çà casser ......!
    ET LA PENSEE UNIQUE ICI , MAJORITAIRE à 22 % a dit refusé ! Quelle surprise !
    et un refus de plus , çà fait deux ! et de trois, on va jouer .....longtemps !
    ET DE 4!
    et de 5 ! et de 6 , prenons notre temps ! J'enregistre ....aussi !
    et on dira 7 ! sept refus !
    et de 8 !
    mes excuses , suis en retard , pour le refus 9!
    et 10 refus, donc ,j'ai droit à une image! même pas et de 11 !
    bof, et de 12 !
    et de 13 , çà va , Mr RICHARD ?
    et de 14 , on s'en lasse pas ! et de 15 refus , à quand un service de modération et de tolérance pour les modérateurs , pour des propos conformes à la charte ?
    et de 16 !!!

  • j' espère qu'on a prévenu Mr MARTINEZ de la CGT....car lui, qui ne voyait que des violences policières a dû être surpris....mais que voulez vous on ne lui dit pas tout à cet homme, ..quoique le voyant à la Télé s'enfuir à toutes jambes accompagné de son service d'ordre... je pense qu'il est maintenant au courant et, depuis qu'il a appris qu'il y a une enquête pour homicide qui est ouverte il est difficile pour lui que d' être étonné....le manque d'infos c' est toujours pénible, surtout au niveau d'une confédération syndicale çà fait désordre !!!

  • voilà les résultats !! depuis plus de deux mois que le gouvernement tolère tout ! l'immobilisme gouvernemental va faire basculer la situation ! et personne ne sera responsable surtout le premier d'entre eux !!

  • les journalistes qui voulaient faire le beuz et assister aux premiers morts? devraient être eux aussi poursuivis !! pour non assistance a personnes en danger !! que va faire la justice ? jusqu'à quand les policiers vont conserver leur calme ? jusqu'à quand ce gouvernement va être dans l'immobilisme ?

  • Quand je vois certaines réactions je comprends pourquoi notre pays va mal.Impossible à réformer à cause de certain syndicats qui vivent encore au 19em siécle

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