VIDÉO - Polémique sur la colonisation : Macron s'explique

VIDÉO - Polémique sur la colonisation : Macron s'explique

Emmanuel Macron le 13 février 2017 à Alger, en Algérie.

A lire aussi

Orange avec AFP, publié le jeudi 16 février 2017 à 20h07

POLITIQUE - Après avoir créé la polémique en qualifiant la colonisation française de "crime contre l'humanité", le candidat à la présidentielle accuse ses détracteurs "d'instrumentaliser ses propos à des fins électoralistes."

"La colonisation fait partie de l'histoire française, c'est un crime contre l'humanité, une vraie barbarie", a affirmé Emmanuel Macron mercredi 15 février lors d'un déplacement en Algérie. Une phrase qui n'a pas manqué de susciter l'indignation de la droite.

"Cette détestation de notre histoire, cette repentance permanente est indigne d'un candidat à la présidence de la République", s'est insurgé son adversaire à la présidentielle François Fillon mercredi soir lors d'un meeting. 

De son côté, la candidate Front nationale Marine Le Pen a critiqué jeudi 16 février sur sa page Facebook ses propos, les qualifiant de "crime" contre la France. "Y a-t-il quelque chose de plus grave, quand on veut être président de la République, que d'aller à l'étranger pour accuser le pays qu'on veut diriger de crime contre l'humanité?", a-t-elle demandé alors qu'elle répondait à quelques questions d'internautes.

Un terme "conforme"

Face aux critiques, Richard Ferrand, le secrétaire général du mouvement fondé par l'ex-ministre de l'Économie En Marche, a défendu jeudi son candidat. Pour le député socialiste du Finistère, ce terme est "conforme" à la redéfinition du crime contre l'humanité votée par le Parlement français en 2010, alors que le candidat de la droite à la présidentielle François Fillon était Premier ministre.

"Il faut être rigoureux. François Fillon a pas mal de trous de mémoire", a insisté l'élu breton lors de l'émission en ligne ".pol" (Huffington Post, JDD, L'internaute.com et Le Lab Europe 1). "Le crime contre l'humanité, dans son acception historique, avait une forte dimension génocidaire. La redéfinition de son concept est parfaitement conforme à ce que représente la colonisation", a pointé le soutien d'Emmanuel Macron.

Des propos instrumentalisés ?

Un peu plus tard, le prétendant à L'Élysée a lui-même pris la parole pour désamorcer la polémique dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. "Sommes-nous condamnés à vivre à jamais dans l'ombre de ce traumatisme pour nous deux pays", débute-il dans cette vidéo au style très présidentiel, avant de poursuivre : "Il est temps de clôturer ce deuil. Il faut pour cela avoir le courage de dire les choses et de ne céder à aucune simplification. C'est ce discours de vérité et de complexité que j'ai toujours tenu et que je tiens aujourd'hui."

Sans revenir sur ses propos, mais sans les renouveler, le candidat d'En Marche!, bien placé selon les sondages pour remporter la présidentielle, adresse plusieurs messages, aux anciens combattants de la guerre d'Algérie et aux pieds-noirs ayant dû quitter le pays en 1962. "Mes propos n'étaient pas destinés contre vous, en rien. C'était simplement reconnaître une responsabilité de l'État français et nous ne devons pas nous dérober", dit-il. Pour Emmanuel Macron, "la colonisation a introduit une modernité par effraction" et "des dizaines de milliers d'instituteurs, de médecins, de fermiers ont beaucoup donné à l'Algérie".

Quant aux pieds-noirs, ils "ont été les victimes de la politique algérienne de la France avant comme après la guerre : une colonisation à sens unique ne leur a pas laissé d'autre issue que de quitter brutalement et à jamais les terres où ils étaient nés. C'était une injustice et c'est encore une souffrance", dit-il. Il s'adresse également aux harkis, ces soldats algériens restés du côté de la puissance coloniale : ils "ont été les victimes de la trahison de l'État français" et "nous les avons abandonnés alors qu'ils s'étaient battus dans nos rangs". C'était une "faute" et une "trahison", déplore-t-il.

Concernant le passé colonial français, "il est temps de laisser le passé... passer. Sans repentance, et j'ai toujours été clair sur ce point, et sans refouler aussi", affirme-t-il. "Et je ne céderai rien à tous les responsables politiques qui aujourd'hui cherchent à instrumentaliser notre histoire, à instrumentaliser mes propos à des fins clientélistes ou électoralistes", ajoute-t-il.

"Un propos équilibré"

Plus tard, sur RTL, le candidat a affirmé qu'il avait "tenu un propos équilibré et qui consistait à dire en effet que des crimes ont été commis, des barbaries dans le cadre de la colonisation -en particulier dans les temps de guerre- et qu'en même temps une modernité par effraction s'est faite dans le cadre de cette colonisation", a-t-il dit.

Dans un entretien au Figaro à paraître vendredi 17 février s'est à nouveau justifié : "Je ne suis ni dans la repentance, ni dans le refoulé. Il faut nommer ce qui a été fait de mal, et reconnaître ce qui a été fait de bien. Je ne veux pas faire d'anachronisme ni évidemment comparer cela avec l'unicité de la Shoah, mais la colonisation a bel et bien comporté des crimes et des actes de barbarie que nous qualifierions aujourd'hui de crimes contre l'humanité."

 
289 commentaires - VIDÉO - Polémique sur la colonisation : Macron s'explique
  • Si la colonisation en Algérie a été un crime contre l’humanité, Macron, prétendant à l’Élysée devra s’attendre à être le président d’un pays, la France, qui devrait passer devant la Cour pénale internationale de La Haye, et assumer.

  • POLITIQUE - Après avoir créé la polémique en qualifiant la colonisation française de "crime contre l'humanité", le candidat à la présidentielle accuse ses détracteurs "d'instrumentaliser ses propos à des fins électoralistes."
    C'est toujours facile de dire que l'on INSTRUMENTE mais, les paroles veulent dire quelque chose ! "un bonnet BLANC et un BLANC bonnet ça veut bien dire pareil " Quand on croit que son instruction est de l'intelligence ont fait fausse route ! Si M. Le Pen avait dit ça il serait déjà devant les juges !

  • Y a-t-il crime contre l'humanité a garder des colonies comme la Guadeloupe, la Martinique, la Polynésie ou surtout Mayotte?

  • ce jeune garçon devrait se taire !!!!

  • Il est complétement absurde de juger l'histoire à l'aulne des concepts actuels et de notions qui n'ont été définies que bien après. Se souvient on qu'en 1830, la France n'est intervenue en Algérie, avec l'approbation des autres puissances (Angleterre, USA, Allemagne, Italie), que parce que les "Barbaresques Maghrébins" faisaient du piratage sur la navigation de nos navires marchands en Méditerranée sans aucune déclaration de guerre, allant même jusqu'à réduire en esclavage les prisonniers de ces navires ou ceux razziés sur les côtes européennes de la Méditerranée (Corse, Sardaigne, Sicile, Malte, Provence, Italie, Espagne, ...) . Se souvient t-on que Maures et Sarrasins ont envahit et occupé le Sud de la France et notamment la Provence et la Corse pendant presque 500 ans ?
    Nous ne sommes pas devenus amnésiques et n'avons rien oublié. Ce qui n'est pas le cas de M. Macron qui souffre d'amnésie sélective antipatriotique. Alors même qu'il aspire à devenir le premier personnage de l’État, il dénigre de façon indigne et scandaleuse son propre pays à l'étranger au lieu de le défendre.
    Dans ce genre de logique, on peut remettre à plat l'histoire de toutes les nations de la planète dont aucune n'est irréprochable et en faire des procès à l'infini. Cela n'apportera rien que la division. C'est l'avenir qui compte pas un passé qu'on ne peut changer.

  • [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]