VIDÉO. Opération antiterroriste en lien avec des motards jihadistes : ce que l'on sait

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 Des hommes de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) dans une rue de Wattignies (Nord) mercredi 5 juillet, lors d\

Des hommes de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) dans une rue de Wattignies (Nord) mercredi 5 juillet, lors d'un vaste coup de filet antiterroriste.

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© AFP, DENIS CHARLET
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Orange avec AFP, publié le mercredi 05 juillet 2017 à 16h57

Cinq personnes ont été interpellées mercredi 5 juillet, dans le Nord et à Bruxelles, durant une opération franco-belge, soupçonnées d'avoir préparé un attentat. Les suspects seraient liés aux "Kamikaze Riders", un gang de motards belges dont certains appartiennent à la mouvance jihadiste. 

Quatre des suspects ont été arrêtés lors d'une série de perquisitions à Anderlecht, commune populaire de l'agglomération bruxelloise. Un cinquième homme, soupçonné de projeter "une action violente", selon une source proche du dossier, a été interpellé à Wattignies (Nord), dans la banlieue de Lille.

Deux frères ayant des antécédents judiciaires figurent parmi les quatre suspects arrêtés en Belgique, selon la chaîne flamande VRT. Un juge d'instruction belge spécialisé en matière de terrorisme doit décider dans la journée s'il les maintient en détention.

Un gang de motards fondé par un recruteur de jihadistes

Les cinq suspects auraient "un lien direct avec des membres des Kamikaze Riders", précise à l'AFP un porte-parole du parquet fédéral belge, Eric Van der Sypt. Derrière ce nom, une bande de motards fondée en 2003 par Saïd Saouti, un homme radicalisé condamné en octobre 2016 pour "participation aux activités d'un groupe terroriste". Il recrutait notamment des personnes en vue de commettre des "infractions terroristes". Le tribunal correctionnel de Bruxelles s'était fondé sur les nombreuses vidéos faisant l'apologie du jihad qu'il avait postées sur internet.

Les six perquisitions à Anderlecht ont permis aux policiers belges de découvrir "plusieurs armes" dans un box de garage, précise le parquet fédéral. "Au moins deux kalachnikov" figurent parmi l'arsenal retrouvé, selon une source proche du dossier.

Vaste opération nocturne dans la banlieue de Lille

Côté français, au moins une trentaine de policiers lourdement armés ont été déployés pour interpeller le suspect à Wattignies, près de Lille, mercredi au petit matin. "J'ai entendu des bruits très violents vers 3h30", raconte Jean-Pierre Rabouin, qui habite près de la petite maison où le suspect vivait avec sa femme et ses enfants depuis l'hiver. La porte avait été défoncée aux explosifs par les policiers, qui ont aussi inspecté les jardins avoisinants, raconte une autre voisine sous couvert d'anonymat. Elle décrit l'homme interpellé comme "très charmant et poli".

Selon les précisions de La Voix du Nord, qui parle du suspect comme d'un "jeune homme", il avait pris la fuite avant d'être interpellé vers 4 heures du matin, "vêtu d'un simple bermuda et d'un t-shirt". "Cette intervention s'est produite à quelques dizaines de mètres de la rue Vandorme, où un jeune homme soupçonné de préparer un attentat avait été arrêté il y a quelques mois", précise le quotidien régional. 

Aucun lien avec les attentats de Paris et Bruxelles

"Ce dossier est totalement distinct" des enquêtes menées en Belgique sur les attentats de Paris du 13 novembre 2015, qui avaient fait 130 morts, et sur les attaques qui ont fait 32 morts à l'aéroport et dans le métro de Bruxelles le 22 mars 2016, souligne le parquet fédéral belge. L'enquête a montré que c'est la seule et même cellule qui avait préparé ces deux attentats revendiqués par l'organisation État islamique (EI). Le parquet fédéral belge précise aussi que ces arrestations n'ont "aucun lien" avec l'attentat avorté à la Gare centrale du Bruxelles, le 21 juin dernier, où un homme soupçonné de vouloir commettre un attentat est mort après l'explosion de sa valise bourrée d'explosifs dans un sous-sol de la gare.

Projets d'attentats fin 2015 en Belgique

Saïd Saouti, le fondateur des "Kamikaze Riders", avait été arrêté le 27 décembre 2015 à Anderlecht en même temps qu'un autre membre de la bande, Mohamed Karay. Ils étaient soupçonnés de projeter des attentats similaires à ceux de Paris. Parmi leurs cibles présumées, "plusieurs lieux emblématiques" de la capitale belge, comme la Grand-Place ou le commissariat central. La Belgique vivait alors depuis six semaines au rythme des opérations antiterroristes pour retrouver Salah Abdeslam, le seul survivant des commandos de Paris, en cavale, et découvrir les caches des jihadistes. Les festivités du Nouvel An, et notamment le feu d'artifice sur la Grand-Place, avaient été annulés à la suite de ces arrestations.

Mais lors de leur procès, le parquet avait fini par demander un non lieu pour les accusations portant sur la planification d'un attentat, faute d'avoir pu mettre la main sur des armes ou des explosifs pendant l'enquête. Mohamed Karay, condamné pour "tentative d'appartenance à un groupe terroriste", avait écopé de trois ans de prison, dont une partie avec sursis.

 
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