VIDÉO - L214 dénonce le traitement des cochons dans un abattoir des Yvelines

VIDÉO - L214 dénonce le traitement des cochons dans un abattoir des Yvelines

Une capture d'écran de la vidéo diffusée par L214 en novembre 2016 sur l'abattoir de Limoges.

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Orange avec AFP, publié le vendredi 17 février 2017 à 15h47

Alors qu'Envoyé Spécial a diffusé un reportage sur les conditions de travail des hommes dans les abattoirs où l'association L214 dénonce les conditions d'abattage, cette dernière a diffusé vendredi 17 février de nouvelles vidéos sur l'établissement d'Houdan dans les Yvelines, contre lequel elle entend porter plainte.

Ces nouvelles vidéos tournées fin novembre et début décembre 2016 montrent des porcs obligés d'avancer dans un couloir étroit par un employé muni d'un battoir et d'un pistolet électrique. Elles sont visibles sur le site de l'association. L'association dénonce dans un communiqué des "chocs électriques et des coups (...) constamment distribués", des "couloir et rampes (...) très mal conçus" et une capacité d'accueil de la porcherie "sous-dimensionnée" où "les cochons sont entassés sans avoir tous la possibilité de se coucher".

Interrogé vendredi matin, le directeur de l'abattoir Vincent Harang, a indiqué "ne pas cautionner" le comportement de l'employé mis en cause, qui a depuis été "écarté" de ce poste. "Après ça, nous avons fait une grosse réunion. Et depuis toujours, on forme tous nos employés lors de l'embauche, puis de la formation continue", a souligné M. Harang, qui emploie 90 salariés pour une production de 2.500 porcs par semaine.

D'après l'association, l'abattoir de Houdan "est un des premiers abattoirs à avoir installé des caméras de contrôle vidéo, mais les images sont uniquement consultées par le directeur de l'abattoir".

Le problème de la vidéosurveillance

M. Harang a indiqué qu'il laissait les vidéos à la disposition des services vétérinaires, en citant un précédent, lorsque ses caméras de surveillance avaient permis d'établir qu'un transporteur avait mal déchargé les bêtes, leur occasionnant plusieurs fractures.

Mais pour la porte-parole de l'association, Brigitte Gothière, disposer de caméras de contrôle vidéo "n'est en rien un rempart à la maltraitance des animaux en abattoir". "Tant que les vidéos resteront en circuit fermé au sein des abattoirs, il ne faut pas espérer que ce dispositif permette un contrôle efficace", a-t-elle ajouté dans le communiqué.

L214 a indiqué qu'elle allait porter plainte pour "maltraitance" contre l'abattoir de Houdan auprès du tribunal de grande instance de Versailles.

L214 est coutumière de ce genre de dénonciations publiques. Elle a publié depuis 2013 plus d'une dizaine de vidéos montrant des dysfonctionnements dans des abattoirs à travers la France, dans le but affiché de "démontrer l'impact négatif de la consommation de produits animaux".

En décembre 2016, deux militants de L214, dont son cofondateur Sébastien Arsac, avaient été interpellés de nuit dans cet abattoir des Yvelines alors qu'ils venaient recharger les caméras filmant l'endormissement au CO2 des porcs avant abattage. L'association avait toutefois déjà pu collecter des images issues de cet abattoir, précise-t-elle.

Les deux militants sont convoqués devant le tribunal correctionnel de Versailles le 12 juin 2017.

Deux mondes irréconciliables ?

Dans son reportage du jeudi 16 février, Envoyé Spécial a donné la parole à un employé livré à la vindicte populaire après la diffusion d'une vidéo par l'association L214 où il doit étourdir à plusieurs reprises des porcs dans un abattoir de Limoges. 

Sous couvert d'anonymat, Marc explique ce qu'il vit depuis le mois de novembre, quand une vidéo de L214 où il apparaît, a été diffusée. "Même la nuit, c'était chaud... Je me revoyais dans la vidéo...". Il raconte aussi sa souffrance à la lecture des commentaires violents sous la vidéo comme celui-ci : "J'espère que ce gars-là, il a pas d'enfants... Il pourrait se lever la nuit pour les saigner comme les cochons..."

Le pire pour Marc, qui exerce son métier depuis 13 ans, c'est qu'il ne voit pas où est le mal à abattre des cochons pour "le résultat à la fin : de la viande dans l'assiette".

Geoffrey Le Guilcher, l'un des journalistes qui a réalisé le documentaire d'Envoyé Spécial et auteur de Steak Machine, aux éditions Goutte d'Or, confie sa propre expérience dans un abattoir breton et témoigne de ce qu'il a vu. "On ne comprend pas la souffrance animale si on ne comprend la souffrance humaine."

"On travaille huit heures par jour. On a une seule pause de vingt minutes dans la journée. Tous les collègues ont des séquelles physiques. Cela va d'un homme qui a 50 ans qui apprend qu'il va devoir être arrêté définitivement, à un collègue de 28 ans qui doit être opéré des deux côtés du canal carpien. C'est banal là-bas", expliquait-il vendredi sur franceinfo.

 
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