VIDÉO. Affaire Grégory : "menacée de mort" en prison, Murielle Bolle a commencé une grève de la faim

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 Murielle Bolle dans son jardin à Granges-sur-Vologne (Vosges) le 21 juin 2017. La belle-soeur de Bernard Laroche a entamé une grève de la faim jeudi 6 juillet pour protester contre sa détention.

Murielle Bolle dans son jardin à Granges-sur-Vologne (Vosges) le 21 juin 2017. La belle-soeur de Bernard Laroche a entamé une grève de la faim jeudi 6 juillet pour protester contre sa détention.

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© AFP, PATRICK HERTZOG
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Orange avec AFP, publié le jeudi 06 juillet 2017 à 18h31

La belle-soeur de Bernard Laroche, témoin-clé dans l'assassinat du petit garçon en 1984, incarcérée à Dijon depuis une semaine, commence une grève de la faim pour protester contre les conditions de sa détention, selon Le Bien public et BFMTV. Elle demande une confrontation avec le cousin dont le récent témoignage l'accable. 

Incarcérée et mise en examen le 29 juin, soupçonnée d'enlèvement, Murielle Bolle a entamé une grève de la faim jeudi 6 juillet, révèlent Le Bien public et BFMTV. "Elle est menacée de mort, elle est à l'isolement mais elle n'en peut plus, explique à la chaîne d'information son avocat, Me Jean-Paul Teissonnière. Elle vit un cauchemar ! Elle clame son innocence (...) Pour protester, Murielle Bolle a débuté ce jour une grève de la faim". 

Elle demande en outre à être confrontée "au plus vite" au cousin qui l'incrimine, dont le récent témoignage est "un tissu d'inepties", précise à l'AFP Christophe Ballorie, son second avocat. 

Le témoignage accablant d'un mystérieux cousin

Le cousin en question, dont le témoignage a été révélé cette semaine par Le Figaro et Le Parisien, aurait assisté à une soirée chez les parents de Murielle Bolle, après son témoignage incriminant Bernard Laroche,  au début de l'enquête en 1984. Il a tout récemment raconté aux enquêteurs qu'elle aurait alors été lynchée par sa famille, ses parents notamment, afin qu'elle modifie son témoignage. Ce qu'elle fit deux jours plus tard. 

"Elle ne peut pas sortir, elle ne peut aller en promenade, elle ne peut pas aller à la douche sans recevoir des bordées d'injures et des menaces de mort", explique Me Ballorin à BFMTV. Il estime que son placement en détention la stigmatise comme "assassin du petit Grégory". "Radio prison a ainsi réduit le propos : Murielle Bolle, qui est innocente, est l'assassin du petit Grégory, déplore l'avocat. À partir de là, un assassin d'enfant c'est quelqu'un d'abominable."

Où pourrait-elle être accueillie ?

"Le personnel pénitentiaire de la maison d'arrêt de Dijon se comporte de manière remarquable, expliquait Me Teissonnière mardi à BFMTV. L'entourage et les gens qui sont détenus avec elle ne se comportent pas de la même manière." "Le problème qui n'a pu être surmonté, c'est la question de l'hébergement" dans la famille, a expliqué Me Teissonnière, à sa sortie de la cour d'appel de Dijon mardi. "Il est prévu dans les semaines qui viennent des auditions, peut-être des confrontations avec des membres de la famille" et les magistrats voulaient "éviter la concertation". 

Les avocats de Murielle Bolle lui cherchent donc un hébergement, comme ils l'indiquent au Bien public. "C'est très compliqué : elle n'a pas d'attaches ni d'amis hors des Vosges, alors qu'elle ne peut pas y aller... Si une congrégation religieuse ou une maison du diocèse peut l'accueillir en Côte-d'Or, nous sommes preneurs...", explique Me Ballorin. 

L'arrestation des Jacob a relancé l'affaire

Murielle Bolle, 48 ans, a été maintenue en détention mardi, deux semaines après la remise en liberté des époux Jacob. Elle a été mise en examen et écrouée à titre conservatoire jeudi 29 juin. Sa rétractation éclair, 32 ans plus tôt, après son témoignage accablant Bernard Laroche pour le rapt du garçon de quatre ans retrouvé mort dans la Vologne, est au cœur des investigations.

À la mi-juin, l'arrestation de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, avait relancé spectaculairement ce dossier des plus énigmatiques. Les deux septuagénaires, jamais inquiétés jusqu'alors, auraient été les fameux "corbeaux" de l'affaire mais pas seulement : mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort, ils auraient participé à un crime "collectif" dont le scénario et les rôles restent à préciser. 

"Une sacrée volée" 

L'accusation cherche pour cela à démêler le vrai du faux dans les dires de Murielle Bolle, âgée de 15 ans au moment du drame. Ce 16 octobre 1984, son beau-frère de 29 ans est-il venu la chercher en voiture à la sortie du collège avant de passer prendre Grégory chez ses parents, comme elle l'avait d'abord raconté aux gendarmes puis au juge Lambert ? Ou bien l'a-t-on forcée à le dire, comme elle l'avait affirmé le lendemain et comme elle le maintient depuis ? 

Pour les enquêteurs, ce n'est pas en garde à vue mais dans sa famille que Murielle Bolle aurait "subi des pressions" après l'inculpation de Laroche. Le procureur général avait évoqué la semaine dernière le "témoignage récent" et "très précis" d'un "parent" affirmant avoir "vraiment vu ce qui s'est passé" le soir du 5 novembre 1984. Cet homme de 54 ans, qui se présente comme un cousin germain de Murielle Bolle, a répété le 4 juin au Parisien qu'elle avait pris "une sacrée volée" ce soir-là. Dans le dossier, d'autres témoins indiquaient depuis longtemps que Murielle aurait été "malmenée". Mais celui qui s'est exprimé au lendemain de la mise en cause des Jacob ne figurait nulle part. 

Le témoignage du "cousin" mis à mal

Pour Me Teissonnière, ce nouveau témoignage ne tient pas : le juge devant lequel sa cliente s'était rétractée "n'a jamais constaté un visage tuméfié" au lendemain de ces prétendues violences. Et "nous avons la certitude que ceux qu'on nous présente comme les participants (à cette soirée) n'étaient pas là", souligne l'avocat. D'après l'audition du cousin, citée le 4 juin par Le Figaro, Murielle Bolle lui aurait en outre fait des confidences après son passage à tabac. Mais celles-ci ne collent pas avec les déclarations de la jeune fille à l'époque. Elle lui aurait raconté en effet que Laroche avait remis "le gamin à deux personnes", ce qu'elle n'a jamais dit aux gendarmes, ni au juge, en 1984. 

Dans son arrêt de 1993 innocentant Christine Villemin, la cour d'appel de Dijon considérait que l'adolescente avait menti en se rétractant et que sa présence dans la voiture avait "facilité l'enlèvement". Mais sans savoir ce qui se tramait : la justice écartait alors toute "intention criminelle" de sa part. 

L'accusation envisage désormais qu'elle a pu participer sciemment au rapt. "Même si on prend la version accusatrice de Murielle (contre Laroche en 1984, ndlr), sur laquelle elle est revenue à de nombreuses reprises, elle n'a joué aucun rôle actif", rétorque Me Gérard Welzer, avocat de Marie-Ange Laroche, sœur de Murielle et veuve de Bernard.

Un crime jamais résolu, un corbeau, Marguerite Duras accusant une mère sans preuve... Depuis plus de 30 ans, l'assassinat du petit Grégory, revenu à la Une ces dernières semaines, fascine bien au-delà du simple fait divers au point d'être considéré comme l'une des plus grandes affaires criminelles françaises. "Ça aurait pu être une affaire de meurtre ou de disparition d'enfants parmi d'autres" sans la succession de rebondissements, affirme Alain Bauer, professeur de criminologie au conservatoire national des Arts et Métiers à Paris. Au départ, il y a une scène qui "a frappé l'imagination", celle du crime sordide d'un enfant. "Après, s'est greffé le mystère et on a été servi en la matière", renchérit l'historien Bernard Oudin.

 
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