Val-d'Oise : un lycée en grève contre des "classes surchargées"

Val-d'Oise : un lycée en grève contre des "classes surchargées"

Les enseignants du lycée René-Cassin se sont mis en grève dès le lendemain de la rentrée (photo d'illustration).

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Orange avec AFP, publié le jeudi 15 septembre 2016 à 19h47

Les enseignants de lycée René-Cassin à Gonesse (Val-d'Oise) sont "exaspérés". Ils sont en grève depuis le 2 septembre pour protester contre des classes surchargées : deux classes de première de cet établissement général et technologique comptent 36 élèves, tandis que les classes de seconde ont un effectif entre 34 et 35 élèves.

Ils demandent l'ouverte immédiate d'une demi-classe supplémentaire. Des parents d'élèves ont rejoint le mouvement mercredi.

"Trente-six élèves, c'est la goutte d'eau qui nous a fait réagir", explique au Monde Marc Oudot, professeur d'histoire-géographie et membre du syndicat Snes-FSU. "Qui peut prétendre qu'il est possible de faire cours correctement avec de tels effectifs ?". Pour sa collègue, Alexandra Huguet, professeur de français au lycée René Cassin, assurer un cours relève presque de l'exploit : "Concrètement, je ne peux même pas écrire au tableau tellement je suis collée à mon bureau", explique-t-elle. Certaines classes manquent également de tables et de chaises, laissant les élèves "agglutinés".

La situation pose également des questions de sécurité, notamment en cours de physique-chimie ou de sciences naturelles. "Non seulement on ne peut pas assure de suivi individuel, mais le plus grave, c'est qu'on risque de ne pas pouvoir respecter les programmes", poursuit Arnaud Welfringer, professeur de lettre syndiqué à la CGT. "À 36, pour faire de l'accompagnement personnalisé, très cher à la ministre de l'Éducation (Najat Vallaud-Belkacem, ndlr), c'est impossible", a surenchéri jeudi sur BFMTV et RMC Romain Poncet, professeur d'histoire-géographie. "Cela fait deux semaines qu'on nous répond par du mépris, par des propositions inacceptables et irréalisables (...) On ne travaille pas chez Ryanair mais à l'Éducation nationale. On n'est pas là pour surbooker des gens".

"L'ÉCOLE DÉMISSIONNE DANS LES BANLIEUES"

Depuis mercredi 14 septembre, les professeurs ont été rejoints par des parents d'élèves qui participent au blocus de l'établissement. Résultat ? Il n'y a eu aucun cours mercredi et le blocage a été reconduit ce jeudi. Depuis la rentrée, certains élèves n'ont eu qu'une dizaine d'heures de cours. "C'est sûr qu'on s'inquiète pour notre année, mais c'est presque ridicule de venir en cours dans ces conditions", a confié au quotidien une élève de première STMG (sciences et technologies du management et de la gestion). "Je redouble ma seconde et je ne vois pas du tout comment je vais réussir", poursuit une autre élève interrogé par Le Monde.

"En banlieue, ces jeunes partent déjà avec un tas d'obstacles", s'insurge Mathilde Doubinsky, enseignante en lettres, qui dénonce "le fossé entre les discours sur l'égalité des chances et la réalité du terrain". "On dit que la République ne s'exprime plus dans les banlieues, mais c'est parce que l'école est en train d'y démissionner".

En 2014, la moyenne nationale pour les lycées publics était de 29,8 élèves par classe. L'inspection académique explique de son côté au Monde l'augmentation des effectifs par classe (+2,9% dans les lycées généraux et technologiques, +3,2% au lycée René-Cassin) par la conjonction d'une "poussée démographique" et la "difficulté croissance à recruter des professeurs".
 
104 commentaires - Val-d'Oise : un lycée en grève contre des "classes surchargées"
  • c'est faux, la ministre nous dit que les classes sont à peine remplie, et je la crois, car jamais un parti politique comme le PS a dit autant de vérité, que le peuple constate tous les jours à travers les baisses d'impôt, les hausses de retraite, la baissee du chomage etc....

  • dommage que l"on ne puisse critiquer ,il y a tant à dire sur beaucoup ,hélas le silence est imposé ,alors que tous revendiquent la liberté dexpression

  • 40 ans d'enseignement et j'ai connu des classes à 40 élèves dans des lycées techonologiques : aucun problème sérieux car dans leur immense majorité ces jeunes avaient envie d'apprendre. J'ai aussi connu des classes à 15-16 infernales avec des gamins qui n'avaient rien à fiare des cours.Cherchez l'erreur.

    techonologiques.......fiare...
    J’espère que ce sont vos doigts qui ont "ripé" sur le clavier......

  • Après 2017 et l'éviction de Hollande, la droite va remédier au problème en supprimant des dizaines de milliers de postes.

  • mais les pauvres cheries, ils sont parait il trop nombreux.
    mais de mon temps il y avait des classes de 45 à 50 mais de notre temps , nous y venions pour y travailler, ce n'est plus le cas aujourd'hui.

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