Une start-up parie sur des insectes à l'apéritif

Une start-up parie sur des insectes à l'apéritif

Photo prise au sein de l'entreprise "L'Atelier à pâtes" qui fabrique des féculents à base de criquets, le 8 février 2016 à Thiefosse.

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Orange avec AFP, publié le samedi 13 août 2016 à 15h15

- Depuis quelques années, la consommation d'insectes est présentée comme un remède à la faim dans le monde. En France, la filière a créé plus de 600 emplois en cinq ans.

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Des vers de farine et des criquets entiers, assaisonnés avec diverses épices puis plongés 30 minutes au four. C'est la recette simple et originale que concocte l'entreprise Jimini's. "C'est comme une chips un criquet. On recommande d'enlever les ailes avant de le consommer car c'est très fin et ça risque de se coincer dans la gorge", prévient sur I-Télé Raphaëlle Browaeys, chargée de communication au sein de cette start-up, basée en Seine-et-Marne.

Produits aux Pays-Bas et "nourris exclusivement avec des farines végétales sans OGM", assure l'entreprise, les insectes sont ensuite transformés dans l'usine, située en région parisienne. Créée il y a deux ans, comme d'autres, la jeune start-up a décidé de parier sur l'entomophagie, la consommation d'insectes. Et en vante les nombreuses vertus. "L'élevage nécessite très peu d'eau et d'espace", fait valoir Raphaëlle Browaeys. Les ressources nutritives en protéines, fer, oméga 3 et 6 en feraient également un aliment riche.

Autre argument commercial mis en avant, la protection de l'environnement. "Les insectes représentent 80% de la biomasse terrestre, de quoi nourrir plusieurs fois la planète avec 1.900 espèces comestibles", indique l'entreprise sur son site. Élever des insectes produirait également "jusqu'à 99% de CO2/méthane en moins" que l'élevage traditionnel, responsable "de 20% des émissions mondiales annuelles". L'idée de Jimini's est donc d'en faire un produit de grande consommation bien que le prix - six euros la boîte de criquets - reste encore élevé.

UN REMÈDE À LA FAIM

Depuis quelques années, la consommation d'insectes est aussi présentée comme un remède à la faim dans le monde. Dans un rapport de 2013, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture en a même recommandé l'élevage à grande échelle, rappelle Libération. Les insectes font d'ailleurs déjà partie des habitudes alimentaires de 2,5 milliards de personnes sur Terre, surtout en Asie, Amérique latine et Afrique centrale.

En France, quelques entrepreneurs tentent de surfer sur cette tendance. Même si l'engouement n'est pas encore réel, selon la Fédération française des producteurs, importateurs et distributeurs d'insectes (FFPIDI), plus de 600 emplois ont été créés dans la filière en cinq ans, et ce chiffre pourrait être multiplié par dix d'ici à 2020.

Mais se lancer dans ce secteur est difficile. Pour obtenir une autorisation européenne, chaque entreprise doit d'abord prouver que les insectes commercialisés ne présentent aucun danger pour le consommateur. D'autant que les risques sanitaires liés à cette production font toujours débat. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a d'ailleurs pointé dans son rapport de 2014 le manque d'études scientifiques concernant les risques liés à leur élevage, leur transformation et leur consommation.

 
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