Un salon de beauté qui rend des migrantes "un peu plus comme les autres femmes"

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 Une femme reçoit des conseils dans le salon solidaire Joséphine à Paris, le 18 mai 2017

Une femme reçoit des conseils dans le salon solidaire Joséphine à Paris, le 18 mai 2017

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© AFP, GEOFFROY VAN DER HASSELT
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AFP, publié le vendredi 19 mai 2017 à 09h53

"Ils m'ont rendu un peu de beauté". Observant ses ongles faits et ses cheveux lissés dans le coin d'un miroir du salon solidaire Joséphine à Paris, Nogobala, hébergée dans un Centre d'accueil pour demandeurs d'asile (Cada), dit se sentir "un peu plus comme les autres femmes".

Il y a six mois, cette jeune femme a fui la Côte d'Ivoire avec ses deux enfants, pour éviter que sa fille de huit ans ne se fasse exciser. Depuis, elle attend une réponse de l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (Ofpra) à sa demande d'asile.

"Leur vie est suspendue à cette réponse et c'est même difficile pour ces femmes de parler d'autre chose. Alors même si les soins de beauté, ça ne fait pas vraiment partie de nos missions en tant que Cada, on a proposé à certaines des femmes que nous suivons de participer à la journée +Femmes en fête+ car ça leur permet, pendant un temps, de ne pas réfléchir à leurs problèmes administratifs et sociaux", explique Souourou Hungbo, du Groupe SOS Solidarité, qui vient en aide aux migrants.

Comme Nogobala, 20.000 femmes, migrantes, précaires ou encore victimes de violences se feront coiffer, maquiller ou recevront des cadeaux (produits cosmétiques, bijoux, sacs à mains...) pendant ces journées organisées du 16 mai au 6 juin par l'association Dons solidaires, dans cinq villes en France.

"On s'adresse à des femmes qui ne savent plus ce que c'est qu'une coupe de cheveux et d'être maquillées parce qu'elles n'ont ni le temps, ni les moyens. Leur offrir cette parenthèse, ça contribue à restaurer l'image qu'elles ont d'elles-mêmes", explique Dominique Besançon, déléguée générale de l'association qui redistribue chaque semaine l'équivalent de 600.000 euros de produits non alimentaires invendus, récoltés auprès de 110 entreprises.

Selon l'association, neuf millions de personnes en France vivent sous le seuil de pauvreté et 53% d'entre elles sont des femmes. 

- Débrouille - 

"Pour les couleurs, il faut bidouiller et le résultat n'est pas toujours tout à fait celui attendu, mais c'est le temps qu'on consacre à ces femmes qui compte", estime Julien Mulot, un des coiffeurs bénévoles du salon du XVIIIe arrondissement de Paris.

Ici, les produits utilisés pour les soins sont uniquement issus de dons d'une grande marque de cosmétique, alors "il n'y a pas tout, il faut savoir se débrouiller", sourit le coiffeur de 38 ans, qui parle sans interrompre le mouvement de ses ciseaux.

Assise devant lui, Virginie, originaire de République démocratique du Congo, une crème blanche et pâteuse sur la tête, se dit "soulagée" d'avoir enfin pu soigner ses cheveux et retirer ses extensions.

Arrivée il y a un an et demi en France en laissant derrière elle ses trois enfants, cette grande femme aux épaules carrées a débarqué avec un sac à dos ne contenant rien d'autre qu'un pantalon et un t-shirt.

"Ici, je n'ai rien. Et mon pays, je ne peux pas y retourner. Mais je suis contente d'être dans ce salon, parce que nous les femmes, on a besoin de ça", dit-elle. 

 
9 commentaires - Un salon de beauté qui rend des migrantes "un peu plus comme les autres femmes"
  • certainement pas dans le 10 ou le 18 éme ....

  • elles peuvent avec les copains aller dans un autre état de leur même ethnie
    plutôt que l'Europe pour refaire leur "façade"
    des française n'ont pas cette possibilité dans leur propre pays !!! ou payer très cher ......

  • Les migranTES, sont prête a faire des efforts, bravo, il faut les encourager, quand aux SDF on a beau leur tendre la main, a 90% ils la refuse......que peut on faire de plus......

  • "...pour éviter que sa fille de 8 ans ne soit excisée." Voilà, entre autres, le type d'atrocités que fuient les réfugiés! Cette initiative est particulièrement sympathique. Apporter à ces femmes un peu de soin, de chaleur, c'est une bonne chose. L'homme ne vit pas que de pain, la femme non plus. Alors je ne vois pas ce qui fait dire à fhrimann_29 que "la France est arrivée bien bas".

    Rien n'est si simple Parce qu'on peut aussi que c'est en restant et en se battant qu'on peu faire changer les choses !! Cf le travail des enfants au XIX é en France !!!!!

  • Je vous dirai que je suis féminine et très coquette (58 ans) et cela fait 20 ans que je n'ai pas mis les pieds chez un coiffeur.
    Je coupe les cheveux moi même, j'ai les cheveux mi-longs et une frange et je teints les cheveux moi-même.
    Je fais mes ongles moi même, je me maquille moi même, je m'épile moi même....
    Pourtant j'ai les moyens !!Pour moi c'est un PLAISIR de m'entretenir....
    Quand je lis cela !!!!!
    incroyable mais vrai !!

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