Un ex-principal de collège fait débat en dénonçant "l'emprise" de l'islamisme

Un ex-principal de collège fait débat en dénonçant "l'emprise" de l'islamisme

Devant un établissement scolaire à Marseille, le 28 novembre 2016

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AFP, publié le dimanche 03 septembre 2017 à 15h51

Un ex-principal de collèges sensibles de Marseille suscite le débat en dénonçant dans un livre la "loi du silence" qu'il dit avoir affrontée face à "l'emprise" de l'islamisme, un constat jugé alarmiste et dépassé par le rectorat et une partie de ses anciens collègues.

"Imam de la République": c'est ainsi que Bernard Ravet, 64 ans, principal de trois collèges situés dans des quartiers très défavorisés de Marseille entre 1999 et 2012, se rebaptise dans son livre, paru pour la rentrée ("Principal de collège ou imam de la République", éditions Kéro).

L'ancien chef d'établissement relate ses années passées à "maintenir les valeurs de la République contre vents et marées", face aux difficultés sociales, à la violence et au trafic de drogue, ainsi qu'aux tentatives d'entrisme de l'islam, parfois radical.

"Il y a urgence", clame M. Ravet, qui déplore l'abandon dont seraient victimes les personnels des collèges de la part de l'Éducation nationale "face à la montée de l'emprise du religieux".

L'auteur en égrène quelques exemples: la découverte qu'un surveillant se livre au prosélytisme, la lutte autour de "la grille", que de plus en plus d'élèves tentent de franchir voilées, ou l'antisémitisme qui le contraint, préventivement, à orienter un élève juif venu d'Israël vers un collège confessionnel.

"Depuis plus de dix ans, le fanatisme frappe à la porte de dizaines d'établissements. Il cherche à empiéter sur le territoire physique de la République, centimètre par centimètre, en imposant ses signes et ses normes", résume-t-il. "Il faut en finir avec la loi du silence" plaide l'ancien principal qui affirme s'être "longtemps tu par respect du devoir de réserve". 

- 'Contreproductif' -

Son cri d'alarme ne passe pas au SNPDEN, le syndicat ultra-majoritaire des chefs d'établissements, qui dénonce une approche "globalisante" et "contreproductive": le livre "pourrait laisser penser qu'il dit tout haut ce que la majorité d'entre nous ne pourraient exprimer. Or ce n'est pas le cas".

"Le bouquin donne un côté à la fois systématique et dramatique à la question en faisant comme si rien n'était fait", regrette de son côté Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, le premier syndicat des enseignants du second degré. "Il ne s'agit pas de nier qu'il y a un certain nombre de problèmes", mais les chefs d'établissement "ne restent pas passifs".

"Oui, il y a plus de filles voilées qu'avant, oui, les élèves font tous ou presque le ramadan, oui, ils mangent halal", témoigne de son côté sous couvert d'anonymat auprès de l'AFP une enseignante du collège Versailles, cité à de nombreuses reprises dans le livre. Elle récuse cependant l'idée d'une "+islamisation+ du collège", voyant dans ces évolutions des changements visibles dans l'ensemble de la société.

"Je me désole de cette présentation stigmatisante pour l'éducation prioritaire, qui a bien d'autres problèmes, comme la suppression des emplois aidés qui décime la vie scolaire", ajoute Caroline Chevé, professeur au lycée Saint-Exupéry, au cœur des quartiers nord, et représentante du SNES.

L'académie d'Aix-Marseille recense quelques "difficultés de fonctionnement" de certains établissements autour du ramadan ou des "objections" essuyés par des profs de sciences lors de leurs cours, et "ne nie pas ces défis", mais "ce n'est pas massif", pointe de son côté le recteur, Bernard Beignier.

"Le grave défaut de ce livre, c'est un problème de concordance des temps. On ne peut pas dire que ça se passe pareil en 2017" qu'avant les attentats de janvier 2015, qui ont été "un électrochoc" : "L'attention de tous est aujourd'hui portée vers le risque de radicalisation", assure-t-il.

"Nous ne sommes pas à l'abri" de tentatives "d'entrisme de la part de certains mouvements intégristes", reconnaît-il, mais aujourd'hui ces faits sont signalés de manière "extrêmement simple" au rectorat et répercutés à la préfecture de police.

"Ne pas dire, c'est une forme d'auto-censure", affirme de son côté l'auteur du livre, interrogé par l'AFP. Déçu par les critiques de ses ex-collègues, il affirme avoir reçu des témoignages d'enseignants qui vivent des situations comparables.

 
548 commentaires - Un ex-principal de collège fait débat en dénonçant "l'emprise" de l'islamisme
  • Ou est le mal? Est il interdit de dire la vérité en France?

  • Je connais très bien ce quartier et un des'établissements scolaires dont ce principal se permet une description très orientée. Cet établissement a été à l'avant garde de recherches pédagogiques classes trilingues et bilingues des expérimentations très sérieuses ont été menées pour remédier à l'échec scolaire, actuellement une chorale et un orchestre scolaire sont plébiscités par le Rectorat et le public, en sport de nombreux trophées ont été gagnés. Ce livre réduit les profs à de simples exécutants ( combien de réunions bénévoles pour résoudre des cas difficiles, et c... Le collège au fond d'une impasse est environné de bâtiments très vétustes et sur une cité ( Parc Bellevue) où la municipalité tolère des pratiques "illicites" pour avoir la paix sociale et verser moins d'aides sociales ...L'école n'est qu'un élément d'un ensemble dont les politiques doivent jouer leur rôle républicain : de Liberté Egalité Fraternité et Laïcité....

  • islamisme,oui c’est sérieux ! Très sérieux même, car le voile n’est qu’une étape, la première, pour imposer à la France, comme à tous les pays occidentaux, des conceptions qui sont radicalement étrangères à notre identité, à notre histoire et à notre culture.On commence par le voile puis on risque de finir par accepter que certaines femmes adultères soient lapidées. À ce rythme on tolérera un jour la polygamie et, pourquoi pas, l’excision ! Eh bien, je prends le pari qu’en France, d’ici quelques années, les idolâtres du politiquement correct feront passer pour un acte de racisme insupportable le fait de refuser à des musulmans français ou vivant en France de s’adresser à des tribunaux religieux, appliquant un droit à la fois moyenâgeux et inhumain. extrait du livre du general bigeart "adieu ma france" du dix huit avril deux mille huit et ce monsieur était militaire et non enarque comme quoi la standardisation de la pensee "bobo" est nefaste à notre societe.

    (Ceci dit, l’excision n'est pas une pratique islamiste...)

  • Cet ex-principal de collège ne dénonce que la pression de la part d'une minorité, pression évidemment insupportable, mais qu'il suffit de museler tout simplement en appliquant strictement nos lois sans faux semblants, sans même les écouter d'une oreille complaisante...

    On nous parlait aussi de minorité voici 20 ans quand les femmes se sont mises subitement à porter le voile. Au train où la France se délite, les minorités d'aujourd'hui seront les majorités de demain. Avec des conséquences pourtant bien prévisibles. Si les français persistent à ne pas retirer leurs œillères idéologiques, imposées par 40 ans de politiquement correct, notre nation et tout ce qu'elle représente est perdue.

    A une différence de taille, darwin2bis : rien dans nos lois n'interdit le port du voile dans l'espace public.

    Ensuite, que les établissements scolaires publics subissent la pression de certains islamistes, ce que dénonce cet ex-principal de collège, cela ne fait aucun doute, mais que je sache, le port de signes religieux ostentatoires dans ces établissements y est toujours interdit et cette interdiction n'y est pas transgressée.

    Et il suffit d'opposer à ces pressions la loi, rien que la loi, sans même chercher à dialoguer. Le dialogue face à ces tentatives est d'ailleurs inutile.

    Je ne faisais que vous rappeler que l'usage du mot minorité est dépassé en vous le démontrant au passage, pour le reste nous sommes d'accord sur l'essentiel. Néanmoins, le fait que des lois inadaptées à des populations nouvelles permettent de telles dérives dénote que ces lois doivent faire place à de nouvelles dans le but d'assurer la protection de nos valeurs et in fine la protection des citoyens français, fussent-ils musulmans.

    Ceci dit, le mot minorité n'est pas vraiment dépassé, à moins de le rattacher alors à une minorité bien particulière.

    Après, on entend dire très souvent que c'est aux nouveaux arrivants de s'adapter à la France et pas l'inverse (je suis d'accord du reste). Et tu voudrais changer nos lois ? Personnellement, je pense que nos lois sont suffisantes, encore faut-il les appliquer sans frilosité ! Si on modifie nos lois, c'est leur donner raison.

  • ce prof dénonce, et il a raison
    au moins tout le monde sait ce qui se passe dans les collèges, ce que subissent nos enfants une fois qu'on les a déposés devant les grilles du collège
    ah! elle est belle notre France

    Nous sommes des million à penser comme vous. Espérons que nos gouvernants sauront prendre sans tarder les mesures drastiques qui s'imposent avant une guerre civile en France!

    ne nous voilons pas la face à l'inverse de certaines !!!!!

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