Travail et Logement "à la diète" : le gouvernement dément vouloir raboter le budget des ministères

Travail et Logement "à la diète" : le gouvernement dément vouloir raboter le budget des ministères

Les ministres du Travail Muriel Pénicaud, de la Cohésion des Territoires Gérald Darmanin et de l'Économie Bruno Le Maire le 12 juillet 2017 à l'Assemblée nationale.

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Orange avec AFP, publié le mardi 19 septembre 2017 à 19h02

Le Parisien affirme publier, mardi, les lettres de cadrage qui prévoieraient des coupes sévères dans le financement des deux ministères : -27% en deux ans pour le Travail (Pôle emploi étant menacé de "dégraissage massif"), -18% pour le Logement. Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire parle d'une "présentation fallacieuse". La ministre du Travail Muriel Pénicaud dénonce des chiffres "pas exacts".

Le gouvernement prévoit de réaliser 16 milliards d'euros d'économies en 2018 pour repasser sous la barre des 3% de déficit public. Pour cela, certaines mesures ont déjà été annoncées : baisse des aides personnalisées au logement (APL), coup de rabot sur les emplois aidés... Mais, pour tenir le cap, l'exécutif prévoirait d'importantes réductions des budgets des ministères du Travail et de la Cohésion des territoires, en charge du logement. Le Parisien - Aujourd'hui en France affirme, mardi 19 septembre, avoir pu consulter les "lettres-plafonds" adressées durant l'été aux deux ministères pour recenser les budgets qui leur seraient alloués dans les années à venir.

De 15,3 milliards d'euros en 2017 à 11,2 milliards d'euros en 2019 pour la Rue de Grenelle

"De 15,3 milliards d'euros en 2017, le budget du Travail chute à 13,5 milliards d'euros l'an prochain. Il baisse encore en 2019 : 11,2 milliards d'euros. Soit, en deux ans, une dégringolade de 27%. Puis la trajectoire se poursuit en pente douce jusqu'à la fin du quinquennat. Idem chez le voisin du Logement. Là, le ministère devra se contenter de 16,5 milliards d'euros en 2018 au lieu des 18,2 milliards d'euros de 2017. En 2019, c'est encore moins : 14,9 milliards d'euros, soit -18% en deux ans", détaille le quotidien.

Pôle emploi dans le viseur ?

Pôle emploi serait particulièrement menacé. Pas question de rogner sur l'accompagnement des chômeurs, croit savoir le quotidien. Mais "plusieurs milliers de postes de cadres du service public de l'emploi sont dans le viseur de Bercy", assure au Parisien une source à Matignon. Selon cette dernière, entre les budgets 2018 et 2022, les coupes dans les effectifs et d'autres mesures devraient aider l'État à économiser "une enveloppe de près de 3 milliards d'euros". "La logique, c'est une baisse de l'armée mexicaine des dirigeants de Pôle emploi. Ce sont les cadres avec de gros salaires, ceux qui travaillent en back-office, notamment sur des fonctions d'ingénierie ou d'analyse du marché de l'emploi", détaille cette source.

"Une fois les postes supprimés, soit on réorganise en interne, soit on externalise ce service public, ce qui est plus probable", décrypte un haut fonctionnaire pour Le Parisien. Autrement dit, une partie des services de Pôle emploi pourraient être privatisés.

Un budget 2018 "de transformation"

Interrogé par Le Parisien, le ministère du Travail assure que ces chiffres "ne seront pas ceux du Budget 2018". "Alors qu'habituellement les crédits alloués dans les lettres-plafonds sont définitifs, des ajustements ont été réalisés récemment pour boucler le budget présenté en septembre", explique le quotidien. "Il y a encore dix jours, ces chiffres étaient parfaitement d'actualité, certifie une source bien informée. Après, les ministres ont dû monter au créneau pour adoucir le traitement de choc."

Interrogé mardi sur les informations du Parisien, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a dénoncé une "présentation totalement fallacieuse". "La réalité, c'est que, sur le ministère du Travail, il y a un choix qui a été fait de réduire fortement le nombre de contrats aidés", a-t-il expliqué sur France 2. "J'assume totalement ce choix parce que je considère que les contrats aidés, pour beaucoup de ceux qui en bénéficient, ce sont des impasses", a-t-il défendu, reprenant l'argumentaire d'Emmanuel Macron. Démentant un budget 2018 d'austérité, il préfère parler de "budget de transformation". 

"Il y aura du plus et du moins"

Même élément de langage pour la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui, de son côté, a répondu aux informations du Parisien sur France Info. "Je ne confirme pas" ces chiffres "parce qu'ils ne sont pas exacts", a-t-elle affirmé. Elle assure que le budget de son ministère, qui sera annoncé "dans le détail" la semaine prochaine, est "globalement stable". "Par contre c'est un budget de transformation", souligne-t-elle : "Il y a des sujets qu'on veut pousser beaucoup plus" comme la formation professionnelle, "et d'autres dispositifs qui sont moins efficaces qui seront diminués". Bref, "il y aura du plus et du moins". 

Interrogée sur d'éventuelles suppressions de postes chez Pôle emploi, où travaillent "un peu plus de 50.000 salariés", Muriel Pénicaud indique qu'il y aura "quelques centaines" de postes "en évolution comme chaque année". 

 
29 commentaires - Travail et Logement "à la diète" : le gouvernement dément vouloir raboter le budget des ministères
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    sansdentmaishonnete  (privé) -

    sur WEO , ce matin :
    ils trouvent normal les millions et les millions pour les J.O , mais macron dit ne plus avoir d'argent pour le canal/Seine/nord , alors que cela créerait plus de 150 000 emplois durables dans la région ! Les départements concernés , les régions concernées et même l'UE intéressée par le projet , tous vont verser leur écôt , mais l'état traine les pieds et fait , tout pour faire capoter l'affaire ! Donc , il est évident que le problème du ch^mage n'est pas un souci premier , même pour Macron qui est pourtant de la région et du département du Pas de calais : avez-vous déja vu un président qui met des bâtons dans les roues à sa région pour faire capoter ainsi une affaire qui la sauverait et qui la rendrait prospère ?... moi , jamais ...! je pense que si , à cause de lui l'affaire capote ,, ça va ch.....!
    on ne peut pas impunément traiter les gens de fainéants , et en même temps , empêcher volontairement les créations d'emplois !

  • Du temps ou nous avions beaucoup de petits paysans pauvres et honnêtes on disant:
    Labourages et pâturages sont les deux mamelles de la France.
    Aujourd'hui nous avons les 10.000 vaches et les 50.000 poules qui ne vont plus aux,
    Pâturages et pour les labourages Un engin fait 1 hectare en 10 minutes.
    Nous avons perdus nos deux mamelles et plus personne ne sait encore téter ?
    Pour le coup on met tout ça à la diète et on dégraisse de partout ! Choooommââââge...

    Salut strat ! Tu voudrais comme dans les pays communistes deux boeufs et une charrue ? J'ai l'impression que tu nous échappes mon ami strat. Moi qui aime te lire, je me pose des questions . .

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    tazounet  (privé) -

    Je trouve normal que les ministère qui avait plutôt été épargné contrairement aux communes et régions et contribuables soit mis a contribution pour faire des économies.

  • tiens tiens ...on va mettre de l'ordre à Pole emploi ...sans blague ...
    si Pole emploi " servait à quelque chose " celà se serait vu ...? non ?
    je serais curieux de savoir , parmis tous les defenseurs ( de Pole emploi ) qui a dejà mis les pieds dans un des bureaux ...

  • S’il était encore de ce monde le général Charles de Gaulle pourrait dire maintenant la politique de la France se fait à la corbeille.

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