Tabac: six hausses de prix d'ici fin 2020 pour arriver à 10 euros le paquet

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 Six hausses du prix du tabac sont programmées pour arriver à 10 euros le paquet fin 2020

Six hausses du prix du tabac sont programmées pour arriver à 10 euros le paquet fin 2020

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© AFP, LOIC VENANCE
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AFP, publié le mercredi 20 septembre 2017 à 19h37

Le prix du paquet de tabac augmentera six fois d'ici fin 2020 pour atteindre 10 euros, à commencer par une hausse de 35 centimes cette année, a annoncé mercredi la ministre de la Santé, suscitant la grogne des industriels et buralistes.

"Nous allons harmoniser le prix du paquet du tabac, notamment les (prix) plus faibles, dès la fin de l'année (...) en augmentant en moyenne de 35 centimes d'euros pour aboutir à des paquets à 7,10 euros. Puis il y aura une hausse d'un euro en mars prochain", a déclaré Agnès Buzyn sur Europe 1.

"Il y a aura ensuite des hausses de 50 centimes d'euros en avril et en novembre 2019, de 50 centimes en avril 2020 et de 40 centimes en novembre 2020", a détaillé la ministre.

Ces hausses étalées dans le temps permettront "aux gens de se préparer, de trouver les moyens d'arrêter de fumer, c'est un calendrier qui permet à chacun de se mettre dans la perspective de l'arrêt", a souligné Mme Buzyn.

En France, rappelait récemment la ministre, 29% de la population fume, tandis que dans les pays déjà passés par une forte hausse du prix du tabac, comme la Grande-Bretagne, cette proportion est inférieure à 20%.

Le prix du paquet de tabac à 10 euros était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron.

Pour Brian Dalton, responsable communication chez Seita, "les mesures annoncées par la ministre de la Santé sont à la fois biaisées et inadaptées: en choisissant de s'attaquer aux marques d'entrée de gamme, cette mesure a peu de chance de faire reculer le tabagisme en France car on sait que ce sont les marques les plus chères qui captent le plus de fumeurs".

- Manifestation le 4 octobre -

Eric Sensi-Minautier, directeur de la communication chez British American Tobacco (BAT) "note la volonté de la ministre d'avoir une politique de lutte contre le tabagisme ambitieuse" mais juge qu'elle "se trompe de cible: ce sont les cigarettes chères qui sont en croissance et non les cigarettes d'entrée de gamme".

Selon lui, "par le matraquage fiscal, on pousse les fumeurs vers le marché parallèle". Ce marché, qui comprend les ventes hors du réseau des bureaux de tabac, atteint déjà 27,1% de la consommation, selon une étude de KPMG.

Du côté des anti-cigarettes, les associations de l'Alliance contre le tabac "se félicitent" de la hausse d'un euro prévue début 2018, mais déplorent que les "petites augmentations" de 2019 et 2020 soit trop progressives.

"C'est dommage qu'on ne passe pas de 7 à 10 euros tout de suite, mais je dis bravo à la hausse initiale de 1,35 euros", affirme à l'AFP Gérard Audureau, président de l'association Droits des non-fumeurs (DNF). 

La confédération des buralistes regrette "l'absence de concertation (...) promise par la ministre". Son secrétaire général Jean-Luc Renaud juge ces "hausses désastreuses", et "malheureusement pas accompagnées d'un réel plan de lutte contre le marché parallèle".

Il lance un appel aux buralistes pour une manifestation le 4 octobre à Paris.

Enfin, Philip Morris rappelle "que si l'évolution du cadre fiscal des produits du tabac en France est décidée par les pouvoirs publics, et que ceci peut avoir une influence sur la décision de chaque fabricant, les prix de vente au détail sont en revanche déterminés librement par chacun d'entre eux".

En France, les fabricants de tabac, et non l'Etat, fixent les prix de vente aux consommateurs mais les taxes en représentent plus de 80%. Le tabac rapporte à l'Etat environ 14 milliards d'euros par an.

Au niveau européen, le gouvernement souhaite une "meilleure harmonisation des niveaux de fiscalité sur les produits du tabac", ont fait savoir Agnès Buzyn ainsi que le ministre de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, dans un communiqué commun.

Il entend également limiter "strictement les transports transfrontaliers de tabacs" afin de diminuer la quantité de tabac "transitant d'un pays à l'autre de l'Union Européenne", ont précisé les ministres.

Le tabac est responsable du décès prématuré de "plus de 75.000 personnes" chaque année, selon le rapport 2017 de référence sur la santé des Français.

 
68 commentaires - Tabac: six hausses de prix d'ici fin 2020 pour arriver à 10 euros le paquet
  • Puisque MACRON est à l'origine de cette idée folle du paquet de cigarettes à 10 euros et qu'il semble donc préoccupé par le tabac, je vous propose, si cette idée vous plait, de lui adresser un peu de tabac ou une cigarette placés dans une enveloppe à son intention (nul besoin de rédiger un texte ou de laisser son nom) :
    M. Emmanuel MACRON
    Président de la République (facultatif)
    Palais de l’Élysée
    55, Rue du Faubourg Saint-Honoré
    75008 Paris

  • pouquoi ne pas le faire tout de suite!!! l hôpital et les soins coutent cher malheureusement lorsqu ils y sont moi j ai arrete au bout de la deuxieme tentative en 2007 justement a cause des augmentations et des interdits tout partout c est difficile mais il le faut !mais on est jamais a l abri c est comme avec l alcool!

  • 50€ le paquet cela dissuaderai les jeunes.ça me fait bouillir quand je voit ces gamins et gamines de 12 ans la clope au bec.
    L'éducation nationale est aussi responsable de ce fléau.Autrefois (80) les jeunes se cachaient pour fumer se qui dissuadaient les autres .Il y avait des colles pour les fumeurs maintenant on banalise tout des tenues vestimentaires en passant par l'alcool et le tabac voir le chichon etc;
    Que de morts en perspective!!

  • Poilant cela va arriver au même prix que le cannabis.

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    rose79  (privé) -

    peut être seulement il n'aura plus de taxes qui vont rentrer dans les caisses du gouvenement

  • L'augmentation du prix ne fera qu'accentuer les achats dans les pays frontaliers, la contrebande.... les quantités achetées seront de plus en plus importantes car un gros fumeurs plus il a de tabac plus il va fumer, et les jeunes également. Donc plus de risque de maladies du au tabagisme !! donc l'état ne travail pas pour la santé de ses concitoyens, mais bien pour son porte monnaie.

    Toute les opinions peuvent être entendues, toutefois, celui qui doit lutter pour sa santé c'est surtout le fumeur lui qui a librement décidé de fumer et qui donc doit de la même façon décider de cesser (bien sur c'est peut être difficile mais les victoires sur soi même sont les plus belles) il n'y au ra plus rien à payer, encore moins cher que dans les pays voisins.

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