Site de téléchargement illégal: un administrateur présumé mis en examen

Site de téléchargement illégal: un administrateur présumé mis en examen

Des scellés posés sur un ordinateur saisi par la gendarmerie, pour être analysé dans le cadre d'enquête sur les cybercriminels le 25 mars 2010 à Villeneuve-d'Ascq

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AFP, publié le mercredi 30 novembre 2016 à 21h05

Enquête: mise en examen d'un homme soupçonné d'être un administrateur d'un des sites illégaux de téléchargements les plus fréquentés en France

Il est soupçonné d'être un administrateur d'un des sites illégaux de téléchargements les plus fréquentés en France: un homme a été mis en examen mercredi soir à Toulouse, le parquet ayant requis son placement sous écrou.

Selon la police d'Andorre, où il résidait, il serait le responsable des finances du site pirate "Zone Téléchargement", qui proposait jusqu'à lundi soir des centaines de milliers de liens vers des films, de la musique, des documentaires ou des séries. Le manque à gagner pour les ayants droit des oeuvres mises à disposition est estimé à 75 millions d'euros. 

Interpellé lundi alors qu'il se rendait à Toulouse, il est notamment poursuivi pour "contrefaçon", "blanchiment aggravé" et "travail dissimulé", en bande organisée.

Le parquet a requis son placement en détention provisoire, mais le mis en examen a sollicité un délai avant d'être présenté à un juge des libertés et de la détention. Cette étape judiciaire doit avoir lieu dans les quatre prochains jours ouvrés.

Un second suspect, qui gérait, selon la police andorrane, la partie technique et informatique du site, était toujours "en attente d'extradition" dans la Principauté, où il avait été arrêté lundi. 

Selon le parquet, la procédure pourrait prendre quelques semaines si le suspect accepte l'extradition, plusieurs mois s'il s'y oppose.

En revanche, trois autres personnes, qui avaient elles aussi été placées en garde à vue à Toulouse, ont été remises en liberté mercredi, selon une source proche de l'enquête.

La gendarmerie française avait annoncé lundi sur son compte Twitter la fermeture du site pour contrefaçon, après une enquête menée par la section de recherche (SR) de Toulouse et le centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N).

Mardi à la mi-journée, le site était réapparu en ligne, à la joie de nombreux internautes, mais sans que le téléchargement de contenus ne soit possible.

- "Comptes courants et jaguars" -

Comptes courants, assurance-vie, deux Jaguars, du liquide: 450.000 euros d'avoirs ont été saisis au total dans cette enquête, menée par la justice française en partenariat avec l'Andorre, mais aussi l'Allemagne et l'Islande.

A travers des régies publicitaires, les administrateurs du site pouvaient monétiser les visites de ses utilisateurs pour générer des profits, chiffrés à au moins 1,5 million d'euros par an par la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem). 

L'organisme avait porté plainte aux côtés de l'Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (Alpa) à l'automne 2014, déclenchant de longs mois d'enquête.

"Zone Téléchargement", un site de téléchargement francophone très populaire, se rangeait à la 11e position des sites les plus fréquentés en France, toutes catégories confondues, derrière l'encyclopédie Wikipedia ou le site de vente en ligne Leboncoin, mais devant le réseau social Twitter, selon l'outil de référencement Alexa. 

Il était aussi très utilisé au Canada, en Algérie et à Madagascar. 

Plus de 2,5 millions de liens vers des films, séries, documentaires, musique ou livres étaient disponibles à l'adresse www.zone-telechargement.com, selon la Sacem: il s'agissait d'une plateforme de téléchargement direct, contrairement aux systèmes de partage entre utilisateurs comme le "torrent" ou "peer-to-peer".

La Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi), créée en France pour lutter contre le piratage, est impuissante face à ce type de site: elle contrôle seulement le partage de fichiers entre internautes.

 
3 commentaires - Site de téléchargement illégal: un administrateur présumé mis en examen
  • Téléchargement illégal.. bof bof c’est un problème de fond et pas de forme.
    Bien souvent il y a des téléchargements de tel ou tel film afin de voir de quoi il retourne, puis les gens vont le voir sur grand écran au cinéma.
    Après que les responsables de ces sites s'en mettent "plein les fouilles" c'est le système D.
    De la a dire que ça fait perdre des droits d'auteur ... Peut être pour la musique, car la vente de CD a bcp diminué dans les backs, mais le streaming, youtube et autres plateformes "sois disant légales" (au fait Youtube paie une redevance quelque part ?) n'y sont pas pour rien non plus.

  • Le piratage, c'est du vol avec de "soit-disantes bonnes intentions".

    Le piratage, c'est voler le travail de création des auteurs. Certains musiciens en sont réduits à devoir trouver d'autres revenus. Des photographes vivent de plus en plus mal de leur métier.

    Le piratage, par les internautes, c'est du vol "doux" sans violence apparente, mais c'est du vol.

  • Quand je lis l'article, je vais à penser que Twitter dont le declin est largement annoncé depuis pas mal de temps, est victime du piratage lié à ZT... c est impressionnant de donner ce genre de donnée brute, propice aux amalgames les plus vifs.
    De l'autre coté, je vois qu il ya quelques années, Pascal Negre defendait la mévente de quelques produits bas de gamme par "le piratage c est le mal !" ce qui en fait etait une traduction de deux faits : produire des mauvaises musiques (chez universal), et ne pas avoir su negocié l arrivée de youtube et son streaming (comme aujourdhui les Taxi faces aux VTC et à Uber ! ou Accor face à AirBnb). ce sont de nouveaux modes rien de plus.

    Enfin, il est une chose drole : bcp de films se sont fait connaitre par le bouche à oreille, ou les sites de piratages, non par leur sorties en salles saluant que le microcosme parisien du Ve arrondissement. De fait, les mauvaises productions de la CNC avait une maigre chance de sortir du lot, alors qu aujourdhui, sans un site comme ZT (dont la professionnalisation dans le black est le seul probleme (ca ne donne pas l argent aux bonnes personnes, mais ca n empechera rien quand memme, d'autres prendront le relai, puis d autres...) cela ne leur donnera qu un avenir tres sombre, une baisse des sommes allouées, et une perte de production totale. Une fois de plus, c est la force aux majors ! mais pas à l artisanat.

    Dommage. Toujours un enorme nivellement vers le bas.

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