Siège de la CFDT saccagé : "Personne n'a le monopole de la défense des salariés" assure Laurent Berger

Siège de la CFDT saccagé : "Personne n'a le monopole de la défense des salariés" assure Laurent Berger

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger le 14 mars 2016.

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Orange avec AFP, publié le vendredi 24 juin 2016 à 10h05

- Au lendemain de la dégradation du siège de la CFDT, le secrétaire général du syndicat Laurent Berger a fait l'inventaire des dégâts, déplorant des insultes taguées "qui rappellent de la violence". -

Jeudi soir 23 juin, après une nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail à Paris, une centaine de personnes parties en manifestation non autorisée ont dégradé la façade du siège de la CFDT, syndicat en faveur de la controversée loi Travail.

Peu après 21h, les manifestants ont quitté le quartier de Ménilmontant pour rejoindre celui de Belleville, dans l'est parisien, brisant les vitres du siège du syndicat. En lettres rouges, ils ont inscrit sur la façade : "C'est fini de trahir".

Ce cortège de nuit s'est ébranlé quelques heures après la dispersion de la manifestation officielle qui avait rassemblé à Bastille entre 20.000 et 60.000 personnes. "Un blessé avec plaie à la tête" a été constaté parmi ces manifestants, selon une autre source policière. Celui-ci "a été évacué vers un hôpital", a-t-elle ajouté, sans plus de précision. À 22h, neuf personnes avaient été interpellées au cours de ce rassemblement, a précisé cette même source.

"Les actes de dégradations du siège de la CFDT sont une attaque intolérable contre la démocratie sociale", a réagi sur Twitter le Premier ministre, Manuel Valls. Sa ministre du Travail Myriam El Khomri lui a rapidement emboîté le pas, condamnant sur le réseau social une "atteinte intolérable".





Sur Twitter également, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, avait écrit dans la soirée : "Nos locaux à Paris viennent d'être saccagés par des individus cagoulés. Cette attaque violente est un coup direct porté à la démocratie". "Stop à l'indignation sélective, ces agressions doivent être condamnées! Certains prônent la violence, la CFDT défendra toujours le débat!", ajoutait-il dans un second message sur le réseau social.



LES MOUVEMENTS D'EXTRÊME-GAUCHE MIS EN CAUSE

Ce vendredi matin 24 juin , le patron de la CFDT est revenu sur ces incidents au micro de RMC, déplorant de "gros dégâts", des "vitres brisées" et des insultes taguées, telles que "traître" ou "collabos". "Des mots qui rappellent de la violence, qui rappelle de la guerre dans un moment où, dans une démocratie, on aimerait vivre la diversité d'opinion de façon positive". Il regrette notamment des propos prononcés la veille sur France Inter par Xavier Mathieu, l'ancien délégué syndical CGT de l'usine Continental de Clairoix. Il "nous traitait de 'jaune', appelait quasiment à la violence. Il faut arrêter cela, il y a un pluralisme syndical, il y a le respect des opinions", exige Laurent Berger.



Il n'accuse "pas du tout" des militants d'autres syndicats opposés à la loi Travail, comme la CGT ou FO, d'être à l'origine des dégradations, et met en cause des "mouvements d'extrême gauche". Sur Europe 1, il a même affirmé avoir reçu un SMS de Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, condamnant ces attaques contre la CFDT, et mentionné l'existence d'un tweet du patron de FO Jean-Claude Mailly. La CGT a par ailleurs publié un communiqué officiel ce vendredi matin pour dénoncer des actes "inadmissibles et condamnables".



Néanmoins, il n'est pas tendre avec eux : "J'accuse toutes les outrances et toutes les petites faiblesses que l'on peut avoir qui consistent à laisser dire des choses, à laisser passer des mots, à utiliser des expressions qui les unes après les autres, justifient aux être faibles qui sont sans argument l'utilisation de la violence". "Personne n'a le monopole de la défense des salariés", rappelle le secrétaire général de la CFDT, "ceux qui font ça ne veulent pas écouter l'ensemble des salariés".
 
44 commentaires - Siège de la CFDT saccagé : "Personne n'a le monopole de la défense des salariés" assure Laurent Berger
  • Pour beaucoup ici , un syndicat n'est bon que s'il est "contre" , contre tout. C'est une vision un peu étriquée du monde dans lequel nous vivons .

  • militant syndicaliste cfdt depuis 1976 nous sommes une organisation qui fait son boulot au service de la classe ouvriere

    et non comme certaines toujours dans la contestation et toujours presents pour semer le desordre dans le pays et tromper

    les salariers dans leurs discours

  • Soutien sincère aux militants de la CFDT après l’attaque de leur siège parisien. Atteinte intolérable à notre démocratie sociale.
    Pour ma part.
    Soutien sincère au mouvement à l'origine de cet acte.

  • C'est vrai , mais ce personnage a lui le monopole de la trahison des ouvriers . Mais il ménage bien cette mafia socialiste parce qu'il aura une bonne place le jour ou il quittera la direction de la CFDT.

  • Sans doute : mais en ce moment il est difficile aux salariés d'avaler que la loi Khomri représente pour eux un progrès. En la soutenant la CFDT court le risque de passer pour un tenant des thèses du Medef, plutôt que de ses clients naturels

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