Salle de shoot à Paris : le cri d'alarme des riverains

Salle de shoot à Paris : le cri d'alarme des riverains

La "salle de shoot" parisienne le 11 octobre 2016.

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Orange avec AFP, publié le mardi 04 juillet 2017 à 16h45

Inaugurée le 11 octobre 2016 dans le 10e arrondissement de Paris par la maire de la capitale Anne Hidalgo (PS), et la ministre de la Santé de l'époque, Marisol Touraine, la première salle de consommation à moindre risque - ou salle de shoot - en France a su faire parler d'elle. Elle doit être maintenue à titre expérimental pour une durée de 6 ans.

Mais de nombreux habitants du quartier se disent aujourd'hui excédés et expriment leur désarroi.


Huit mois après l'ouverture de cet espace, 29 000 injections ont été réalisées. L'association médico-sociale Gaïa, initiatrice du projet, note aussi une baisse de 60% des seringues collectées dans la rue.

En parallèle, la mobilisation des comités de voisinage et des représentants des parents d'élèves du quartier s'accroît. Un compte Twitter "Stop salle de shoot", relayant des photos et des vidéos prises dans les rues Ambroise-Paré et Saint-Vincent-de-Paul, met en lumière des faits jugés néfastes à l'ordre public.


Des vitres d'Autolib brisées, des seringues dans la rue, un contact omniprésent des toxicomanes avec les passants... Un commerçant membre du collectif hostile à la présence des toxicomanes s'est confié au Monde le 30 juin : "Tous les jours je vire des gens qui se piquent ou fument du crack devant mon commerce", "Le quartier est devenu invivable". Une pétition a aussi été lancée sur change.org pour demander le déménagement de la structure.

LA MAIRIE DE L'ARRONDISSEMENT TEMPÈRE

Les autorités locales tempèrent cependant les nuisances. "La situation s'est améliorée mais pas assez", relate Rémi Ferraud, maire PS du 10e arrondissement au Monde. La directrice de Gaïa, Elisabeth Avril, reconnaît que "Deux ou trois individus s'injectent dans les rues, au grand dam de tout le monde" et s'appuie sur les chiffres : "Nous n'avons que 10% de nouveaux usagers par rapport à ceux que nous connaissions avant".

Malgré ces résultats controversés, la mairie de Paris souhaite lancer une deuxième structure de ce type. Le centre de Strasbourg, ouvert seulement un mois après la salle parisienne, présente un bilan différent. Grâce à son emplacement reculé (dans l'enceinte de l'hôpital civil de Strasbourg), les riverains acceptent mieux la structure. Danièle Bader, directrice d'Ithaque, l'association qui gère la structure strasbourgeoise, s'est confiée à 20 Minutes : "Aucun problème de sécurité ne nous a été signalé, ni aucun trouble pour la tranquillité publique ou le personnel de l'hôpital travaillant aux alentours".
 
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