Salah Abdeslam, son premier interrogatoire devant la justice française

Salah Abdeslam, son premier interrogatoire devant la justice française©Police nationale
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6Medias, publié le jeudi 19 mai 2016 à 22h14

Le seul homme en vie du commando des attentats du 13 novembre à Paris est entendu ce vendredi 20 mai par les juges. Comment va se dérouler cette rencontre ? Eléments de réponse.
Une confrontation très attendue.

Salah Abdeslam est entendu, vendredi 20 mai, par les juges d'instruction français. Le dernier membre des commandos des attentats du 13 novembre 2015 encore en vie a été transféré à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) le 27 avril dernier. C'est à bord d'un convoi hypersécurisé qu'il va effectuer les trente kilomètres qui séparent sa cellule du palais de Justice de Paris. Là, il devrait être entendu toute la journée au sein du pôle antiterroriste de la galerie Saint-Eloi par six juges d'instruction. Europe 1 détaille les noms de ceux qui mèneront ces interrogatoires dans un bureau de 15m2 : «Nathalie Poux, Jean-Marc Herbaut, David de Pas, Isabelle Couzy, Laurence Le Vert et Christophe Teissier ». A RTL, l'ancien magistrat antiterroriste Gilbert Thiel a précisé que c'est le juge qui décide d'accorder, ou non, des suspensions. La radio souligne que les interrogatoires seront certainement à thèmes (armes, commando, etc.). L'objectif de ces auditions étant de déterminer l'implication et la responsabilité de Salah Abdeslam dans les attentats de Paris et de Saint-Denis du 13 novembre 2015. Son témoignage pourrait apporter des éléments de réponse sur les préparatifs et le déroulé précis de ces évènements. Présenté comme le logisticien de ces tueries, il pourrait également donner des informations cruciales à la justice sur l'organisation de la cellule djihadiste, les attentats de Bruxelles et aider à prévenir d'autres attentats en Europe.
Salah Abdeslam est défendu, en France, par le pénaliste Franck Berton. « Salah Abdeslam est un homme qui a besoin de dire les choses. Il va pouvoir répondre aux questions des victimes. Il prendra ses responsabilités. Le procès sera là pour expliquer les choses », soulignait ce ténor du barreau lillois sur le plateau de France 2. Celui qui s'est déjà illustré dans le procès d'Outreau assure que son client est « dans une volonté d'explication » et « ne restera pas silencieux ». Cité par BFM TV, Me Berton martèle : « Ce garçon doit être jugé pour ce qu'il a fait et pas pour ce qu'il n'a pas fait, (...) pas pour ce qu'il représente parce qu'il est le dernier survivant et qu'on lui ferait porter des faits et gestes qui ne sont pas les siens ». Le frère de Salah Abdeslam, Brahim, avait confié récemment à BFM TV qu'il avait « volontairement refusé de se faire sauter » et qu'il souhaitait « collaborer car il a des comptes à rendre mais pas à la Belgique ».
Une première prise de contact attendue par les familles des victimes. Jean Reinhardt, avocat qui assiste de nombreuses victimes, précise qu'il n'attend pas un « quelconque repentir », ni « une grande sincérité ». Cité par Europe 1, il souligne : « les premières auditions sont souvent dans le déni. Il faut peut-être laisser le processus s'installer dans le temps ». Les parties civiles doivent rencontrer les juges d'instruction les 24, 25 et 26 mai prochain pour une réunion d'information organisée à Paris.

 
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