Sacs plastique : ce qui change au 1er juillet

Sacs plastique : ce qui change au 1er juillet

Le sac plastique à usage unique va disparaître au 1er juillet 2016.

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Orange avec AFP, publié le samedi 25 juin 2016 à 14h04

Inscrite dans la loi sur la transition énergétique, l'interdiction des sacs plastique fins va entrer en vigueur en deux temps : le 1er juillet 2016 pour les sacs de caisse et le 1er janvier 2017 pour les sacs d'emballage des fruits et légumes. L'objectif est de "réduire les impacts environnementaux considérables liés à la production et la distribution de ces sacs", souligne le ministère de l'Ecologie.

Pour permettre aux commerçants de s'organiser, la mesure - initialement prévue pour le 1er janvier 2016 - a été repoussée au 1er juillet.

"J'ai écouté le besoin de transition" qui s'est exprimé, avait expliqué Ségolène Royal au début de l'année. Cette mesure s'applique à tous les commerces : alimentation spécialisée (boulangeries, boucheries, etc), petites et grandes surfaces, stations-services, pharmacies, marchés couverts et de plein air, etc. Seront ensuite prohibés, au 1er janvier 2017, les sacs ou emballages en plastique délivrés en rayons pour les denrées alimentaires. Seuls les sacs "biosourcés" (avec une teneur en matière végétale - amidon de pomme de terre, maïs) et compostables en compostage domestique, pourront être utilisés.

Pour les défenseurs de l'environnement, cette interdiction est "une avancée" après bien des espoirs déçus (cf la taxe sur les sacs de 2011 qui n'a jamais vu son décret d'application). "La France qui était en retard devient en Europe plutôt précurseur, avec l'Italie et certaines régions belges", avait souligné en mars Antidia Citores, porte-parole de de l'association Surfrider. Les petits commerçants, eux, sont "mécontents", selon la présidente de la Fédération des marchés de France (FMF) : "Les nouveaux sacs sont plus coûteux et il n'est pas question de les faire payer au client. Leur stratégie est pour l'instant attentiste", explique-t-elle au Figaro. "Ils vont écouler leus stocks et voir ce qui se passe. Au risque d'une amende de 100.000 euros et deux ans d'emprisonnement".

- Pourquoi interdire les sacs plastique fins ?

Ces sacs sont à l'origine d'un énorme gaspillage : fragiles, ils sont souvent jetés sitôt rentrés chez soi et la marchandise déballée. Selon le gouvernement, il y a chaque année, 5 milliards de sacs fins en plastique distribués aux caisses et 12 milliards aux rayons fruits et légumes. Les sacs plastique non biodégradables mettent plusieurs centaines d'années à disparaître.

On estime que plus de la moitié finit dans la nature. Une partie se retrouve dans les océans, où ils sont une catastrophe pour une partie de la faune marine, qui les ingère (86% des espèces de tortues marines les ingèrent car elles les confondent avec des méduses). Ils viennent aussi alimenter les gigantesques "mers" de plastique formées par de grands courants marins.   

- Quels sacs interdits le 1er juillet?

Les sacs dont l'épaisseur est supérieure à 50 microns seront encore autorisés. Depuis une dizaine d'années, la grande distribution a commencé à faire payer les sacs de caisse, qu'ils soient fins ou solides, ce qui a fait passer le nombre de sacs qu'elle distribuait à ce niveau de 12 milliards à 700 millions. Certaines enseignes proposent aussi des sacs en papier payants. 

- Et les sacs pour les fruits et légumes?

Les sacs ultrafins utilisés pour les fruits et légumes seront interdits au 1er janvier 2017. Après cette date, il faudra les remplacer par des sacs en papier ou des sacs qui sont à la fois "biosourcés" et "compostables de manière domestique", selon le décret paru en mars 2016. Plusieurs industriels se positionnent sur ce marché: BASF, Carbios, Sphère, Novamont, etc. 

- Qu'est-ce qu'un sac biosourcé et compostable?

Un sac biosourcé est composé en partie de matière organique (amidon de maïs ou de pomme de terre) et contient encore du plastique, mais qui pourra se dégrader totalement. La loi prévoit des sacs biosourcés à 30% en 2017, 40% en 2018, 50% en 2019 et 60% en 2025. Un matériau compostable a la faculté - dans certaines conditions et même s'il contient du plastique - de se dégrader tout seul et de se transformer en eau et en CO2. Le compostage nécessitant un certain taux d'humidité, de chaleur, d'aération, la norme "compostage domestique" correspond à ce qui peut se faire à la maison, en quelques semaines, et pas dans des conditions industrielles optimales.

Le développement de plastiques "biosourcés" pourrait générer 3.000 emplois (recherche, culture des végétaux, usines...), espère le ministère, qui a accueilli jeudi une conférence de presse de représentants de ce secteur. "100% de la production sera localisée en Europe dans les prochains mois", alors qu'aujourd'hui plus de 90% des sacs à usage unique sont fabriqués en Asie, a assuré John Persenda, président du groupe français Sphère, un des leaders en Europe.

Pour autant, les ONG préfèrent les sacs réutilisables aux "biosourcés", qui "utilisent terres arables, eau, engrais et continuent à recourir au pétrole". Ces sacs "compostables" nécessiteraient aussi une valorisation des déchets organiques mieux organisée qu'aujourd'hui, pointe Zero Waste France. "Sinon, on risque de les retrouver à la poubelle ou dans le mauvais bac de tri", dit Laura Châtel. Dans un sondage CSA pour Direct Matin de mars 2015, 76% des Français indiquaient d'ailleurs faire leurs courses avec un sac réutilisable.

- Que deviendront les sacs biosourcés jetés dans un poubelle?

Si une ville a une collecte séparée des biodéchets (matière organique), ces sacs pourront être mis dans le bac ou le sceau dédié. Si un particulier fait du compostage individuel, il pourra le mettre dans son compost. En revanche, en l'absence de collecte séparée, le sac se retrouvera dans la poubelle d'ordures ménagères classique et finira soit enfoui, soit incinéré.


- Est-ce plus cher? 

A priori, oui. Le coût d'un sac fin en plastique, en général produit en Asie, est d'environ 0,5 centime. Ceux biosourcés, qui pourraient être fabriqués en France et en Europe, coutent une poignée de centimes.

- Y a-t-il de faux sacs biodégradables ?

Les sacs oxo-dégradables, que certains disaient biodégradables, ne le sont pas et ne sont pas autorisés. Ce sont des sacs en plastique qui sous l'action de la chaleur et de la lumière se décompose en minuscules granules de plastique. La pollution est moins visible mais néanmoins réelle, surtout pour la faune marine. 

- Comment font les autres pays ?

Il existe une grande disparité entre les Européens. Les Danois ou les Finlandais consomment quatre sacs par habitant et par an, les Français 80, les Portugais et les Polonais plus de 400. Mais l'Union européenne a imposé aux États de rendre payants les sacs fins non biodégradables au plus tard au 31 décembre 2018 ou de prendre des mesures pour réduire leur consommation annuelle à 90 sacs par habitant et par an fin 2019. 

Les sacs plastique jetables, mais aussi ceux en papier, seront bientôt payants à New York, une ville qui en consomme des milliards chaque année. A partir du 1er octobre, les New-Yorkais devront payer au moins 5 cents (4 centimes d'euros) par sac jetable en plastique ou papier, jusqu'à présent donnés très généreusement par les magasins pour emporter les courses, a voté jeudi le conseil municipal.
 
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