Réparation d'une "injustice": 28 tirailleurs sénégalais redeviennent Français

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Le président François Hollande (c) discute avec un ancien tirailleur, lors d'une cérémonie réintégration dans la nationalité française de 28 anciens tirailleurs sénégalais, qui avaient combattu en Indochine ou en Algérie

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© AFP, Christophe Petit Tesson, POOL
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AFP, publié le samedi 15 avril 2017 à 17h34

Histoire: François Hollande préside à l'Elysée une cérémonie de réintégration dans la nationalité française de 28 anciens tirailleurs sénégalais

Réparer une "injustice" et quelques humiliations aussi: 28 anciens tirailleurs sénégalais ont été "réintégrés" samedi dans la nationalité française par François Hollande sous les ors de l'Elysée, six décennies après en avoir été privés par l'indépendance des colonies africaines de la France.

Fragiles octogénaires appuyés pour la plupart sur une canne, la poitrine bardée de médailles, ils s'étaient illustrés autrefois sous la bannière tricolore en Indochine ou en Algérie et ont entonné, certains avec les larmes aux yeux, la Marseillaise.

François Hollande a célébré ces "retrouvailles" avant de remettre à chacun d'entre eux le décret qui en fait de nouveau un citoyen français. Il a "fallu mener un long combat pour que la France consente enfin à réparer cette injustice", a-t-il reconnu.

"Vous êtes l'histoire de France" et celle-ci a une "dette de sang" à votre égard, a-t-il lancé devant ces anciens combattants nés dans les années 30. Parmi eux figurent 23 Sénégalais mais aussi deux Congolais, deux Centrafricains et un Ivoirien.

"C'est l'aboutissement d'un long combat", s'est réjouie dans les mêmes termes Aïssata Seck, adjointe à la maire de Bondy (Seine-Saint-Denis) et dont la pétition signée par 60.000 personnes, dont de nombreuses célébrités, était à l'origine de cette cérémonie.

"Ces Français par le cœur sont dans des situations terriblement précaires. Munis de simples cartes de séjour, ces retraités n'ont d'autre choix que de rester seuls sur le territoire français. Partir finir leur vie au Sénégal, près de leurs familles, signifierait perdre leurs faibles pensions", expliquait-elle dans sa pétition.

D'autres cérémonies similaires devraient suivre, dans le cadre moins solennel de préfectures. "Tous les anciens tirailleurs qui résident en France et qui en feront la demande bénéficieront de la même réponse" positive, a assuré François Hollande. Ils seraient encore quelques dizaines, selon l'Elysée.

- 'Couverts de gloire' -

"Aujourd'hui, je pose un nouveau principe: ceux qui se sont battus pour la France et qui font le choix d'y vivre doivent pouvoir devenir Français", a insisté le président de la République.

La cérémonie de l'Elysée était la réplique de celles qui se déroulent plus sobrement dans les préfectures avec leur petit film institutionnel expliquant aux Français nouvellement naturalisés que l'histoire de France devient leur histoire. Un petit film qui résonnait dans le cas présent curieusement alors que ces 28 Français ont fait l'histoire de France.

Jeune militaire, Abdoulaye Diop, 82 ans, avait roulé sa bosse en Algérie, en Nouvelle-Calédonie ou à Tahiti. Pour lui, cette cérémonie restera comme une "réparation" après l'"injustice flagrante" du refus d'une première demande de réintégration. Mais dans quelques jours, a-t-il dit, il sera "fier d'aller voter" pour la présidentielle.

Même sentiments mêlés pour Mohamed Touré, 83 ans, qui a subi comme une "humiliation" les tests de langue de rigueur mais a rendu hommage à François Hollande, qui "a fait ce qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait imaginé".

Lui aussi ira voter mais sans savoir encore "pour qui". La dernière fois, s'est-il souvenu, c'était "pour un référendum", quand il était encore "militaire français".

Les 28 tirailleurs honorés à l'Elysée (dont l'un s'était fait représenter) incarnent la "dernière génération" d'une longue lignée de combattants africains, engagés volontaires ou enrôlés d'autorité dans les rangs de l'armée française.


Si les premiers régiments ont été formés au Sénégal, ces "tirailleurs sénégalais" à la célèbre chéchia rouge étaient originaires de toutes les colonies françaises, de l'Afrique de l'ouest et du centre, jusqu'à Madagascar.

"On sait qu'ils étaient plus de 200.000 hommes lors de la Première Guerre mondiale, 150.000 pour la Seconde, 60.000 en Indochine...", explique l'historien Julien Fargettas, auteur d'un ouvrage consacré à ces "soldats noirs".

Ils se sont "couverts de gloire sur tous les fronts", a souligné pour sa part François Hollande, rappelant qu'il serait dimanche au Chemin des Dames pour commémorer le centenaire de cette offensive, où figuraient "en première ligne" ces tirailleurs venus de si loin.

 
314 commentaires - Réparation d'une "injustice": 28 tirailleurs sénégalais redeviennent Français
  • pourquoi avoir attendu si longtemps
    tous ceux de la légion étrangere deviennent français s'ils le désirent systématiquement de par le sang versé
    pourquoi celà n'a pas été appliqué aux tirailleurs senealis mais aussi à tous les autres qui ont versé leur sang pour la france

  • Bravo monsieur le Président , il est tard mais bien normal de donner la nationalité Française à ceux qui se sont battus pour la France . En revanche, il faudra penser avant votre départ à la retirer à tous ceux qui se battent ou se sont battus contre la France !

  • et dire qu'il ai fallu des décennies pour reconnaitre qu'en Algérie ce n'était pas que le maintien de l'ordre...... il y a encore de centaines d'ex militaires ayant effectués plus de 3ans de "Guerre" en Algérie qui n'ont toujours pas leur Carte d'ancien Combattant..... tant certains n'ont pas fait de séjours colonie de vacances a Tahiti ou a la Nouvelle Calédonie.....

  • Ce président est celui de toutes les traîtrises il n'en aura raté aucune.

    non !lorsqu'il esr né en 1954 il n'a pas eu l'occasion de connaître la vraie histoire de son PAYS et a l'école par nécessité sur ceux qui avaient mal choisi il fallait mieux se taire et plus tard applaudir ceux qui auraient dû depuis longtemps se réfugier dans une autre patrie ...vous avez certainement compris compte tenu des grandes gueules qui sont ouvertes aujourd'hui!!!!

  • "L'histoire" telle que Hollande la raconte aujourd'hui, n'est pas celle vécue et subie par les milliers de républicains espagnols et leurs familles, parqués dans des camps de concentration sur cotes de la catalogne française et gardés par les "tirailleurs sénégalais".

    Des familles entières parquées sur les plages au cœur de l'hiver (des trous creusés dans le sable avec leurs mains leur servaient d'abris contre le vent) affamés,maltraitées et pour quelques uns, trop nombreux, sauvagement assassinés par ces "gardes".

    Les républicains se concertèrent et menacèrent que pour chaque vie républicaine ôtée, une vie sénégalais serait prise.

    Les autorités de l'époque retirèrent alors les" tirailleurs sénégalais" remplacés la gendarmerie française qui se comporta très humainement.

    Ce sont les faits vécus par ma famille.

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