Relation Trump-Macron: assauts d'amabilité et pointes de défiance

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Les présidents américain Donald Trump et français Emmanuel Macron se serrent la main à l'occasion d'un déjeuner de travail, en marge du Sommet de l'Otan à Bruxelles, le 25 mai 2017

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© AFP, Mandel NGAN
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AFP, publié le jeudi 13 juillet 2017 à 14h48

Les présidents américain Donald Trump, 71 ans, et français Emmanuel Macron, 39 ans, qui se retrouvent jeudi à Paris, affichent depuis leur première rencontre une relation teintée de complicité mais parfois aussi de défiance.

-Poignes de fer -   

Donald Trump est réputé pour ses poignées de main toniques et fermes. Lors de sa première rencontre avec Emmnanuel Macron, il a pu constater que le plus jeune président jamais élu en France avait du répondant.

Le 25 mai, au sommet de l'Otan à Bruxelles, le chef de l'Etat français a saisi énergiquement la main de son homologue, à s'en faire pâlir les doigts, et ne l'a plus lâchée.

Donald Trump, plutôt désarçonné, tente alors par deux fois de dégager sa main avant qu'Emmanuel Macron ne lâche prise.

"Un moment de vérité", dira plus tard le chef de l'Etat français, y voyant une manière de ne pas se laisser aller à de "petites concessions, même symboliques".

 - Assaut d'amabilités au G7 - 

Nouvelle rencontre le 27 mai, au sommet du G7 à Taormina (Italie), marquée par un différent majeur sur le climat. Emmanuel Macron n'en salue pas moins M. Trump comme un homme "pragmatique, ouvert et qui a envie de travailler".

Au même moment, la chancelière allemande Angela Merkel, moins conciliante, déplore une situation pas "du tout satisfaisante".

"J'ai vu un dirigeant qui a des convictions fortes, commente pour sa part le président français. J'ai bon espoir qu'il confirme son engagement (relatif aux accords de Paris sur le climat), à son rythme".

- 'Make our planet great again' - 

Une semaine plus tard, le président américain annonce que les Etats-Unis sortent de l'accord de Paris sur le climat.

Paraphrasant un slogan de Donald Trump ("Make America great again", "Rendez sa grandeur à l'Amérique"), Emmanuel Macron réplique dans une video en anglais: "Make our planet great again" et l'accuse de commettre une "faute pour l'avenir de la planète".

Il exclut toute renégociation de l'accord de Paris et invite les Américains que le choix de Trump a "déçus" - scientifiques, entrepreneurs, citoyens engagés....- à venir travailler en France.

- Accolades au G20 -  

Le 8 juillet au sommet du G20 à Hambourg (Allemagne), Emmanuel Macron réaffirme ne pas avoir perdu espoir de "convaincre" l'Américain de revoir sa décision. Il annonce un nouveau sommet sur le climat le 12 décembre à Paris.

Il affiche sa complicité avec le locataire de la Maison Blanche, d'accolades en propos badins devant les caméras.

Le "désaccord" sur le climat et les tentations protectionnistes des Etats-Unis n'empêchent "en aucun cas la coopération sur de nombreux autres sujets", pointe-t-il.

Sur ces sujets, dont la lutte contre le terrorisme, "on travaille très bien et ça, il ne faut pas le perdre", souligne l'Elysée.

- Même ligne rouge sur la Syrie - 

Sur ce dossier, Emmanuel Macron et Donald Trump sont sur la même ligne: le 27 juin, ils insistent, lors d'une conversation téléphonique, sur "la nécessité de travailler à une réponse commune en cas d'attaque chimique" dans ce pays ravagé depuis 2011 par une guerre civile qui a fait plus de 320.000 morts.

Le 29 mai, Emmanuel Macron évoque cette "ligne rouge" lors de sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, allié de Damas, en promettant une "riposte immédiate" de la France en cas "d'utilisation d'armes chimiques" en Syrie.

En avril, le président Trump avait ordonné des frappes sur une base de l'armée syrienne en riposte à une attaque chimique attribuée au régime de Damas.

- Honneurs militaires - 

Jeudi, Emmanuel Macron déroule le tapis rouge pour Donald Trump qu'il doit accueillir en grande pompe avec une cérémonie militaire aux Invalides. Il s'agit, dit-il, de ne pas "rompre" avec les Etats-Unis, de ne pas les "isoler", et de réaffirmer les "liens historiques" des deux vieux alliés. 

Vendredi, le président américain sera l'invité d'honneur du traditionnel défilé militaire du 14 juillet, jour de la fête nationale française, pour le 100e anniversaire de l'entrée des Etats-Unis dans la Grande guerre.

Aux Invalides, Emmanuel Macron invitera son hôte à pousser jusqu'au tombeau de Napoléon, tout un symbole d'un accueil qui se veut impérial.

vl/sof/mdr

 
5 commentaires - Relation Trump-Macron: assauts d'amabilité et pointes de défiance
  • Fricoter avec un Président proche de la destitution, il y a de quoi s'interroger sur cet accueil quasi impérial.

  • En avril, le président Trump avait ordonné des frappes sur une base de l'armée syrienne en riposte à une attaque chimique attribuée au régime de Damas.
    Et donc l'enquête a démontré que ...??? Ah on en parle pas, cela peut fâcher, ok ...

  • dommage qu'il sit pas italien mon epouse servait d'interprete a sa societe pour banquet "tour eiffel" jules vernes au temps des années 80 maintenant elle prefere ma tarte aux fraises

  • Quoi de nouveau à l'ouest ???? Toujours ces mêmes commentaires suite à "ces " poignées de mains " qui semblent devenir l'essentiel de nos relation avec les USA ....

  • Je ne comprends pas les leaders politiques et un bon nombre de journalistes qui critiquent la venue de Donald Trump. Même si on est moins intelligent qu'un journaliste moyen ou un patron du PCF on a tous compris que ce n'est pas Trump qui a été invité par Emmanuel Macron mais le pays des Etats-Unis, à l'occasion d'un centenaire qui mérite d'être célébré.

    Ces gens là comprennent rien à rien et c'est typiquement français !

    . Admettons ce que vous dites… il n'en demeure pas moins que les étasuniens que ce soit en 1917 ou en 1942 sont arrivés bien tard au secours de la vieille Europe, et que leurs pertes ont été bien inférieures à celles des Russes, qui furent aussi nos alliés, au cours de ces deux conflits.. Qui se souvient qu'entre 1941 et 1945, pendant la Grande guerre patriotique, l'armée rouge a perdu plus de 10 millions de tués. Ce qui fait qu'en refusant l'invitation de Poutine à la célébration de la victoire de 1945 à Moscou, Hollande s'est comporté comme un mufle

    A ELANDALOUS: Je suis absolument d'accord avec vous et je sais à quel point on se montre toujours ingrats avec les Russes. Sans le front russe qui a été un vrai carnage, les Américains n'auraient jamais pu débarquer. Cela n'empêche pas l'anniversaire et à ce titre, la venue de Trump peut s'expliquer. (Auriez-vous les mêmes origines que moi? Mes parents étaient d'Almeria...)

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