Recrudescence des chocs toxiques liés aux protections périodiques

Recrudescence des chocs toxiques liés aux protections périodiques

Un tampon hygiénique (illustration)

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Orange avec AFP, publié le vendredi 21 octobre 2016 à 15h02

C'est un problème de santé publique qu'on pensait disparu mais qui refait aujourd'hui surface : Le choc toxique lié aux règles redevient source d'inquiétude. Au moins une femme en est morte, certaines ont été amputées.

Afin de mieux comprendre cette infection fulgurante, des chercheurs se sont lancés dans une opération délicate : collecter des tampons usagés.

En 1990, plus aucun cas de syndrome du choc toxique (SCT) n'avait été observé en France. La fin des années 90 a cependant marqué le retour de cette maladie, qui n'a depuis cessé de croître : 5 cas déclarés en 2004, 19 en 2011 et jusqu'à 22 cas en 2014. Cette recrudescence préoccupante a attiré l'attention du centre national de référence des staphylocoques des Hospices civils de Lyon. 1% des femmes peuvent être potentiellement touchées par un choc toxique, celles qui sont porteuses du staphylocoque doré (Staphylococcus aureus).

LA RÈGLE CRUCIALE DES 4 HEURES

Avec un tampon, "le fluide menstruel est bloqué, il va rester au chaud. C'est donc un milieu de culture formidable et s'il y a cette fameuse bactérie, elle va se mettre à produire une toxine (TSST-1) qui va passer dans le sang", a expliqué le professeur Gérard Lina lors d'une conférence de presse donnée mercredi 19 octobre. Une règle capitale pour éviter ce danger : ne jamais garder un tampon plus de quatre heures. "Plus on le garde, plus les bactéries prolifèrent", ajoute-t-il, reprenant une recommandation faite par de nombreux fabricants dans leurs notices.

Âgée de 26 ans, Justine a été victime de ce syndrome il y a trois ans. "J'avais mes règles, un tampon. Le soir, je l'enlève et je commence à avoir mal à la tête, des diarrhées. Je pense à un début de gastro. Dans la nuit, j'ai commencé à vomir, énormément", raconte-elle. "Le lendemain je ne faisais que dormir. Et puis, j'ai commencé à perdre conscience. J'avais hyper soif, énormément de fièvre et un symptôme très particulier : le corps tout rouge, comme un coup de soleil". Sang dans les yeux, langue gonflée : le médecin généraliste panique. A l'hôpital, personne ne comprend non plus. Elle est mise en quarantaine et à aucun moment on ne lui parle de tampon, regrette-t-elle.

Traitée aux antibiotiques, elle rentre chez elle. Elle mettra six mois pour pouvoir "aller jusqu'à la boîte aux lettres", un an pour se remettre, en passant par des moments affreux : la peau des paupières, des mains, des pieds, de l'aine s'effrite complètement. Et il faudra un mois pour qu'on mette enfin un mot sur le mal qui l'a traversé, "grâce" à la présence de pus dans son vagin. "C'est une maladie invisible et elle est taboue parce que c'est sale", souligne la jeune femme, aujourd'hui psychanalyste.

LA COLLECTE EST LANCÉE

Pourtant, elle peut être très grave. Certaines femmes ont vu des bouts de nez, de doigts, se nécroser. Une jeune mannequin américaine, Lauren Wasser, a elle perdu une jambe en 2012. Face à la toxine, les organes vitaux se mettent en effet en mode survie, aux dépens des extrémités, de moins en moins irriguées.

Les médecins sont insuffisamment sensibilisés au problème d'autant, qu'au début, les symptômes font penser à un virus banal. Dans les années 80, "on a accusé le tampon en viscose Rely d'en être responsable". Donc, tout le monde pense depuis que le problème est réglé, relève le Pr Lina. Mais la hausse des cas ces dernières années interpelle. Plusieurs pistes pourraient l'expliquer : la nature des composants, l'utilisation accrue de tampons ou une évolution de la flore vaginale due peut-être à l'alimentation, avance le professeur.

Pour en avoir le cœur net, il lance une grande collecte nationale avec l'espoir d'obtenir au moins 1.000 tampons usagés. Il suffit d'aller sur le site du CHU de Lyon (www.chu-lyon.fr) ou d'écrire à gerard.lina@univ-lyon1.fr pour obtenir un kit. L'intérêt est aussi pour la participante de savoir si elle est porteuse de la bactérie l'exposant à ce risque. Par ailleurs, une pétition ayant recueilli plus de 257.000 signatures demande aux fabricants de "rendre visibles la composition des tampons". En février, l'association 60 millions de consommateurs avait aussi alerté sur la présence de dioxines dans certaines protections hygiéniques.
 
1 commentaire - Recrudescence des chocs toxiques liés aux protections périodiques
  • Les tampons hygiénique devraient êtres interdis depuis longtemps ,les femmes ne sont elles pas assez informées pour éviter ce genre de probléme lié aux tampons?
    Il suffit de regarder un tampon pour y voir que celui ci est compressé et recouvert d'un produit .
    De plus les tampons sont mauvais pour le corps de la femme ,la forme anatomique n'est pas anodine ,de plus au niveau hygiène c'est source de macération.

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