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Rebondissement dans l'affaire Grégory Villemin : ce que l'on sait

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 Le petit Grégory Villemin avait été retrouvé mort dans la Vologne (Vosges) le 16 octobre 1984.

Le petit Grégory Villemin avait été retrouvé mort dans la Vologne (Vosges) le 16 octobre 1984.

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© AFP, -
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Orange avec AFP, publié le mercredi 14 juin 2017 à 17h23

FAIT DIVERS. Plus de trente ans après la mort du petit garçon de 4 ans, retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne (Vosges), le 16 octobre 1984, cinq membres de la famille ont été entendus mercredi, dont trois ont été placés en garde à vue : le grand-oncle et la grande-tante de Grégory, ainsi qu'une tante par alliance. Les parents de Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant, ont été entendus comme témoins. Le point sur l'enquête.

Cinq membres de la famille Villemin étaient interrogés, mercredi 14 juin, par les enquêteurs, dont trois sous le régime de la garde à vue, apprend-on de source proche de l'enquête. Le cadavre du petit Grégory Villemin avait été retrouvé au soir du 16 octobre 1984, pieds et poings liés dans les eaux froides de la Vologne (Vosges). Cette découverte avait marqué le début de l'affaire Grégory, qui reste l'une des grandes affaires criminelles non résolues du XXe siècle. Bernard Laroche, le cousin du père de Grégory, Jean-Marie Villemin, avait fait un temps figure de principal suspect, avant d'être tué par le père de l'enfant.

Les trois personnes placées en garde à vue sont l'oncle et la tante de Jean-Marie Villemin et Bernard Laroche, Marcel et Jacqueline Jacob, qu'une belle-sœur de Jean-Marie Villemin, Ginette Villemin. La grand-mère de Grégory et mère de Jean-Marie Villemin, Monique Villemin, a, elle, été entendue en audition libre car son état de santé ne permettait pas la garde à vue. Son mari, Albert Villemin, est également entendu, sans qu'on connaisse pour l'instant le régime de cette audition.

"Complicité d'assassinat"

Les gendarmes de la section de recherche de Dijon ont procédé mercredi matin aux trois interpellations sur commission rogatoire dans le département des Vosges, indiquait plus tôt le procureur général de la cour d'appel de Dijon (où a été délocalisée l'enquête).

Les médias locaux avaient d'abord évoqué mercredi matin l'interpellation d'un couple de septuagénaires habitant les Vosges. Le couple de septuagénaires et la grand-mère ont été arrêtés dans le village d'Aumontzey, et la belle-sœur à Arches, dans les Vosges, à proximité de Lépanges-sur-Vologne, où vivait la famille du petit Grégory. Ils ont été placés en garde à vue pour des faits de "complicité d'assassinat, non-dénonciation de crime, non-assistance à personne en danger et abstention volontaire d'empêcher un crime", selon le quotidien l'Est Républicain, qui a révélé l'information. 

"Ces gardes à vue interviennent après que de nouveaux recoupements ont été réalisés à l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale, ndlr) à Pontoise par les gendarmes spécialisés dans les affaires non résolues", selon les précisions de LCI. 

Une affaire qui hante les mémoires

Depuis 32 ans, l'assassinat dans un village des Vosges de Gregory Villemin, un enfant de quatre ans, n'en finit pas de hanter les mémoires en France. Cette affaire sans coupable ni mobile qui a bouleversé la France en 1984 a fait l'objet de 3.000 articles de presse, une cinquantaine de travaux universitaires, un téléfilm et une quinzaine d'ouvrages - récits, romans ou souvenirs de protagonistes.

Au soir du 16 octobre 1984, la découverte du cadavre du petit garçon jeté pieds et poings liés dans les eaux froides d'une rivière, la Vologne, marquait le début de "l'affaire Grégory". La lettre d'un "corbeau" anonyme revendiquant le meurtre en invoquant une "vengeance", apparemment postée à l'heure où le corps n'avait pas encore été retrouvé, donnait d'emblée à cet horrible fait-divers une dimension mystérieuse.

Dérapages des médias

Tandis que l'enquête est confiée à un "petit juge" inexpérimenté du tribunal d'Épinal, Jean-Michel Lambert, les journalistes affluent de toute la France dans la vallée de la Vologne, transformée sous leurs plumes en "champ clos minuscule emprisonné par d'ignobles secrets" et peuplée d'habitants "murés dans leur silence". Les investigations des gendarmes sont suivies pas à pas, certains journalistes n'hésitant pas à se faire passer pour eux auprès des proches de la famille ou à payer des témoins, des photographes se livrant à des mises en scène morbides sur la tombe de l'enfant.

Bernard Laroche, un cousin de Jean-Marie Villemin, le père de Grégory dont il jalouse la réussite, est d'abord soupçonné : inculpé d'assassinat, un temps incarcéré, il est cependant remis en liberté le 4 février 1985. Convaincu de sa culpabilité, Jean-Marie Villemin l'abat d'un coup de fusil de chasse. Jean-Marie Villemin sera condamné pour ce meurtre à 4 ans de prison en 1993.

Christine Villemin accusée puis innocentée

En juillet 1985, le juge Lambert opère un spectaculaire revirement : il porte ses soupçons vers Christine Villemin, la propre mère de l'enfant, aussitôt décrite dans certains médias comme une "ogresse perverse" ou une "sorcière démoniaque". 

La romancière Marguerite Duras s'en mêle en prenant parti dans le quotidien de gauche Libération pour la culpabilité de la mère dans un article suscitant une forte polémique.

Christine Villemin sera totalement innocentée en 1993 au terme d'un non-lieu retentissant pour "absence totale de charges", formule inédite aux accents d'excuse et d'aveu d'erreur judiciaire.

L'affaire est transférée en 1987 au tribunal de Dijon, qui reprend l'enquête à zéro. Mais les indices matériels manquent : les gendarmes oublient de relever les traces de pneus près de la rivière, les prélèvements sur le terrain ont été mal collectés, l'autopsie de l'enfant a été incomplète. Les graphologues se déchirent aussi sur l'analyse de l'écriture de la lettre anonyme. À l'époque, en France, "tout était fondé sur l'aveu et le témoignage", résume Alain Buquet, auteur d'un "Manuel de criminalistique moderne". La leçon sera tirée de ce fiasco : une véritable police technique et scientifique sera mise sur pied.

Pièces détériorées

L'affaire est relancée en 1999, puis en 2008, pour tenter de confondre d'hypothétiques traces d'ADN sur les scellés. Certains mélanges génétiques ont pu être isolés et étaient en cours de comparaison avec les prélèvements de 280 personnes figurant dans le dossier. 

"Tout a été repris, revérifié. On a mis beaucoup de moyens pour permettre d'avancer", assurait en 2014 à l'AFP Jean-Jacques Bosc, le procureur général de Dijon chargé du dossier. Mais certaines pièces à conviction sont détériorées à force d'être passées de main en main, d'autres ont été mal conservées. Reste une certitude amère pour les experts : si Grégory était assassiné aujourd'hui, son meurtrier serait démasqué. 

 
161 commentaires - Rebondissement dans l'affaire Grégory Villemin : ce que l'on sait
  • cette histoire jamais élucidée ,, mais dans nos mémoires , comment peut on tuer un enfant sans défense et qui n a rien a voir avec la jalousie des adultes entre eux ,,,,, oui JALOUSIE ,,, entre des juges et des médias hahahaah la bonne affaire ,,,, !!!! mais qui n on pas été capable de résoudre ,,, mais le papa de ce petit garçon savait lui ,,,,,,,, et a agit par vengeance sûr ,, il a tué l assasin , voilà fait ,,,,,, maintenant avis aux complices ::: il serait bien temps ,,,,, le film fait a cette histoire était bien construit ,,, et la vérité se disait ,,,, alors ???? bon repose en paix petit grégory,,, maintenant il est trop tard ,, ;;;;;;;;;;

  • Demandez au journaliste de paris match de l epoque

  • Maintenant c'est un logiciel qui mène l 'enquette ? Gare aux résultats .

  • J'avais 12 ans au moment de la mort de gregory j'ai vu une mere trainée dans la boue j'ai vu un père devenir un assassin grace aux journaux la télèvision une certaine marguerite a qui on lui donnait de la crédibilité sur ses propes fantasmes .Ce couple est passé par bcps de moments difficiles et durs.Ce que je souhaite suite a la garde a vue enfin que les parents sachent la vérité et qu'ils puissent faire le deuil de leur fils et sur sa mort.La justice et les médias leur doivent bien cela

  • Je me souviens de cette affaire quand elle a démarrer. J'espère que la presse a retenu la leçon de ses propres effets désastreux sur l'enquête. Qu'elle laisse les enquêteurs faire leur travail et qu'elle se contente des points presse du Procureur de la République.

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