Quick d'Avignon : du sursis requis contre l'ex-gérant après la mort d'un adolescent

Quick d'Avignon : du sursis requis contre l'ex-gérant après la mort d'un adolescent

Le 22 janvier 2011, Benjamin Orset, 14 ans, est mort brutalement chez ses parents.

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Orange avec AFP, publié le jeudi 18 mai 2017 à 17h51

En janvier 2011, Benjamin Orset est mort brutalement chez ses parents après avoir mangé dans un fast-food d'Avignon.

Après avoir pointé de nombreux manquements aux règles d'hygiène, le procureur a requis mercredi 18 mois de prison avec sursis à l'encontre de Philippe Quérard, l'ex-gérant du Quick, jugé à Avignon pour homicide involontaire. Il a également réclamé 50.000 euros d'amende pour la société commerciale qui gérait le fast-food.

Le 22 janvier 2011, à midi, Benjamin Orset, 14 ans, est mort brutalement chez ses parents, à Oppède, dans le Vaucluse, après s'être levé la nuit pour vomir, et s'être plaint de nausées et de maux de tête.

Le mois précédent la mort de l'adolescent, un contrôle qualité interne avait attribué au Quick Cap Sud d'Avignon une note de 65% alors que le seuil d'alerte est fixé à 75%. Quatorze non-conformités, dont cinq majeures, avaient été relevées le jour du décès de Benjamin.

Une "toxi-infection alimentaire"

L'autopsie du jeune homme avait conclu à une "toxi-infection alimentaire", provoquée par un staphylocoque doré. Une des nombreuses expertises médicales demandées par la justice avait parallèlement mis au jour une "cardiomyopathie", concluant que son décès était lié à une combinaison de sa pathologie cardiaque avec l'intoxication qu'il avait subie.

L'avocat du prévenu a insisté sur ce point pour mettre en doute "la certitude du lien de causalité" entre le repas et le décès de l'adolscent. "Benjamin n'est pas mort d'avoir mangé un Quick. Benjamin n'est pas mort d'une intoxication alimentaire. Benjamin est mort parce qu'il avait une cardio-myopathie et qu'il y a eu une décompensation de son coeur", a-t-il plaidé.

Six ans de procédure

Mais la présidente du tribunal s'est aussi interrogée sur le "souci de rentabilité" du gérant, décrit par "beaucoup de gens". Selon des témoins, celui qui gérait trois établissements Quick, semblait peu investi, passant le lundi matin pour récupérer la caisse.  "C'est légitime pour un chef d'entreprise, encore faut-il que ça n'aille pas à l'encontre de ses responsabilités légales", a pointé la présidente.

"On attend beaucoup du procès pour savoir la vérité sur ce qu'il s'est passé. Six ans de procédure, c'est une étape importante pour nous aujourd'hui", a déclaré avant le début de l'audience le père de Benjamin Orset. "Quand on vous annonce que ce qui a tué votre enfant c'est le lieu où vous l'avez emmené manger, on tombe de haut. Il faut aller au-delà de la culpabilité qu'on a", a rajouté son épouse. 

Le jugement a été mis en délibéré au 28 juin.

 
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