Prune ou horodateur? La réforme du stationnement veut éliminer ce choix

Prune ou horodateur? La réforme du stationnement veut éliminer ce choix

Un automobiliste introduit une carte Moneo dans un horodateur, le 11 avril 2005 à Paris

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AFP, publié le jeudi 12 octobre 2017 à 21h04

Gare aux resquilleurs: les automobilistes qui rechignent à nourrir l'horodateur devront y réfléchir à deux fois en 2018 car les maires pourront fixer le montant des pénalités, selon une réforme qui veut aussi intensifier les contrôles.

"Pour ceux qui paient, il n'y a rien de changé", assure d'emblée Guy Le Bras, directeur général du Gart, qui regroupe les collectivités chargées des transports. 

En revanche, les quelque 70% d'automobilistes qui préfèrent prendre le risque de "prendre une prune" vont sans doute devoir changer leurs habitudes à partir du 1er janvier 2018.

La loi sur les métropoles (loi MAPTAM) de 2014 permet désormais aux villes de fixer le tarif du stationnement mais aussi le montant du "forfait post-stationnement", qui remplace l'amende, le stationnement étant désormais dépénalisé.

Le taux de recouvrement des amendes en France ne dépassait pas 50%, la quasi-intégralité (94%) du montant recouvré servant à financer... le recouvrement. La recette annuelle du stationnement en voirie est d'environ 500 millions d'euros, et pourrait être doublée avec la réforme.

Hors Paris, dans les 93 communes qui ont déjà délibéré, le montant du forfait post stationnement s'échelonne de 15 à 35 euros, selon le Gart. La loi précise que ces recettes doivent être affectées aux transports en commun ou autres transports propres.

Les communes promettent des contrôles beaucoup plus fréquents avec, à la clé, une meilleure rotation des véhicules sur les places de parking, et moins d'embouteillages dans les centres-villes.

En effet, "dans les métropoles, 20% des véhicules en circulation cherchent une place de stationnement", détaillait Guy le Bras mercredi à Marseille, lors d'une table ronde organisée aux Rencontres nationales du transport public.

"A partir du moment où il va y avoir un vrai contrôle (...), inévitablement, on doit progressivement assister à un changement des comportements", estimait la première adjointe au maire de Chambéry, Josiane Beaud.

Cette commune en a profité pour retravailler son plan de circulation et l'ensemble des modes de transport. Pour relancer "le centre-ville (qui) périclite, (...) il faut compter un peu sur les voitures, (mais surtout) éviter les voitures-ventouse", qui monopolisent des places, explique Mme Beaud.

Dans une ville de cette taille, "il faut permettre à tout le monde de rentrer dans le centre-ville si besoin, (sans) chercher une place pendant des heures (...). Et s'ils veulent rester plus longtemps, ils prendront le bus", détaille cette élue.

- 800 communes -

"Quand il y a une rotation, c'est bénéfique pour les commerçants du centre-ville", a assuré Frédéric Baverez, directeur exécutif de Keolis.

Pour les 800 communes concernées, c'est l'occasion d'essayer de faire venir plus d'usagers aux transports en commun, ou à d'autres modes "propres", comme le vélo.

A Paris, il y a 150.000 places de stationnement en voirie mais 10% seulement des automobilistes paient pour se garer. Il y a un an, la mairie a décidé d'en externaliser la gestion, et le montant de l'amende forfaitaire a été fixé à 35 ou 50 euros selon les arrondissements - actuellement, c'est 17 euros.

"Quand vous serez obligés de payer car le niveau de contrôle sera beaucoup plus conséquent, vous ferez un calcul économique", commente Richard Dujardin, directeur général France de Transdev, qui a remporté un des trois lots, soit 45.000 places, via sa filiale Urbis Park.

Selon lui, de nombreux conducteurs se tourneront alors vers d'autres modes de transport, une "fluidification du trafic (qui) profite à tout le monde", y compris aux autobus, souvent pris dans les embouteillages ou coincés par des véhicules stationnés dans les voies de bus.

 
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