Procès Heaulme: quelques mots de l'accusé à quelques jours du verdict

Procès Heaulme: quelques mots de l'accusé à quelques jours du verdict

Francis Heaulme, le 10 octobre 1994 à Metz

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AFP, publié le lundi 15 mai 2017 à 19h07

Montigny: le procès Heaulme entre dans sa dernière semaine pour démêler un dossier de plus de 30 ans dans lequel aucune preuve ne subsiste

Le procès de Francis Heaulme pour le meurtre de deux enfants en 1986 a connu lundi un de ses rares moments d'émotion quand l'avocate de la mère d'une victime a réussi là où la cour avait jusqu'alors échoué: lui tirer quelques mots.

- "Monsieur Heaulme", commence Me Dominique Boh-Petit, "Quand vous étiez libre, vous êtes allé souvent au cimetière de l'Est, sur la tombe de votre mère?

- "Tous les 15 jours".

"Vous voyez, Mme Beining c'est comme vous, depuis le 28 septembre 1986", continue l'avocate de la maman de Cyril, 8 ans, dont le corps et celui d'Alexandre Beckrich a été retrouvé ce jour-là en haut d'un talus de Montigny-lès-Metz. Tué à coups de pierre. 

Puis de tisser pas à pas un lien entre sa cliente et l'accusé qui n'a, dit-il lui-même, "jamais fait le deuil" de sa mère, morte en 1984 d'un cancer. Quelques semaines à peine avant qu'il ne commence à tuer.

"Vous l'avez entendue Mme Beining vendredi ?", poursuit d'une voix douce Me Boh-Petit, "vous avez entendu comme elle pleurait ?" en témoignant, en racontant la courte vie de son fils, puis le jour de sa mort.

"Oui", répond Heaulme, face à la cour. "Et vous avez pensé quoi" ? 

- "Elle a pas fait son deuil".

Puis l'avocate, allant chercher chez Heaulme ce que le président de la cour n'est pas parvenu à avoir depuis le 25 avril - un mot qui ne soit pas simplement une dénégation du crime - lui demande si ces larmes l'ont touché. 

"Oui, beaucoup. J'ai de l'estime pour Mme Beining, et je lui dirai". 

- "Vous pouvez lui dire maintenant", tente Me Boh-Petit, qui a compris à quel point la parole de Heaulme était fragile, habituellement murée derrière un silence total.

- "Madame Beining, je suis franc, je n'ai pas touché votre fils. Ni le petit Alexandre".

Heaulme s'est retourné. Face à cette petite dame blonde, dont la ténacité force l'admiration depuis des années, le "routard du crime" offre son visage si connu aux bancs du public. Et quitte, pour la première fois, l'impassibilité dans laquelle il est retranché, derrière la vitre de son box, depuis trois semaines.

- 'Vous réfléchirez, M. Heaulme?' -

"Madame Beining, elle est là tous les jours, vous avez vu ? Elle vient ici pour quelque chose de très particulier", reprend l'avocate. "Elle voudrait savoir si c'est Cyril qui est mort le premier."

- "J'en sais rien".

Une des trois phrases que, depuis le premier jour, Francis Heaulme répète en boucle: "J'en sais rien. "Montigny, c'est pas moi". "Me rappelle pas".

A un enquêteur, en 2006, Heaulme a affirmé être monté sur le talus ce dimanche ensoleillé de septembre 1986. Mais pour poursuivre un homme qui y aurait fait "une connerie", puis, après avoir vu les corps des enfants, en avoir retourné un, et être reparti.

"Donc on se dit +Il va nous dire ce qu'il a vu+", poursuit patiemment Me Boh-Petit. 


"Je vais quand même pas inventer", répond Heaulme, affirmant que les gendarmes lui ont mis "la pression" pour qu'il dise quelque chose.

De sa voix douce, Me Boh-Petit reprend, alors que sa cliente verse ses larmes.

"Il n'y a plus que vous maintenant. Parce que dans deux jours, Mme Beining, elle va au cimetière. Entretenir la tombe, les fleurs ... Elle veut savoir des choses simples". 

- "Non, je sais rien"

- "Mais M. Heaulme... si c'est pas vous c'est forcément quelqu'un d'autre" ?

- "Moi quand je suis passé a 16H45, y avait deux vélos, c'est tout". 

- "Et deux enfants alors ? Si y a deux vélos y a deux enfants" ? 

- "Mais je suis pas monté sur le talus."

Quelques mots encore, les plus clairs que l'on ait entendus de la bouche de l'accusé depuis le début du procès, puis le silence, encore.

"Vous réfléchirez monsieur Heaulme? Il y a encore demain", conclut Me Boh-Petit.

Mardi les plaidoiries des parties civiles, les réquisitions, ensuite les plaidoiries de la défense puis jeudi, le verdict.

 
32 commentaires - Procès Heaulme: quelques mots de l'accusé à quelques jours du verdict
  • Il devrait depuis bien longtemps que l' on ne parle plus de cet ignoble individu

  • ARRÊTEZ D'afficher vos ressentis ! vous ni était pas ! comment pouvez vous savoir seriez vous dans le secret des DIEUX non ! alors allez jouer dans votre chambre

  • il faudrait peut être lui dire que si il ne dit pas le vérité sa mère qui est au ciel et qui le voit ne va jamais lui pardonner

  • il en veut a la terre entière que sa mère est décèdes et c est pour ça qu' il tuer, maintenant il ne peut plus tuer alors il fait souffrir les mamans de ses enfants en ne disant pas la vérité il faut qu' il fasse du mal pour apaiser sa souffrance en lui

  • Les enquêtes criminelles devraient être confiées dès le départ, à de véritables limiers, des détectives assermentés, voire indépendants des services de police et de gendarmerie dont le rôle devrait être de protéger les scènes de crimes. Des limiers de la trempe de ceux de nos célèbres polars et autres feuilletons télévisés. Il y a des gens très doués pour démêler patiemment mais sûrement une enquête difficile. Il y a eu trop d'erreurs judiciaires suites à des enquêtes bâclées, des scènes de crime brouillées, sans parler des invasions journalistiques et de leurs révélations néfastes au jour le jour. Une enquête criminelle devrait être sévèrement encadrée et menée avec la plus parfaite discrétion...Tout devrait être à redéfinir dans les méthodes d'investigation...

    Tu regardes trop Colombo. Dans la réalité cela ne se passe pas comme à la télé.

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