Procès de Francis Heaulme: verdict attendu mercredi soir

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 Francis Heaulme au tribunal de Metz le 27 septembre 1995

Francis Heaulme au tribunal de Metz le 27 septembre 1995

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© AFP, Franck FIFE
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AFP, publié le mercredi 17 mai 2017 à 17h34

Procès Heaulme: le jury dira ce soir si Francis Heaulme est ou non coupable d'avoir tué deux enfants sur un talus à Montigny-lès-Metz en 1986

Montigny, est-ce lui ? Au terme d'une audience marathon dans un dossier qui le fut tout autant, le jury dira mercredi soir si Francis Heaulme est ou non coupable d'avoir tué deux enfants sur un talus à Montigny-lès-Metz en 1986.

L'avocat général a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre le "routard du crime" pour les meurtres de Cyril Beining et Alexandre Beckrich, 8 ans, retrouvés morts, le crâne enfoncé à coups de pierre, le 28 septembre 1986.

Dans un réquisitoire d'un peu plus de deux heures, le parquet général a exhorté les jurés à ne pas s'attacher au manque d'aveux ou de preuves dans ce dossier de 30 ans, qui connut l'une des plus grandes erreurs judiciaires françaises : la condamnation, en 1989, de Patrick Dils, 16 ans, acquitté 15 ans plus tard.

Les avocats généraux Jean-Marie Beney et Brigitte Harmand-Colette ont demandé aux jurés de prendre en compte le faisceau de présomptions à l'encontre de Heaulme, qui a toujours nié le double meurtre.

"Francis Heaulme vous dit +Montigny, c'est pas moi+. Par votre juste verdict, vous lui direz +Alexandre c'est vous, Cyril c'est vous+", ont-ils martelé.

Puis, les trois avocats de la défense ont à leur tour exhorté les jurés : "Ne condamnez pas sur des +probabilités+, ne +reproduisez pas le fiasco+".

"Que s'est-il passé le 28 septembre 1986 ? C'est LA question à laquelle vous devez répondre. Cette question est précise : ce n'est pas +que s'est-il peut-être passé+. Parce que dans ce dossier, il n'y a plus de place pour les approximations, plus de place pour les à-peu-près, pour les suppositions".

Dernier à prendre la parole, Me Stéphane Giuranna a patiemment déconstruit le "puzzle" bâti par l'accusation, insistant sur l'absence totale de preuves.

"Quand on a dit ça, il reste quoi ? Il reste le puzzle, la construction de l'accusation. Elle ne repose sur rien", a-t-il dit. "Quand vous construisez un raisonnement sur aucune preuve matérielle, ça veut dire que c'est du sable, que c'est tout mou, que ça va s'effondrer à tout moment".

- "Votez non" -

Un par un, Me Giuranna a repris les éléments à charge contre son client. "On nous dit que c'était violent", signe de la "quasi-signature criminelle de Heaulme" ? "Un crime, par définition, c'est violent".

"Il connaît les lieux", parce qu'il travaillait à quelques centaines de mètres ? "Et alors ? Ca fait de lui un coupable ?"

Puis Me Giuranna, l'attention des jurés concentrée sur lui, a pris une image: "On avait un soulier de Cendrillon, et le coupable il fallait qu'il ait le pied qui rentre dedans. Alors parfois, on y va au chausse-pied. On le tord, mais ça ne rentre pas. Alors comment on fait ? On truque. Comment ? En oubliant des pièces du puzzle".

Et de tendre aux jurés la possibilité d'un coupable de substitution. Un homme blond, dans une voiture claire, qui revient dans plusieurs témoignages. 

Six personnes ont vu cette voiture, une 4L ou une Fiat Punto, selon les témoignages, garée en bas du talus de Montigny.

Et un témoin, dès décembre 1986, a vu au volant d'une voiture claire un homme blond, qui lui faisait peur. Un homme blond, comme celui qu'un autre témoin a affirmé avoir vu, un peu plus loin, taché de sang.

Au terme d'une heure de plaidoirie, Me Giuranna l'a répété : il ne sait pas ce qui s'est passé sur ce talus.

Cette question, "je veux qu'elle vous hante pendant tout votre délibéré. Si vous n'avez pas de réponse, votez +non+. Ne refaites pas un nouveau fiasco judiciaire. Votez +non+, ça rendra justice à la justice".

Juste avant que le jury se retire pour délibérer, Francis Heaulme s'est levé dans le box, et a prononcé une phrase, une seule. A laquelle il s'accroche depuis le 25 avril.

"Montigny, c'est pas moi !".

 
31 commentaires - Procès de Francis Heaulme: verdict attendu mercredi soir
  • qu'en je regarde cette bouche qui retombe.... et ce regard dur j 'en ai froid dans le dos !!!

  • Il y a pourtant deux éléments important, soit tueur en serie a un solide alibi, ce qui ne sembla pas être le cas, soit il lui faut justifier sa présence sur les lieux ce jour là ? !! (Je suis présent, mais ce n'est pas moi, enfin je ne me souviens pas) bref, il pleut, mais ce n'est pas la pluie qui mouille !!!!!!!!

  • Revoyons le cas Dils ,des aveux trés prés de la réalité des crimes ! Aprés l'avoir jugé innocent la justice ne peut faire marche arrière .Heaulme est le coupable idéal ; vu son passé.

  • jovet74 Patrick Dils a été acquitté quand l'enquête a été reprise et qu'ils se sont rendus compte que les horaires ne collaient pas. Ils ont été 3 ou 4 à avoir avouer le crime, à l'époque, avec des descriptions très détaillées ; Henri Leclaire avait avoué aussi avec moult détails. Le souci de Francis Heaulme serait qu'il n'avoue pas directement les crimes mais se décrit comme spectateur ! Comprenne qui pourra et je ne voudrais pas être à la place des jurés !

    je lis juste , à l'instant,et je suis , comme vous, sans comprendre , ...si longtemps après les faits !
    Même conclusion , je n'aimerai pas être à la place d'un juré

  • Franchement je pense que c'est lui

    On parle d'un blond, hors Heaulme n'est pas blond, et il ne faut pas se fier à son physique, c'est pas parce qu'il a une tête pas comme tout le monde, qu'il fait un peu limité, qu'il faut le condamner
    Certes, il a fait des choses, mais pour Montigny, je ne pense pas que cela soit lui, le blond dont l'avocat parle doit bien rigolé

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