Procès d'une filière jihadiste: les victimes absentes

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 Procès Cannes-Torcy

Procès Cannes-Torcy

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© AFP, Simon MALFATTO, Muriel PICHON-DE-BOYSERE, Jean-Michel CORNU
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AFP, publié le mardi 16 mai 2017 à 13h24

Procès: le président de la cour d'assises de Paris, qui juge la filière jihadiste de Cannes-Torcy, hausse le ton face à l'absence des victimes

"Mais qu'est-ce qu'on va faire, alors?" Le président de la cour d'assises de Paris, qui juge la filière jihadiste de Cannes-Torcy, a haussé le ton mardi face à l'absence des victimes de l'attentat à la grenade contre une épicerie casher à Sarcelles en 2012.

Alors que le procès entre dans sa cinquième semaine, pour la première fois, des victimes directes devaient être entendues, donner un visage à la souffrance et à la peur.

Des victimes juives, ciblées du fait de leur appartenance à la communauté juive de Sarcelles: ce 19 septembre 2012, deux hommes, capuche sombre sur la tête, entrent dans l'épicerie casher Naouri, jettent une grenade à fragmentation, qui explose sous une rangée de chariots métalliques et ne fait miraculeusement qu'un blessé.

Cet homme, qui garde des billes d'acier dans le corps, n'est pas là. Il devait témoigner avec son épouse, elle aussi présente dans le magasin ce jour-là. "Ils ne peuvent pas venir aujourd'hui", a dit leur avocat. Une autre cliente de l'épicerie a refusé, au dernier moment, de se présenter à la barre, souhaitant témoigner anonymement en visioconférence. Un autre a aussi décliné la veille au soir.

Le président Philippe Roux, d'ordinaire plutôt rond et conciliant, sort de ses gonds. "A quoi ça sert de faire tout ça si les parties civiles, les victimes, ne sont pas là?", s'emporte-t-il. "Je n'ai pas été informé. Ce n'est pas possible! On ne va pas y arriver..."

Il tance les avocats des parties civiles, les enjoint à "respecter le calendrier", puis trouve une autre date pour entendre les victimes, qui témoigneront par visioconférence.

Dans les rangs des parties civiles, on explique ce choix du fait "des risques sécuritaires qui existent alors que certains accusés comparaissent libres", des "angoisses compréhensibles des victimes pour lesquelles il est toujours très difficile d'être confrontées" aux accusés. 

En aparté, certains avocats regrettent toutefois ce choix, car la présence des victimes à la barre "nourrit les débats", peut parfois "permettre de demander pardon, de comprendre, d'avancer" pour les accusés aussi.

Dans les rangs de la défense, on déplore "le mépris des parties civile pour les accusés", qui eux "jouent leur vie, à visage découvert".

Vingt hommes - dont trois absents - encourent entre dix ans de réclusion et la perpétuité, pour l'attentat de Sarcelles, des projets d'attaques contre des militaires et des personnalités ou des départs en Syrie.

 
7 commentaires - Procès d'une filière jihadiste: les victimes absentes
  • "alors que certains accusés comparaissent libres".......................................voilà le problème ! la France ne sait pas protéger ses vrais enfants

  • Si les victimes témoignent, demain nous ne donnerons pas cher de leur vie,
    vu le milieux dans lequel évoluent librement ces jihadistes...

  • JEANPAIN  (privé) -

    les victimes savent qu'avec des macron, elles ne seront pas en sécurité, puisqu'il est de ceux qui veulent imposer plus d'immigration non contrôlées, qu'il est de ceux qui s'allient à l'UOIF et qui est pour le laxisme face aux terroristes, ne pas oublier sa sortie d'entre les 2 tours, "je ne peux créer une loi en une nuit contre le terrorisme".........

  • Nous sommes dans un pays merveilleux où les accusés comparaissent libres. Donc ce sont les victimes qui sont en prison. C'est leur seul moyen de se protéger.

  • Vous vous en êtes aperçu...! Pas de victime...plus de procès et surtout pas de jugement. De Toute manière les auteurs ressortent à chaque fois libres. La justice en France...elle n'existe plus depuis belle lurette.

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