Prison : un détenu sur 4 n'est pas présenté au juge, faute d'agents

Prison : un détenu sur 4 n'est pas présenté au juge, faute d'agents

Le chiffre a été multiplié par six en trois ans dans les régions où la pénitentiaire gère les transferts des maisons d'arrêt aux tribunaux (photo d'illustration).

A lire aussi

Orange avec AFP, publié le jeudi 03 novembre 2016 à 13h17

Selon un rapport dévoilé mercredi par Europe 1, près d'un détenu sur quatre (24%) ne peut être présenté à un juge dans les régions où son transfert est assuré par l'administration pénitentiaire. Cela par manque de moyens humains.

Résultat ? De nombreuses audiences sont retardées. Des détenus sont parfois même libérés faute d'être présentés dans les délais.

Le manque de moyens accordés à la justice se fait de plus en plus ressentir. Selon un rapport de l'Inspection générale des services judiciaires et des Inspections générales de la police et de la gendarmerie, 24% des détenus ne sont pas présentés aux juges à cause du manque d'agents pénitentiaires. Depuis 2010, ces derniers sont - progressivement région par région - chargés de transférer les détenus en attente de jugement pour soulager les forces de l'ordre. La réforme, initiée à l'époque par Michelle Alliot-Marie et Brice Hortefeux, devrait être appliquée sur l'ensemble du territoire à l'horizon 2019.

"ON VA DANS LE MUR"

Selon le rapport - réclamé par le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, "conscient de ces difficultés" - le problème semble même empirer depuis trois ans : en 2014, on comptait 4% d'"impossibilités de faire" (c'est-à-dire un refus de l'administration pénitentiaire d'extraire un détenu). Il y en a eu 11% en 2015 et 24% pour la seule période janvier-juin 2016. Selon Europe 1, on recense même 50% de refus en Bretagne, où la réforme est appliquée depuis mai dernier. Dans ce laps de temps, la population carcérale a certes augmenté, mais selon les auteurs du rapport la réforme n'a tout simplement pas prévu assez de recrutements.



Autre constat : la répartition des équipes sur le territoire a également été mal pensée. À Agen (Lot-et-Garonne), pour passer de la maison d'arrêt au tribunal, les agents viennent de Mont-de-Marsan (Landes) à 130 kilomètres de là. "Parfois, des collègues vont de Caen pour emmener des détenus à Brest", confirme le délégué syndical SNP-FO pour le Grand-Ouest, Emmanuel Baudin. "On va dans le mur".

LES FORCES DE L'ORDRE RÉQUISITIONNÉES

"La semaine dernière, un gros procès d'un réseau mafieux devant la cour d'appel de Rennes se tenait, avec neuf surveillants pour 17 détenus, soit un surveillant pour deux détenus", confie-t-il. Selon lui, "la sécurité n'était pas assurée". Le syndicat a également pointé la fatigue et la lassitude des agents : "Le personnel étant en sous-effectif, on fait des heures supplémentaires à ne plus en pouvoir". Au total, près de 60 heures en plus par mois. A Brest, 27% des audiences sont renvoyées par manque de personnel. Les agents "ont une arme à la ceinture s'il se passe quelque chose quand on est fatigué, je ne suis pas sûr que la réaction soit adaptée".

Pour répondre à ce manque d'effectifs, les magistrats réquisitionnent les gendarmes et les policiers. Selon Europe 1, la gendarmerie a annulé plus de 4.000 patrouilles l'an dernier pour aider la pénitentiaire. Quand c'est impossible, les audiences sont retardées ou renvoyées. Des détenus sont même parfois libérés, faute d'être présentés dans les délais. En moyenne, un tribunal sur 6 a dû remettre en liberté un détenu à cause de ce problème.

 
10 commentaires - Prison : un détenu sur 4 n'est pas présenté au juge, faute d'agents
  • Incompétence à tout les étages de nos ministres en charge depuis des années .

  • peut-être qu'à notre époque on pourrait penser à la vidéo conférence qui simplifierait la vie de tous et coûterait bien moins cher en argent et en personnel, mais c'est peut-être trop simple pour les énarques et ceux des grandes écoles.

  • Sur FLEURY et le palais de justice de PARIS, lorsque c'était les gendarmes mobiles qui assuraient les escortes .........çà fonctionnait bien ! Mais il y a fallu des décennies, pour qu'ils soient déchargés de ces missions,
    Corvéables à merci , les journées de 15 ,16 heures étaient monnaie courante !
    Oui, les gendarmes sont des militaires ....alors .....!

  • On va encore taper sur l"es effectifs de la gendarmerie et de la police. ce sont des tâches indues

  • "Parfois, des collègues vont de Caen pour emmener des détenus à Brest", confirme le délégué syndical SNP-FO pour le Grand-Ouest, Emmanuel Baudin. "On va dans le mur".

    Nous sommes déjà dans le mur.......Et ce depuis longtemps...........il existe des solutions simples, pour résoudre ses "petits problèmes"............mais encore faut-il vouloir les appliquer (message en l'air, aux pseudo-dirigeants).

    Au lieu d'écrire qu'il existe des solutions simples pour résoudre ces petits problèmes, décrivez les tout simplement.

    Daulo.
    Il n'y a rien à décrire, simplement à appliquer, rien de plus simple, car l'hypocrisie existe depuis 40 ans au moins en France.

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]