Prison avec sursis pour une ex-syndicaliste d'Areva, accusée d'avoir mis en scène son agression

Prison avec sursis pour une ex-syndicaliste d'Areva, accusée d'avoir mis en scène son agression

Une ancienne syndicaliste d'Areva condamnée à cinq mois de prison avec sursis pour "dénonciation mensongère"

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AFP, publié le jeudi 06 juillet 2017 à 18h24

Une ancienne syndicaliste d'Areva, qui assure avoir été violemment agressée fin 2012 sur fond d'accord confidentiel du groupe nucléaire avec la Chine, a été condamnée jeudi à Versailles à cinq mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende pour "dénonciation mensongère".

Le tribunal correctionnel a pris cette décision au regard d'un "faisceau d'éléments convergents établissant le caractère imaginaire de l'agression" relatée par Maureen Kearney, 61 ans, faisceau "renforcé par des aveux certes rétractés mais recueillis dans des conditions excluant la contrainte", a justifié sa présidente.

Maureen Kearney, qui était apparue fragile et secouée de violents tremblements à l'audience, en mai, n'était pas présente à l'énoncé du jugement. 

Elle va faire appel, a déclaré à l'AFP son avocat, Me Thibault de Montbrial, exprimant sa "stupéfaction totale, tant face à la condamnation que devant les quelques éléments évoqués à l'oral par le tribunal pour la justifier, qui sont soit faux, soit dénaturés".

Mme Kearney  soutient avoir subi une agression ultra violente chez elle dans les Yvelines, le 17 décembre 2012, vraisemblablement en lien avec ses activités syndicales. 

Alors secrétaire CFDT du comité de groupe européen d'Areva, cette Irlandaise avait été retrouvée par sa femme de ménage bâillonnée et ligotée à une chaise. Des plaies traçaient la lettre A sur son ventre et le manche d'un couteau était enfoncé dans son vagin.

"Il n'y aura pas de troisième avertissement. Arrête de t'occuper de ce qui ne te regarde pas", avait mis en garde, selon elle, l'agresseur.

La syndicaliste avait alors affirmé qu'elle pensait cette agression en lien avec son opposition assidue à la signature en secret, deux mois plus tôt, d'un accord entre EDF, Areva et l'opérateur nucléaire chinois CGNPC, en vue du développement d'un nouveau réacteur. Cette opposition lui avait valu, affirmait-elle, des menaces.

L'agression ? Un possible "avertissement" de la part "d'officines qui travaillent pour des intermédiaires", qui auraient pu craindre que les actions syndicales de Maureen Kearney "conduisent des politiques à remettre en cause ces grands contrats internationaux", avait plaidé son avocat lors de l'audience.

Mais les enquêteurs, relevant des incohérences entre les constatations et ses déclarations, avaient conclu que ces violences n'avaient pu se produire.

Une enquête pour "dénonciation imaginaire" avait été ouverte en janvier 2013 et Mme Kearney avait avoué avoir tout inventé. Avant de se rétracter en dénonçant des "intimidations".

Le procureur, jugeant qu'il y avait "trop d'impossibilités" dans son récit, avait demandé l'amende maximale, 7.500 euros et, en cas de peine de prison, "du sursis".

Maureen Kearney "est déprimée, ne va pas bien, fait une fixation sur ces problèmes de contrat avec la Chine", avait estimé le représentant de l'accusation. Avant de lister les anomalies de cette affaire "hors norme", au premier rang desquelles, "chose absolument ahurissante", un agresseur "qui arrive sans armes, sans liens, sans cagoule", le tout provenant de la maison.

"Aucun des éléments prétendument imaginaires du crime n'a été établi", avait au contraire affirmé Me Thibault de Montbrial, qui avait aussi conclu, démonstration à l'appui, que la scène de l'agression était "impossible" à mettre en scène seul.

 
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