Près de Tarbes, un mur pour dire non à la venue de migrants

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Photo du mur en construction fournie par le "Collectif Séméac" devant l'hôtel Formule 1 de Séméac, le 24 juillet 2017

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© AFP, STRINGER, COLLECTIF SEMEAC
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AFP, publié le lundi 24 juillet 2017 à 18h06

Un mur de près de deux mètres de haut et de 18 de long: des riverains ont interdit lundi l'accès à un hôtel en cours de transformation en centre d'accueil pour migrants près de Tarbes afin de protester contre leur venue dans ce "quartier résidentiel".

"Nous ne sommes pas contre l'accueil. Il faut faire quelque chose pour ces personnes en difficulté", a dit à l'AFP Laurent Teixeira, responsable du Collectif Séméac, qui regroupe les opposants au projet. "Mais il faut prendre également en compte les citoyens", a-t-il ajouté.

Cet hôtel Formule 1, appartenant au groupe AccorHotels, fait partie des 62 établissements premier prix de l'enseigne rachetés par la SNI (filiale de la Caisse des Dépôts) pour devenir des structures d'hébergement et d'accueil, gérées par Adoma (ex-Sonacotra). 

Ce nouveau dispositif d'hébergement de migrants dans des hôtels à bas coûts, à l'initiative du ministère de l'Intérieur, a commencé à faire des vagues dans certaines communes. Mais c'est la première fois qu'une action aussi symbolique est entreprise par des riverains.

Pour la députée européenne du Sud-Ouest, Marie-Pierre Vieu (PCF), "dans le contexte actuel d'instrumentalisation raciste et xénophobe de l'immigration", ce mur "nous renvoie aux pires heures de notre histoire". "Ce mur est un mur de la honte de plus", a-t-elle dit dans un communiqué.

"On est mobilisés pour mettre fin à cette situation de blocage le plus vite possible et dans les meilleures conditions", dit-on à la préfecture. "Pour le moment, le trouble à l'ordre public n'est pas constitué puisque l'hôtel est vide".

Selon les organisateurs de l'action, quelques dizaines de riverains et commerçants ont construit ce mur sur une parcelle située à l'entrée de l'ancien hôtel Formule 1 de Séméac (Hautes-Pyrénées), où habitent près de 5.000 habitants dans la banlieue de Tarbes.

- "Aucune concertation" -

L'action s'est passée "sans incident", a rapporté la préfecture, qui précise que le mur a été érigé sur un terrain appartenant à un particulier situé devant l'accès à l'établissement. 

Selon les opposants au centre d'accueil pour migrants, l'hôtel, dont la direction n'était pas joignable, ne dispose pas de servitude de droit de passage sur cette parcelle. 

Le collectif proteste en particulier contre la situation de l'hôtel, "dans une zone pavillonnaire", dit Hugo Lacoue, buraliste à Séméac et membre du collectif.

Les opposants dénoncent également "l'opacité" du projet, monté "sans aucune concertation" avec la population locale, et "la précipitation", selon M. Teixeira. 

"Rien n'est prévu pour la vie au quotidien des migrants et des habitants de la commune et les structures municipales, comme les cantines et écoles, sont sous-dimensionnées", estime-t-il.

Selon la préfecture, l'hôtel a une capacité d'accueil de 85 personnes. Les migrants, essentiellement des familles, devaient arriver début août.

Fin juin, quinze militants du groupuscule d'extrême droite Génération identitaire avaient occupé le toit d'un hôtel Formule 1 à Chanas, près de l'A7, en Isère, pour protester contre la venue de migrants dans l'établissement qui sera prochainement réhabilité en structure d'accueil. 

Une réunion entre le préfet de l'Isère et les maires des trois communes concernées dans ce département s'était tenue le 6 juin. Ils avaient reçu la "garantie verbale" qu'il n'y aurait "aucune incidence" (économique) pour les communes, selon la mairie de Fontanil Cornillon.

En octobre 2016, deux actions, plus violentes, avaient visé des centres devant accueillir des migrants en France. 

Un centre de vacances d'Arès (Gironde) avait été légèrement endommagé par un incendie volontaire. Et des coups de feu avaient été tirés contre un futur centre d'accueil de migrants à Saint-Hilaire-du-Rosier (Isère) et à Saint-Brévin (Loire-Atlantique).

lv-cpy/DS

 
154 commentaires - Près de Tarbes, un mur pour dire non à la venue de migrants
  • Ce n'est que le début, pourquoi toutes cette têtes bien pensantes qui sont au gouvernement ne les prennent-ils pas dans leur Commune et même dans leur résidence, comme cela leurs administrés ne voteront pas pour eux aux prochaines élections. on aura tout vu en France, acheter des Hôtels 1ère classe pour loger ces gens là, les jeunes français à petit budget étaient bien contents d'avoir des hôtels à bas prix. Une honte, bravo pour les voisins de cet hôtel et pour leur mur.

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    Fidgi  (privé) -

    Les politicards qui vivent dans leur bulle luxueuse comme des princes, ne se rendent pas compte de la situation
    des français, ce flux ininterrompu de réfugiés, dont certains n'ont rien à faire chez nous, cela va finir par poser de
    réels soucis et de gros problèmes pour les années à venir ! Quand le pays n'est plus en guerre c'est retour obligatoire
    au pays sans dérogation possible, qu'ils aillent travailler et reconstruire chez eux ! un peu facile tout de même ! les français ont ils pris la fuite pendant les deux dernières guerres, les femmes ont remplacé les homme partis au front dans les fermes, les commerces, les usines et elles ont pris leur rôle de "chef de famille " avec courage qu'ils et elles en fasse autant !

    Certains refugies meritent toute notre attention, ne soyons pas trop sectaires, chere BELFORTAIN... D'ailleurs, a Belfort, il n'y a pas trop de soucis....

  • La révolution est proche !!!!!

  • Aménagement du formule 1 réalisé sans concertation avec les riverains.On retrouve là les pratiques de la macronie. De plus le mur est sur un terrain privé et la société propriétaire du F1 n'a , si je comprends bien, aucun droit d'accès sur le terrain où le mur a été édifié. Il y a des SDF français qui n'ont pas de quoi se loger, que fait l'Etat, rien. On ne risque que de recréer le syndrome de Calais, avec un rejet des migrants. Si encore les gens amenés sont des réfugiés de pays en guerre?

    il n'y a pas de guerre nulle part!

  • Le peuple a tort, il ne veux pas s'intégrer.

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