Premières questions au gouvernement à l'Assemblée, en round d'observation

Premières questions au gouvernement à l'Assemblée, en round d'observation

Le Premier ministre Edouard Philippe (g), lors de la première séance de questions au nouveau gouvernement, le 5 juillet 2017 à l'Assemblée nationale à Paris

A lire aussi

AFP, publié le mercredi 05 juillet 2017 à 23h00

Certains députés et ministres lisant leurs fiches, des huissiers peinant à reconnaître les nouveaux élus, une opposition pas trop dure et un lapsus d'Édouard Philippe: l'Assemblée est apparue encore en "rodage" mardi pour la première séance de questions au nouveau gouvernement.

"Concentré, serein": le Premier ministre traverse, peu avant 15H00, la salle des Quatre-Colonnes pleine de journalistes pour se rendre dans l'hémicycle. 

Les élus La République en marche dominent les rangs. Marine Le Pen fait face à Jean-Luc Mélenchon, chacun en hauteur à une extrémité.   

Pour les huissiers, point de salut sans trombinoscopes pour identifier les nouveaux et leur porter des messages. Le député REM Gabriel Attal, 28 ans, teste son micro avant sa première question.

Le brouhaha cesse lorsque François de Rugy gagne le perchoir. Damien Abad, vice-président du groupe LR, ouvre le bal en saluant la décision d'Emmanuel Macron de faire entrer Simone Veil au Panthéon, dont la mémoire sera un fil rouge de ces premières QAG.

"Entre une opposition spectacle et une opposition sectaire, nous voulons incarner une opposition libre et responsable", enchaîne le député de l'Ain.

Le locataire de Matignon, issu de LR, promet: "Je travaillerai avec toutes les oppositions". "Les vraies et les fausses!", entend-on fuser à droite, où une dizaine de LR ont rejoint les UDI dans un groupe de "constructifs".

"Vous craignez que je sois le présid...", poursuit Édouard Philippe avant de s'interrompre, sous les rires. "Le Premier ministre!", se reprend-il, sourire aux lèvres.

- "Brosse à reluire" -

Puis la parole est au député REM de la Creuse et agriculteur Jean-Baptiste Moreau, pour s'inquiéter de "la pérennité de l'activité" de GM&S Industry, basé dans son département. La réponse du ministre de l'Économie Bruno Le Maire, issu de LR, provoque des "aaah" à droite et des protestations des Insoumis lorsqu'il appelle les salariés à lever leur blocage d'un site de PSA.

C'est au ministre des Comptes publics Gérald Darmanin -"au cœur du parti" selon un élu- que des LR réservent le plus de chahut. Ils sont rejoints par des élus de gauche après une question de la socialiste Valérie Rabault dénonçant "8 millions de retraités transformés en variable d'ajustement" par la hausse de la CSG.

Ces ministres rompus aux joutes parlementaires semblent à l'aise, là où Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, ne détache pas le regard de ses notes et est interrompue pour cause de temps dépassé.

En revanche, selon plusieurs députés, Jean-Michel Blanquer, à l'Éducation, se tire plutôt bien d'un exercice redouté des novices.

C'est que des parlementaires, de droite mais aussi certains à gauche, crient leurs commentaires: "blablabla" ou "affligeant". "Vous allez nous parler de Business France?", lancent-ils à la ministre du Travail Muriel Pénicaud, allusion à l'enquête en cours.  

A son tour, Éric Coquerel (LFI), en jean et sans cravate, interpelle Bruno Le Maire sur GM&S pour lui donner "une deuxième chance" de soutenir les salariés. Le communiste Fabien Roussel, qui alerte sur "les grands oubliés de la République" dans les Hauts-de-France, cite le pape François sur le "travail pour tous", suscitant quelques remous à droite. 

L'attention faiblit peu à peu, les élus REM applaudissent comme mécaniquement et les conversations vont bon train autour de Jean-Luc Mélenchon.

Marine Le Pen, qui aura avec les FN et autres non inscrits une question tous les deux mois, part peu avant la fin.

Les 15 QAG sont bouclées en un peu plus d'une heure. "Calme plat, même pas de bizutage!", sourit à la sortie Philippe Gosselin (LR), déplorant le côté "brosse à reluire" et "téléphoné" des questions REM. Bruno Le Maire fait la bise à Damien Abad.

"C'était un test pour LR", avec l'idée d'"arrêter de passer pour les bourrins du coin", selon un collègue. "On est encore dans la phase d'observation", relativise Éric Ciotti. 

Selon Olivier Faure (Nouvelle Gauche), "l'écoute globale était supérieure" par rapport à avant, "c'était du rodage, espérons que ça ne change pas..."

 
10 commentaires - Premières questions au gouvernement à l'Assemblée, en round d'observation
  • Derrire une bonne apparence de "salut les copains";l'habile premier ministre,a du mal à masquer l'insincèrité du projet qu'il dévoile progressivement.Insincèrité parceque le candidat Macron ne pouvait pas ignorer que le prècédent budget était insincère et allait lui laisser une lourde ardoise....Alors on retarde la mise en oeuvre des promesses avantageuses ....C'est de la vieille politique ...

  • Une nouvelle machine à laver numerique made in Macron construite dans les ateliers Edouard Philippe avec un essorage accélère afin d'accroître la vitesse séchage des retraites à partir de 1200 Euros mensuel qui abusent de la générosité d'autrui..... Par contre ce gouvernement à un concept très important , les guerres et tout faire pour sauver toute l'humanité qui nous arrive en oubliant la pauvreté qu'ils ont déjà installée ...

  • Bonne prestation du L.R. Abad damien...Darmanin chahuté a juste titre.....Un seul ministre de valable dans ce gouvernement , c'est celui de l'education nationale ..( ça nous change de belcassen )....Monsieur 2 % (lemaire ) ridicule comme a son habitude.....95 % des députés " en marche "....légers et méme tres légers qui applaudissent mecaniquement sur ordre de ferrand......Quelle tristesse !!!!!

  • Et ces m'sieurs-dames sont rétribués par nous...10.000 euros/mois. Et moi : 1.100 euros...

    Il faut bien une échelle de valeur.

  • Comment se fait il que depuis le discours de politique générale du 1er Ministre on ne nous abreuve plus de louanges macronistes. Le détricotage du programme sur lequel ce Président a été élu laisserait il les média bouche bée ! ? En effet la seule promesse que cet imposteur tiendra c'est celle de la casse du code du travail. Pour les avantages fiscaux et autres défiscalisation des heures supplémentaires, cours préparatoires de 12 élèves.... il va falloir attendre !!!

  • [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]