Pratiques d'enquête illégales: deux responsables des douanes mis en examen

Pratiques d'enquête illégales: deux responsables des douanes mis en examen

Un douanier vérifie des bagages à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, le 3 décembre 2015

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AFP, publié le vendredi 21 avril 2017 à 21h34

Pratiques d'enquête illégales: deux hauts responsables des douanes ont été mis en examen dans une saisie de 43 tonnes de café contrefait

Deux hauts responsables des douanes ont été mis en examen vendredi dans une affaire portant sur des pratiques d'enquête illégales, notamment autour de la saisie de 43 tonnes de café contrefait en juillet 2015, a appris l'AFP de sources judiciaire et proches de l'enquête.

Il s'agit de la numéro 3 de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) et du chef de la Direction des opérations douanières (DOD) du Havre, un service de la DNRED. Leur contrôle judiciaire leur interdit d'exercer leurs fonctions, a précisé la source judiciaire.

Le 12 décembre, les gendarmes de la Section de recherches de Paris avaient perquisitionné le siège de la DOD du Havre où ils avaient trouvé plus de 700.000 euros dans une valise, environ 50.000 dans un fauteuil ainsi que 20.000 au domicile du chef de cette direction.

L'enquête menée par la juge du pôle financier Aude Buresi porte notamment sur les conditions dans lesquelles 43 tonnes de café contrefait étaient arrivées au Havre dans un conteneur de 120 tonnes, et au lien éventuel entre l'argent trouvé lors de la perquisition et cette saisie.

La saisie, 174.000 paquets représentant  "l'équivalent de sept millions de tasses de café", était "une première sur le territoire national", avaient annoncé les services des douanes.

Mais les enquêteurs se demandent si la livraison de café au Havre n'a pas permis de dissimuler l'acheminement de marchandises illicites au profit de possibles informateurs tout en permettant aux douaniers de réaliser une belle prise. L'intérêt même de cette saisie pose question, le café étant d'une si mauvaise qualité qu'il aurait difficilement pu être commercialisé, ont expliqué à l'AFP des sources proches de l'enquête.

Douze personnes, dont six douaniers, avaient été placées en garde à vue mercredi dans le cadre de cette enquête. Parmi elles, cinq ont été déférées jeudi et vendredi devant la justice à Paris, les deux hauts responsables des douanes ainsi que trois indicateurs. Deux "tontons" ont été mis en examen jeudi et vendredi, tandis que le troisième, un ressortissant serbe, était vendredi en cours de présentation à la justice. Placé en garde à vue mercredi, le numéro 2 de la DNRED a été remis en liberté sans poursuites à ce stade de l'enquête.

 - Le rôle trouble des informateurs -

Le chef de la DOD du Havre a été mis en examen pour importation et détention en bande organisée de marchandise contrefaite, faux et usage de faux, prise du nom d'un tiers, escroquerie en bande organisée, détournement de fonds publics, corruption passive, destruction de preuves, complicité d'abus de biens sociaux et blanchiment en bande organisée, a dit la source judiciaire. Outre l'interdiction d'exercer, son contrôle judiciaire prévoit 10.000 euros de caution.

Soumise au même montant de caution, la numéro 3 de la DNRED a été mise en examen notamment pour complicité d'importation et détention en bande organisée de marchandise contrefaite, escroquerie en bande organisée et détournement de fonds publics, a précisé la source.

Cette affaire pose la question du rôle trouble joué par les informateurs au sein des douanes, une problématique également au cœur de plusieurs enquêtes judiciaires sur les méthodes de l'office de lutte antidrogue, l'Ocrtis, et ses liens avec les "indics".

Dans une autre information judiciaire en cours à Paris sur plusieurs opérations litigieuses conduites à la DNRED en 2009 et 2010, huit douaniers sont mis en examen, notamment pour trafic de stupéfiants. Ils sont soupçonnés d'avoir puisé dans des saisies de drogue pour rémunérer des indicateurs. Dans ce dossier, l'indicateur serbe est également mis en examen.

 
21 commentaires - Pratiques d'enquête illégales: deux responsables des douanes mis en examen
  • on va communiquer aux trafiquants l'identité des informateurs

  • C'est à la mode :
    Affaire...Neyret bis ? ?

  • Donc ils n'ont plus le droit d'exercer leur profession normalement :
    Si toutes les enquêtes menées par les douanes étaient légales, les contrevenants et fraudeurs de tous poils, auraient vite fait de s'échapper avant l'arrivée des services douaniers, qui hélas sont moins nombreux sur notre territoire. !

  • Pourquoi il n'auraient pas droit, le gouvernement ne se gène pas à voler les travailleurs avec toutes sorte de taxes

  • Marre de tous ces naïfs donneur de leçon qui pensent que l'on peut réaliser de gros coups sans être "borderline" dans le milieu du narco trafic ou autres.....Si les enquêteurs de toutes administrations se contentaient d'appliquer strictement le code de procédure pénale, ils n'auraient quasiment aucun résultat !!!! En France parce qu'on est le pays de la sacro sainte liberté et des droits de l'homme, les codes pénaux et autres sont favorables aux délinquants !!!! mais faut pas le dire......;

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