Pollution à Paris : le bilan mitigé des mesures d'Anne Hidalgo

Pollution à Paris : le bilan mitigé des mesures d'Anne Hidalgo

Voies sur berge à Paris le 4 septembre 2017.

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Orange avec AFP, publié le mardi 10 octobre 2017 à 11h52

ENVIRONNEMENT. La piétonnisation de la rive droite de la Seine, décidée par la maire PS de Paris, n'a pas eu d'impact "significatif" sur l'exposition de la population à la pollution de l'air, juge Airparif, l'organisme du ministère de l'Environnement surveillant la qualité de l'air en Île-de-France.



La maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a décidé de fermer l'an dernier la voie sur berge Georges-Pompidou, longue de 3,3 kilomètres sur la rive droite de la Seine. Objectif : lutter contre la pollution. Or, un an après cette mesure, le bilan est mitigé, selon AirParif. Dans un communiqué publié lundi 9 octobre, l'organisme estime que la piétonnisation de la rive droite de la Seine n'a pas eu d'impact "significatif" sur l'exposition de la population à la pollution de l'air. S'il note "une amélioration de la qualité de l'air le long des quais fermés à la circulation", il souligne que les niveaux d'azote restent malgré tout "au-dessus des valeurs réglementaires comme pour beaucoup d'axes routiers dans l'agglomération parisienne".

Les mesures montrent également "une légère dégradation autour des carrefours dans cette zone et à l'est, dès la fin de la zone piétonnière", ajoute Airparif, notant également des impacts "perceptibles sur quelques itinéraires de report". Soit des hausses pollution de 1 à 15% au niveau du quai Henri IV, le long du quai de Bercy ou encore sur le boulevard Saint-Germain. Mais de manière générale, "ces impacts ne touchent pas la pollution de fond et restent limités aux abords des axes routiers concernés. De ce fait, aucun impact significatif sur l'exposition des populations n'a été mis en évidence à la hausse ou à la baisse", estime l'organisme.

LA MAIRIE DE PARIS SATISFAITE

Pour la mairie de Paris, l'expérience reste malgré tout concluante. La municipalité a salué le fait que "la piétonnisation de la rive droite n'a pas eu d'effet négatif sur la qualité de l'air" et qu'"au contraire, les niveaux de pollution dans la zone concernée ont baissé jusqu'à 25%".



"C'est une bonne nouvelle, qui confirme une fois de plus que le parc Rives de Seine constitue un vrai espace de respiration pour les Parisiens et les visiteurs", s'est réjoui dans un communiqué Christophe Najdovski, adjoint en charge des transports. Évoquant la hausse de la pollution à proximité des voies sur berge piétonnisée, il souligne qu'elle reste "très localisée".

"Néanmoins, nous ne nous en satisfaisons pas. Nous renouvelons notre proposition de créer un bus à haut niveau de service sur les quais hauts. Paris est prête à conduire les aménagements de voirie nécessaires, mais Valérie Pécresse (la présidente LR de la région, ndlr) et le Conseil régional, en charge des transports en commun, doivent confirmer qu'ils prendront bien leur part dans ce projet", ajoute-t-il.

LECORNU REMET EN CAUSE LA POLITIQUE D'HIDALGO

Invité de RTL mardi 10 octobre, Sébastien Lecornu, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition énergétique Nicolas Hulot, s'est montré moins enthousiaste. "Je pense qu'il y a un problème de méthode. (...) Il faut davantage concerter les Parisiens sur ce sujet, les Franciliens également qui sont parfois impactés", a déclaré l'ancien maire de Vernon (Eure), considérant que des restrictions de circulation pour les voitures ne peuvent se faire "contre les Français".



Le secrétaire d'État n'est cependant pas particulièrement contre la fermeture des voies de circulation pour les voitures. "Je ne parle pas du fond de la mesure, qui peut marquer une forme d'avance intéressante", a souligné le ministre. Sans donner d'avis explicite sur les conclusions du rapport, Sébastien Lecornu a prévenu Anne Hidalgo qu'un bilan devra être fait. "Il faudra évaluer. Tout ce que l'on fait dans ce pays doit être évalué, y compris dans les collectivités territoriales et ça vaut également pour la maire de Paris".
 
32 commentaires - Pollution à Paris : le bilan mitigé des mesures d'Anne Hidalgo
  • L'expression "bilan mitigé" signifie qu'il faut aller encore plus loin. Allez-y Madame la Maire. Foncez. Il s'agit de la santé, de la vie, pas des bénéfices.

  • c'est en haut que vivent les parisiens, merci anne !!!

  • Comme j'ai pu le constater,les Parisiens vont bosser en banlieue,et les gens des banlieues viennent bosser à...Paris !!!
    Cherchez l'erreur !et,c'est dans toutes les grandes villes pareil ! Un plombier de ma commune m'a dit un jour "mon rayon d'action c'est maxi 5 kms autour du bourg !!! Eh oui...ça existe !Il se contenter de petit moyens pour être heureux.c'est bien aussi..non ?

  • bilan mitigé? c'est une mauvaise plaisanterie! , il faut ajouter à son inefficacité sur la pollution, ses nuisances sur la circulation sans oublier le cout de travaux inutiles que vont supporter nos impôts: bilan largement négatif.

  • A savoir qu'en Allemagne cela fait de nombreuses années qu'ils ont instauré, dans certaines villes et régions, des systèmes de lutte contre la pollution, (type vignette à 5 niveaux avec interdiction de circuler permanente pour ceux qui n'ont pas le bon N°) qui se sont avérés sans efficacité probante. Peut-être que chez nous nous aurions pu nous renseigner plutôt que d'essayer de se montrer plus fort qu'ailleurs et à quel prix, on le voit dans ce reportage.

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