Policiers tués : Larossi Abballa voulait faire de l'EURO 2016 "un cimetière"

Policiers tués : Larossi Abballa voulait faire de l'EURO 2016 "un cimetière"

Photo non datée de Larossi Abballa publiée sur son compte Facebook.

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Orange avec AFP, publié le mardi 14 juin 2016 à 15h45

- Abattu dans une opération du Raid après avoir tué un commandant de police et sa compagne, Larossi Abballa avait été condamné en 2013 pour participation à une filière jihadiste entre la France et le Pakistan. Une vidéo mise en ligne sur son compte Facebook révèle de nouvelles informations sur ses motivations.

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La France était ce mardi 14 juin sous le choc d'une nouvelle attaque "terroriste", selon les mots de François Hollande, après le meurtre d'un policier et de sa compagne, à Magnanville, dans les Yvelines. Lundi 13 juin, vers 21h, un jeune homme de 25 ans a tué à coups de couteau un commandant de police de 42 ans devant chez lui, avant de se retrancher au domicile de sa victime et d'être abattu lors d'un assaut du Raid. Dans la maison, les policiers ont découvert le corps de la compagne du policier, âgée de 36 ans, et retrouvé le fils du couple, âgé de trois ans, choqué mais indemne.

"NOUS ALLONS FAIRE DE L'EURO UN CIMETIÈRE" -

Le profil Facebook de Larossi Abballa a permis de dévoiler de nouvelles informations sur les motivations de cet individu. C'est le journaliste spécialiste du jihadisme David Thomson qui l'a révélé sur Twitter : "Cette nuit, l'auteur des assassinats a posté sur Facebook les photos de ses victimes". Il ajoute également que "l'auteur de l'attentat appelle à tuer les policiers, les gardiens de prisons, les journalistes, les rappeurs et il cite de nombreux noms". Selon le journaliste, "une dizaine de personnalités publiques" sont citées.

Très calme et souriant", Larossi Abballa "a posté cette vidéo en direct sur Facebook dans laquelle il semble lire un message écrit plus tôt", explique David Thomson, qui a visionné l'enregistrement. Sur la page de ce compte ouvert sous le pseudo Mohamed Ali, "il commence son enregistrement en prêtant allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef du groupe État islamique (EI), puis il s'adresse aux musulmans leur affirmant que le jihad est obligatoire parce qu'il est défensif", poursuit M. Thomson. Filmé à l'intérieur de la maison de ses victimes, alors que leur enfant s'y trouve encore, "il dit avoir tué un policier et sa femme". "Nous allons faire de l'Euro un cimetière", menace ensuite Larossi Abballa, quatre jours après le début de la compétition. Enfin, "il demande à ses 160 abonnés et plus particulièrement à ses contacts de l'EI de faire le communiqué de revendication de son attaque, ce qui explique la rapide revendication par l'EI via l'agence Amaq", explique David Thomson, qui faisait partie de ses abonnés sans le connaître personnellement.


Durant les négociations avec le Raid, Larossi Abballa "s'est revendiqué du groupe jihadiste", et des témoins ont rapporté aux enquêteurs qu'il aurait crié "Allah akbar" en attaquant le policier. Il a affirmé aux policiers avoir "prêté allégeance" au chef du groupe EI il y a trois semaines, et connaître la qualité de policier de sa victime. Quelques heures après l'attaque, l'agence Amaq, liée au groupe jihadiste, a affirmé qu'un "combattant de l'État islamique" avait tué le couple.

"J'AI SOIF DE SANG. ALLAH M'EN EST TÉMOIN"

Originaire de Mantes-la-Jolie (Yvelines), à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Paris, Abballa, 25 ans, cheveux longs et petite barbe, avait été condamné en septembre 2013 pour avoir participé à une filière d'envoi au Pakistan de volontaires pour le jihad. L'enquête avait mis au jour le profil inquiétant du jeune homme, connu jusque-là pour des faits mineurs de droit commun, notamment pour du vol et recel.

Il avait été arrêté en mai 2011 pour ses liens avec Mohamed Niaz Abdul Rassed, un ressortissant indien considéré comme l'inspirateur de la filière jihadiste entre la France et le Pakistan. Les policiers avaient retrouvé lors d'une perquisition au domicile de ses parents un agenda avec une liste de commissariats, de mosquées et de lieux touristiques dans son département des Yvelines, autant de "cibles potentielles" d'après une source proche de l'enquête. Par ailleurs, des messages téléphoniques entre Abballa et les autres membres de la filière laissaient peu de doutes sur les intentions du jeune homme, qui se montrait "volontaire pour commettre des actions violentes en France", d'après cette même source.

Dans une lettre adressée à un compagnon de la filière, il s'interroge : "Crois-tu vraiment qu'ils ont besoin de nous là-bas, au Pakistan ?". "Allah avec sa volonté va nous donner les moyens de hisser le drapeau ici", en France, écrit-il, ajoutant : "Faut commencer le taff", "j'ai soif de sang. Allah m'en est témoin". Larossi Abballa se montre également pressé d'aller au Pakistan. "Il ne connaissait pas grand chose à la religion mais c'était le plus chaud" pour partir, "il semblait très motivé à l'idée de faire le jihad", raconte l'un des membres de la filière aux enquêteurs, le décrivant comme "bizarre" et "mystérieux".

"IMPRÉVISIBLE", "DISSIMULATEUR"

Lors de son procès en 2013, il était apparu comme "limité intellectuellement, basique, influençable. Aucunement décideur", se souvient Hervé Denis, l'un des avocats des prévenus. Jugé avec sept autres personnes, il avait été condamné à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes". Cette filière souhaitait favoriser le recrutement en France, la formation physique et idéologique, et l'envoi au Pakistan de jeunes volontaires pour le jihad armé. À l'époque, Marc Trévidic, ancien vice-président chargé de l'instruction au pôle antiterroriste du tribunal grande instance de Paris, était l'un des juges d'instruction qui l'avait mis en examen.

"Larossi Abballa avait un rôle perçu comme mineur alors. Mais visiblement, ces personnages n'ont pas besoin de cinq à six ans pour devenir des fous furieux", commente-t-il pour le Figaro.fr. Dans les colonnes du quotidien, le magistrat décrit Abballa comme "un bonhomme comme il en pullule dans les dossiers islamistes, imprévisible, dissimulateur", qui "voulait faire le jihad, c'est certain". "Mais concrètement, à l'époque, à part ses mauvaises fréquentations et quelques joggings pour entretenir sa forme, il n'y avait pas grand-chose à lui reprocher au strict plan des poursuites pénales", assure Marc Trévidic.

Le nom de Larossi Abballa était également apparu récemment dans une enquête sur une filière jihadiste syrienne, selon des sources proches de l'enquête, sans plus de précision sur son degré d'implication. Selon i-Télé, il faisait l'objet d'une écoute judiciaire dans le cadre de cette enquête. Il faisait également l'objet d'une fiche S, mais depuis sa condamnation, Abballa semblait vouloir rester discret. En janvier dernier, il a monté une entreprise de livraison nocturne de sandwichs halal, Docteur Food, dont il vantait les mérites sur les réseaux sociaux. "C'était un livreur de sandwichs, jusque-tard le soir, une personne super gentille. Je ne l'ai jamais vu à la mosquée, ce qu'il a fait c'est incompréhensible", a déploré un de ses voisins à Mantes-la-Jolie.
 
44 commentaires - Policiers tués : Larossi Abballa voulait faire de l'EURO 2016 "un cimetière"
  • une ordure comme il y en a tant dans notre pauvre France.

  • Pas d'amalgame surtout !!!!

  • Si en 2013 on l'avait condamné à 30 ans de prison au lieu de 3 on aura pas eu besoin de continuer à le " surveiller " et il n'aurait pas commis ces horreurs !!! Et les services secrets auraient pu s'occuper d'autres futurs terroristes !!

  • cet individu a été abattuu ...bien ... aucun policier accusé de je ne sais quoi ? nous n'avons pas vue à la télé sa pauvre mère gémir "mon pauvre fils" ... les vilains policiers qui l'ont poursuivi sont responsables de sa mort- il était tellement gentil etjc..etc...j'aurais un fils comme ça, je cacherais ma honte jusqu'a la fin de ma vie ...ces mères sont responsables de beaucoup de choses, on ne peut faire aucune remarque à leurs mômes sans être agressé violemment et être accusé de racisme - l'intégration ... laisser moi rire

  • Jusqu'à quand ???? Attendrions nous d'être tous , je dis tous en danger pour réagir ???,sauf évidemment tous ces politiques qui eux sont à l'abri , facile de faire des lois permissives lorsque l'on ne risque rien, ceux qui vivent normalement, eux sont des victimes en puissance , impuissantes ; il faut changer la constitution n'en déplaisent aux idéalistes irresponsables , on est en "guerre" ce n'est pas moi qui le dit ce sont ceux du pouvoir actuel qui ont cru nous faire comprendre que eux seuls pouvaient nous sauver mais en réalité rien ne nous protège , nous sommes seuls devant des fanatiques irrécupérables , le pouvoir actuel veut faire pour eux des maisons de déradicalisation , pour les mettre dans le droit chemin , ils n'en connaissent qu'un seul le "néant " ils ne sont que des destructeurs pas des constructeurs

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