Policiers tués : Larossi Abballa connaissait-il ses victimes ?

Policiers tués : Larossi Abballa connaissait-il ses victimes ?

Capture d'écran d'une vidéo de l'Amaq, affiliée à l'État islamique, de Larossi Abballa.

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Orange avec AFP, publié le jeudi 16 juin 2016 à 09h12

- Trois jours après le double meurtre perpétré à Magnanville (Yvelines) au nom du groupe État islamique, les enquêteurs tentent d'établir si le tueur, Larossi Abballa, a bénéficié de complicités dans la préparation ou dans l'exécution de l'attaque et pourquoi il a ciblé spécifiquement ce commandant de police. -

Le choix des cibles de Larossi Abballa ne semble rien devoir au hasard.

Le tueur a volontairement visé des policiers. Mais avant d'être abattu, le jihadiste a également laissé entendre au Raid qu'il connaissait ses victimes : "Il était venu chez moi, maintenant c'est moi qui viens chez lui", a-t-il même affirmé à la négociatrice du groupe d'intervention, selon les révélations du journal Libération. Larossi Abballa et le commandant de police adjoint au commissariat des Mureaux ont-ils eu un contentieux personnel ? Se sont-ils croisés dans un passé plus ou moins récent ? Lors de sa conférence de presse mardi, le procureur de la République, François Molins, a juste signalé que l'assaillant connaissait "la qualité de policier de la victime et menaçait de tout faire sauter si les policiers investissaient les lieux".

Originaire de Mantes-la-Jolie, Larossi Abballa (25 ans) était connu des services de police dans les Yvelines, où il a toujours vécu. Il avait notamment été condamné à deux reprises pour un vol et un recel. Jean-Baptiste Salvaing, originaire de l'Hérault, a lui fait une bonne partie de sa carrière de policier dans le département des Yvelines. Il a notamment travaillé à la Brigade anticriminalité (Bac). Leurs routes ont donc tout à fait pu se croiser mais aucun antécédent précis entre les deux hommes n'a, pour l'instant, été divulgué. "Il m'avait dit qu'il était sur écoute par rapport à son ancienne condamnation, qu'il avait une fiche S. Ça le faisait rire", a expliqué à France Info l'ex-petite amie de Larossi Abballa.

"L'AIR DE RIEN, LES MECS RETIENNENT TON VISAGE"

Mardi, trois hommes ont été interpellés. Ils étaient toujours en garde à vue ce jeudi matin, le parquet devant décider s'il les prolongeait de 48 heures supplémentaires. Âgés de 27, 29 et 44 ans, ils font partie de l'entourage du meurtrier Larossi Abballa. Deux d'entre eux avaient été condamnés avec lui en 2013 dans une affaire de filière jihadiste vers les zones tribales pakistano-afghanes. Les enquêteurs espèrent puiser des informations dans le matériel informatique et téléphonique saisis chez les trois gardés à vue, ainsi que dans celui d'Abballa trouvé chez ses parents et celui avec lequel il a mis en ligne sa vidéo de revendication depuis le domicile du policier.



"On a tous eu des contrats sur nos têtes signés par des braqueurs ou des chefs de réseau", explique au Monde, Olivier Berton, délégué régional Alliance Lille. "Régulièrement des 'crapauds' viennent repérer les véhicules en bas du commissariat, relèvent les plaques d'immatriculation", ajoute-t-il. "L'air de rien, les mecs retiennent ton visage. Certains m'ont reconnue au centre commercial d'à côté alors que je ne les croise que le matin quand je passe devant les celulles, en arrivant au commissariat", confirme l'une de ses collègues au quotidien.

"OUI, ON A SIGNÉ, MAIS PAS POUR NOTRE FAMILLE"

Nombreux sont les policiers à faire part de leur "malaise" : "On peut nous dire 'vous êtes policiers, vous avez signé pour prendre des risques'. Oui, on a signé, mais pas notre famille", explique Simon, policier de 39 ans, à la sortie de la minute de silence organisé mercredi à l'hôtel de police Montluc à Lyon, comme dans tous les commissariats de France. "J'ai une cible dans le dos quand je suis en tenue dans la rue, ça je le sais. Mais je ne pensais pas avoir une cible dans le dos quand je rentre en bagnole le soir chez moi (...) Cette nuit, je me suis levé pour voir si on avait bien fermé la porte à clé alors qu'on le fait pas tout le temps", grince un autre policier.

Une enquêtrice en Rhône-Alpes confie avoir choisi de reprendre son arme en dehors des heures de service "par crainte des menaces" depuis la mort de ses deux collègues : "quand je sors le chien, le soir, je prends mes précautions". "Ce meurtre au domicile familial, ça a choqué", résume un syndicaliste. Il survient en outre au bout d'une longue séquence pour les forces de l'ordre, entamée en janvier 2015 avec l'attaque contre Charlie Hebdo et qui se poursuit aujourd'hui avec les mesures exceptionnelles liées à l'état d'urgence, la mobilisation dans la rue contre la loi travail, l'Euro de football et la menace terroriste qui ne faiblit pas. "On a l'impression que ça ne s'arrêtera jamais", relève un cadre policier francilien.

Après la journée de recueillement mercredi, les policiers de Mantes-la Jolie (Yvelines) rendront un nouvel hommage à leurs collègues lors d'une marche à 10h au départ du commissariat de la ville où avait travaillé Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, et où sa compagne Jessica Schneider, 36 ans, exerçait. Vendredi, François Hollande présidera une cérémonie officielle d'hommage à la préfecture de Versailles, en présence des familles des deux victimes ainsi que du Premier ministre Manuel Valls et du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

 
84 commentaires - Policiers tués : Larossi Abballa connaissait-il ses victimes ?
  • Le "trio responsable par son laxisme" est juste bon à faire les commémorations. Je n'accepterais pas, si j'étais la famille, cette comédie par ces 3 responsables. Tout sonne tellement faux dans leur regard, les larmes de crocodile de cazeneuve. et quand on sait comment sont traités avec tant de bienveillance ces barbares, ces assassins terroristes, que l'on isole pour les protéger, avec le confort digne d'un nabab . Franchement je comprends pas. J'ai tellement mal pour ces familles qui seront détruites à jamais.

  • Par respect pour les familles , les proches , leurs enfants ne plus publier la photo de l'assassin .

  • Celui là fiché S aurait pu faire l'objet d'une surveillance accrue.
    Il faut les mettre dans des centres et d'office. Pour les policiers, je comprends leurs craintes, leur angoisse, ils ont une telle pression en ce moment que je me demande comment ils vont résister.
    Sincèrement, en plus avec l'Euro, les fans zones, tout est fait pour ces tensions extrêmes. Ce gouvernement n'a donc pas conscience du danger qu'il fait courir à sa police et à toute personne qui se trouve à passer là.
    Quant à la photo, sincèrement, déjà on se méfie en l'apercevant à coup sûr.

  • Assez de voir la gueule de cet assassin. Pourquoi ne pas mettre la photo de ces victimes ?

  • S'il vous plaît , cessez de nous abreuver de la photo de ces bien tristes sires ou alors pendus a une corde ......

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